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De Gaulle Charles

1 oktober 1944: De Gaulle (in een toespraak in Lille) kant zich tegen de trusts en verklaart zich pro nationalisaties; discours politiquement capital pour l'avenir

ID: 194410010089

que son discours explose alors et, de magistralement banal, devient politiquement capital pour l'avenir. Voulant que l'État soit bientót maitre des grandes décisions économiques, de Gaulle parle ä une foule qui, si elle ne comprend pas toute la philosophie du propos, partage les idées de l'orateur, qu'il s'agisse de l'élimination des trusts, de l'association entre dirigeants et travailleurs, et surtout de l'amélioration de la condition ouvrière.
Ce discours de Lille, méme s'il reprend bien des thèmes utilisés, et plus ou moins parfaitement mis en forme par de Gaulle depuis 1942, n'a sans doute pas eu le retentissement national qu'il aurait mérité, tant l'information circule difficilement et touche peu des Francais tourmentés par leurs problèmes de vie quotidienne. Mais il se trouve, pour le bien et le moins bien, á l'origine de si grandes et définitives réformes qu'il faut en citer les passages essentiels.
« Nous ne voulons pas retourner á cette situation politique, sociale et morale qui nous a mis au bord de l'abïme. Nous en voulons une autre, tous ensemble et fraternellement. Nous voulons des choses simples et fortes, dont, aujourd'hui, je vais dire un mot devant mes concitoyens et concitoyennes de Lille. ..
Nous voulons... la mise en valeur en commun de tout ce que nous possédons sur cette terre et, pour y réussir, il n'y a pas d'autre moyen que ce qu'on gppelle l'économie dirigée. Nous voulons que ce soit l'Etat qui conduise, au profit de tous, l'effort économique de la nation tout entière, et faire en sorte que devienne meilleure la vie de chaque Francais et de chaque Franeaise. Au point oü nous en sommes, il n'est plus possible d'admettre ces concentrations d'intéréts que l'on appelle, dans l'univers, les { `. `\ trusts, qui ont pu correspondre á une période donnée de la mise ,t Á. en valeur des ressources de la terre mais qui ne répondent plus ± aujourd'hui aux nécessités d'une organisation économique modeme. . . Pour cette économie dirigée, pour cette mise .en valeur en commun de toutes les ressources du pays, il y a des conditions á remplir dont ,la première est, évidemment, que la collectivité, c'est-á-dire l'Etat, prenne la direction des grandes sources de la ...
AMOUROUX, 1991: 553