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1968: uranium uit BEL voor ISR = operatie Plumbat
Edited: 196800002364
ISRAEL

The Plumbat Operation (1968)

A combined Lakam-Mossad operation, codenamed "Plumbat," was undertaken in support of the Israeli nuclear-weapons effort. A German freighter, manifested for Genoa, disappeared along with its cargo of some 200 tons of uranium oxide. When the freighter reappeared in a Turkish port, the cargo was missing; it had been transferred at sea to an Israeli ship.

Davenport, Elaine, Paul Eddy, and Peter Gillman. The Plumbat Affair. London: Deutsch, 1978. Philadelphia: Lippincott, 1978.

Constantinides: This book ties together three stories involving Israeli intelligence operations: the clandestine transfer of 200 tons of uranium from Belgium to Israel, the dash of the missile boats out of Cherbourg, and the botched assassination in Norway. "As far as is known, this is a fairly good account of the events examined."

Eisenberg, Dennis, Eli Landau, and Menahem Portugali. Operation Uranium Ship. New York: Signet, 1978.

Constantinides finds that this account of the disappearance in 1968 of a cargo of uranium "is either unreliable or unsubstantiated.... For a much more reliable account of this uranium diversion operation, see Davenport, Eddy, and Gilman, The Plumbat Affair."

http://intellit.muskingum.edu/israel_folder/israelplumbatop.html

zie ook: http://www.fas.org/nuke/guide/israel/nuke/farr.htm

Noot LT: het Duitse schip zou 'Scheerbergs' geheten hebben (bron: www.angelfire.com/dc/1spy/terms.html )

zie ook: One episode deserves mention. In March 1968 one of the Mossad's agents in West Germany purchased uranium for $4 million, officialy on behalf of an Italian chemical company in Milan. The sale was approved by Euratom and uranium was shipped aboard the ship Scheersberg A. The ship left Antwerp and, once at sea, its precious material was transferred to an Israeli fighter, so that the uranium never reached its official destination.

Noot LT: merk op dat het schip hier Scheersberg heet

http://www.ba.infn.it/~nardulli/nuke_mo.html
JOYE PIERRE
Légende: Le 27 mars 1957, l'économiste Pierre Joye dénonce dans le quotidien communiste belge Le Drapeau rouge la Communauté économique européenne (CEE) qui symbolise à ses yeux l'alliance du grand capital contre les travailleurs européens.
Edited: 195703270904
L'Europe des trusts
Les cloches de Rome sonnaient à toute volée quand P.-H. Spaak apposa, le premier, sa signature en bas des
traités du Marché commun et de l'Euratom. Les enfants des écoles avaient reçu congé et tout avait été mis en
œuvre pour imprimer un caractère solennel à une cérémonie dont les principaux acteurs s'ingénièrent, assez
lourdement, à exalter l'importance : Adenauer en affirmant que « cette signature est un événement
historique » et Spaak renchérissant en déclarant que « le 25 mars » demeurera la date la plus importante de
l'histoire de l'Europe ».
Radio-Vatican, à vrai dire, fut plus lyrique encore : soulignant que la signature se faisait le jour de
l’Annonciation, quand l’ange Gabriel annonça à la Vierge qu’elle allait être la mère de Dieu, le speaker
pontifical formula le vœu que les traités soient aussi annonciateurs d’une ère nouvelle !
En dépit des carillons, de l'éloquence officielle et de la bénédiction papale, ce pas important vers le Marché
commun ne suscite guère d'enthousiasme dans les pays intéressés.
A Rome déjà, à l’issue de la cérémonie, M. Pineau a eu fort à faire pour défendre des projets qui suscitent de
vives critiques dans son pays. A Bonn, en indiquant les conditions qu'il met à la ratification des traités, le
parti social-démocrate allemand a confirmé que ses perspectives sont diamétralement opposées à celles des
promoteurs de l'Europe à Six.
Et en Belgique même, les premiers commentaires sont fort prudents. Tandis que « La Métropole » exprime
l'avis que « la bataille » pour la défense des intérêts raisonnables de chaque nation participante ne fait que
commencer, « La Cote libre » constate que « plus on avance, plus on se rend compte que la Belgique a joué
dans les négociations un rôle de dupe ». Et « La Wallonie » formule le vœu que le Parlement belge ne se
hâte dans tous les cas pas trop à ratifier les traités.
Comment expliquer cette méfiance qu'on retrouve dans les six pays invités à former un Marché commun ?
En grande partie par des raisons de bon sens. S'il est encore malaisé de mesurer les conséquences exactes,
qu'entraînerait la création de ce Marché commun pour chacun des partenaires, il n'est pas difficile de
prévoir, dès à présent, que des intérêts légitimes risquent d'être sacrifiés dans tous les pays participants.
Une union économique du genre de celle réalisée entre la Belgique et les Pays-Bas présentait un caractère
fort différent. En gros, cette union Benelux réunissait deux économies à peu près complémentaires, notre
pays étant beaucoup plus industrialisé que la Hollande. Dès lors, après une période d'adaptation qui fut du
reste assez difficile, les avantages ont finalement pu surpasser les inconvénients de l'opération.
Pour le Marché commun, la situation se présente tout différemment. Pour prendre le cas de la Belgique, par
exemple, il n'est pas un seul produit fabriqué chez nous qui ne le soit également, soit en Allemagne, soit en
France. Dans de telles conditions, l'ouverture du Marché commun aboutira forcément à une recrudescence
effrénée de la concurrence entre producteurs rivaux, à une guerre au couteau d'autant plus acharnée que la
création même de cette « Europe à Six » risque de rendre plus difficile l'accès aux autres marchés,
notamment aux vastes débouchés que les pays de l'Europe de l'Est et de l'Asie pourraient offrir aux pays
fortement industrialisés de l'Europe occidentale.
Or, le développement de la concurrence n'est pas nécessairement synonyme de progrès économique. C'est
même moins que jamais le cas, en cette époque des trusts et des monopoles où la capacité de résistance des
entreprises dépend moins de leurs qualités intrinsèques que de l'appui que leur accordent les grandes
banques et les holdings.
Dès lors, la création du Marché commun risque surtout d'aboutir au renforcement du capital monopoleur et à
l'élimination des petites et moyennes entreprises, même bien équipées.
Sur ce point, le vieux ministre luxembourgeois Bech s'est montré plus honnête que la plupart de ses
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collègues : s'adressant au parlement de son pays, il a franchement expliqué que le Marché commun
présenterait de très graves dangers pour la moyenne industrie.
Et c'est vrai. La suppression des barrières douanières au sein de l'Europe à Six amènera les grands trusts à
conclure entre eux des accords de cartel, qui leur permettront d'éliminer les firmes indépendantes et de
grossir encore leurs profits.
C'est ce que les grands sidérurgistes ont déjà fait lors de la création de la CECA. : ils ont aussitôt créé le
cartel de l'acier et, depuis lors, ils se sont entendus pour hausser constamment leurs prix.
Dans les secteurs où la concurrence joue encore plus ou moins, dans les industries légères notamment, il en
ira de même : le Marché commun conduira à une concentration plus poussée qui laissera seulement subsister
les entreprises patronnées par les grands groupes monopolistes.
C'est cela qui explique pourquoi les gouvernements s'engagent si volontiers dans une voie qui risque d'avoir
de graves conséquences pour leurs pays.
Ils ne le font pas seulement parce que le Marché commun fait partie intégrante de la politique atlantique des
« blocs » née de la guerre froide.
Ils le font aussi parce que les dirigeants des monopoles, les vrais maîtres du pays, estiment qu'ils
s'accommoderont fort bien de cette Europe unie. Sans doute les grands konzerns allemands joueront-ils un
rôle prépondérant au sein de cette Sainte-Alliance du grand capital, mais les groupes financiers belges,
français, hollandais et italiens considèrent qu'ils sont de taille à s'entendre avec eux.
Du reste, ils n'ont pas attendu le « marché » pour travailler en commun.
La Société générale n'a-t-elle pas introduit l'ex-criminel de guerre Flick à Hainaut-Sambre ? La Brufina n'at-elle
pas fondé avec la Deutsche Bank un consortium pour exploiter l'Afrique noire ? Et Solvay n'a-t-il pas
depuis fort longtemps des filiales prospères en Allemagne, en Italie et en France ?
Au sein de la petite Europe, les trusts internationaux comptent s'arranger entre eux pour exploiter en
commun les travailleurs des six pays. En concentrant la production dans les entreprises qui leur paraissent le
plus rentables et en fermant les divisions où les conditions leur semblent moins favorables, ne fût-ce que
parce que la main-d'œuvre s'y montre moins docile.
N'est-ce pas ainsi qu'ils procèdent déjà, à l'heure actuelle, au sein des différents pays ? Avec le Marché
commun, ils travailleraient en plus grand.
C'est cela l’Europe qu'on nous propose : l'Europe des trusts !

Pierre JOYE