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FIEVEZ Victor-Léon (1855-1939)
Edited: 193905271212
FIEVEZ ( Victor-Léon), Officier de la Force
Publique et Inspecteur d'État (Havré, 30.4.
1855-Bruxelles, 27.5.1939). Fils de Florent et
de Lejeune, Julie.
Fiévez avait fait des études secondaires à
Mons et avait acquis, durant sa jeunesse,
quelques notions de culture dont il tirera grand
profit au cours de sa carrière en Afrique. Milicien
de 1875, il s'engage comme volontaire au 7°
régiment de ligne. En juillet 1877, il est nommé
sergent. Deux ans plus tard, il se présente à
l'examen de sous-lieutenant, qu'il réussit, et
passe au 11e
régiment de ligne où il est promu
lieutenant en avril 1886.
En 1888, répondant à l'appel du roi Léopokl
II et suivant en cela l'exemple de son ami
Haneuse, il s'engage au service de l'État Indé-
pendant du Congo et quitte Anvers le 19 mars 1888,
à bord du « Coanza ». Il arrive à Boma le 22
avril 1888 et est désigné comme adjoint au capitaine
Roget, commandant de la Force publique.
Depuis le massacre du poste des Falls, en
1886, le danger arabe se révélait de plus en plus
imminent. Les faibles forces dont disposait le
jeune État pour l'affronter étaient insuffisantes ;
il fallait les étoffer et les organiser.-^C'était à
cette tâche primordiale que Roget se consacrait
depuis deux ans et Fiévez vint le seconder
admirablement. Nommé capitaine de la Force
publique le 27 octobre 1888, il prend provisoirement
la succession de son chef qui rentre en
Belgique après avoir accompli déjà un premier
terme en Afrique.
Comme il fallait, en ce temps-là, faire face à
toutes les nécessités du service avec un personnel
très réduit, il est chargé d'exercer simultanément
les fonctions de substitut du procureur
d'État et bientôt, en janvier 1890, celle de juge
suppléant près le tribunal de première instance.
Malgré ces tâches absorbantes, il trouve encore
des moments de loisir pour s'occuper de cultures
et pousser les indigènes à entreprendre diverses
plantations.
En avril 1890, Fiévez est appelé à prendre
le commandement de Basoko, important camp
retranché dont les assises avaient été jetées
au début de 1889 par Roget qui était retourné
en Afrique pour un deuxième séjour. Situé
au confluent du Congo et de l'Aruwimi, ce camp
avait été établi sur l'ordre du Roi dans le but
d'enrayer les progrès vers l'Ouest de l'invasion
arabe et de servir, par la suite, de base d'opé-
rations à l'action répressive qui devait fatalement
être entreprise contre eux à plus ou
moins brève échéance. A Basoko, Fiévez se
montra non seulement un chef et un administrateur
avisé, mais il dévoila encore ses
qualités d'explorateur averti. Il entreprend
plusieurs expéditions à la suite desquelles il
relève notamment le cours inférieur de la Lulu
et a ainsi l'occasion de constater le magnifique
développement des cultures que possèdent les
Arabes. Grâce à sa fermeté et à sa diplomatie,
il parvient à interdire à ceux-ci le passage de
la rivière et, s'inspirant de leurs réalisations, il
pousse à l'établissement par les indigènes de
plantations de rapport et de cultures vivrières.
Après plus de trois ans de travail harassant mais
fécond, il rentre en Belgique le 17 septembre
1891. II est exténué et sa santé gravement compromise
; il lui faudra plus d'un an pour se
remettre.
A peine rétabli, il repart pour l'Afrique le 6
mars 1893, alors qu'il vient d'être nommé commissaire
de district de première classe et le 1 e r
avril 1893, lendemain de son arrivée à Boma, il est
désigné pour commander le district de l'Équateur.
Mission importante et délicate entre toutes,
car, après les Lothaire et les Peters, il fallait,
dans ces régions vastes comme plusieurs fois la
Belgique, veiller au recrutement de la Force
publique, développer l'organisation administrative
par l'établissement de nouveaux postes,
pousser plus avant l'exploration du pays, réprimer
la pratique, hélas encore trop répandue, de
l'anthropophagie et lutter en même temps
contre l'infiltration des bandes arabes qui étaient
parvenues à pousser leurs incursions jusque
dans la Maringa-Lopori. Fiévez se dépense sans
compter et s'efforce de suffire à toutes ces tâches.
Il pacifie le Ruki et ses affluents ainsi que la
région du lac Tumba qu'il reconnaît en poussant
jusqu'au lac Léopold II et réprime, à
Iboko, l'opposition des indigènes à l'action
civilisatrice des Européens. Il aide encore, en
outre, au développement des plantations et des
cultures, et ceci semble lui tenir particulièrement
à cœur ; c'est de cette époque que datent
les premières plantations de caféiers dans la
région.
Après avoir étendu, avec la précieuse collaboration
de son adjoint Sarrazyn, l'autorité de
l'État jusqu'aux limites de l'immense district,
il consacre son activité débordante à une tâche
d'un genre nouveau mais qui lui devient bien
vite familier. Il se découvre architecte et se fait
bâtisseur de cités. C'est lui qui construit à
Coquilhatville les premières maisons en briques.
Il fait de la station un véritable centre de civilisation
avec de belles avenues bordées de maisons,
coquettes et confortables, entourées de palmiers,
qui suscitent l'admiration générale.
Après trois nouvelles années d'un travail
inlassable accompli en Afrique, Fiévez rentre
au pays le 14 mai 1896.
En récompense de ses brillants états de service,
le Roi l'élève, en 1897, au grade d'inspecteur
d'État et le charge du commandement des
districts de l'Ubangi et des Bangala.
Loin de considérer comme purement honorifiques
ces nouvelles fonctions dont l'a investi la
confiance royale, Fiévez, en s'embarquant le 6
septembre 1897 pour un troisième séjour au
Congo, se propose d'aller vers le nord pacifier
le pays des terribles Budja. Il gagne immédiatement
Bumba, d'où, avec une poignée de soldats
fidèles et bien disciplinés, il entreprend
une randonnée audacieuse jusque Yakoma.
Traversant des contrées qui sont continuellement
en effervescence il doit livrer combat sur
combat et finit, après huit mois de luttes incessantes,
par gagner Banzyville. C'est cependant
grâce à sa ténacité, à sa patience et à sa force de
persuasion, bien plus encore que par les armes,
qu'il est parvenu à amener les farouches indigènes
à se soumettre aux lois de l'État.
En octobre 1899, son dernier terme arrive à
expiration ; il redescend vers Boma et s'embarque
le 8 novembre à bord du « Léopoldville » qui
le ramène à Anvers le 27.
Fiévez avait rédigé, sur le district de l'Équateur
des notes qu'il avait rassemblées et qui
parurent en 1895 dans « Le Congo illustré ». Il
avait également publié en 1896, dans « L a
Belgique coloniale » la relation de son expédition
: « Du lac Tumba au lac Léopold II »,
La carrière africaine de Léon Fiévez, marquée
du sceau d'un travail ardu et opiniâtre accompli
avec un sens aigu des responsabilités et du devoir
et un esprit de sacrifice total, constitue une
étonnante réalisation de la pensée ardente qu'exprima
quelques années plus tard, Jacques d'Arnoux,
célèbre aviateur de la guerre 1914-1918 :
« La vie est courte... il la faut pleine. » D'autre
part, l'exquise bonté avec laquelle il avait
accompli son œuvre civilisatrice au Congo avait
été judicieusement mise en relief par les noirs
qui l'avaient surnommé « Tâta » (père).
Rentré d'Afrique, Fiévez avait repris du
service dans l'armée métropolitaine ; il fut
nommé major au 9° de ligne, en 1910. Titulaire
de l'Étoile de service à trois raies et de la
Médaille coinmémorative du Congo, il était
également officier de l'Ordre Royal du Lion et
de l'Ordre de Léopold.
6 octobre 1951.
A. Lacroix.
F. Masoin, Hist. de l'É.I.C., 2 vol. Namur, 1913,
I, pp. 99 et 180 ; II, pp. 127 et 255. — A. Chapaux,
Le Congo, Éd. Ch. Rozez, Brux., 1894, pp. 627,
633 et 635. — H. Depester, Les pionniers belges
au Congo, Éd. Duculot, Tamines, 1937, p. 71. —
Bull, de l'Ass. des Vétérans colon., juillet, 1939, pp.
13-14. — La Trib. cong., 15 juin 1939, p. 2. — Delcommune,
Vingt années de vie africaine, 2 vol.
Larcier, Brux., 1922, II, p. 15. — C. Boulger, The
Congo State, London, 1898, p. 211. — A nos Héros
coloniaux morts pour la civilisation, pp. 208 et 210.

src: Inst. roy. colon. belge, Biographie Coloniale Belge, T. III, 1952, col. 304-307