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Le Journal de Saône--et-Loire
Amiante : des militants mis en examen Un groupe de militants contre qui la société Eternit avait déposé plainte en 2011 est convoqué jeudi au tribunal pour une mise en examen.
Edited: 201604131101
[Mise à jour à 14h46] Une erreur étant survenue dans la convocation envoyée aux personnes concernées, la venue de ces dernières au tribunal est annulée. Une nouvelle convocation leur sera envoyée pour une date ultérieure.

Ci-dessous, le communiqué du Comité amiante prévenir et réparer (Caper) Bourgogne :

"Alors qu'une juge d'instructions de Versailles avait décidé de notifier en vertu de l'article 175 du Code de procédure pénal, un avis de clôture de l'information dans la procédure ouverte à la suite d'une plainte de la société Eternit déposée en 2011, évoquant des faits survenus au siège de la société, une lettre de l'avocat d'Eternit a su convaincre l'autorité judiciaire de procéder autrement et de convoquer six anciens militants de la CGT et le président du CAPER, Jean-François Borde, en vue de leur mise en examen le 14 avril prochain.

Au moment des faits, notamment, dans un contexte social plus large de blocage des négociations salariales de s'opposer à l'ouverture d'une décharge à Vitry-en-Charollais, destinée à devenir le dépotoir national de l'un des principaux producteurs de déchets d'amiante.

L'ouverture de cette décharge bénéficiant de la longue tradition de complaisance de l'administration à l'égard d'Eternit créait une situation collective de mise en danger locale affectant notamment des familles de travailleurs d'Eternit décimées par les choix industriels délibérément faits par la direction.

La justice administrative d'ailleurs ne s'y trompera pas en annulant l'autorisation abusivement accordée...

Mais la mobilisation des travailleurs et de l'association des victimes de l'amiante en 2011 n'aura pu empêcher les conséquences de décennies de cynisme industriel qui a vu le groupe Eternit envoyer délibérément à la mort des centaines de travailleurs et de membres de leur famille en France et des milliers en Europe.

Ce n'est certes pas un hasard si le PDG de la branche suisse du groupe a été condamné à 18 ans d'emprisonnement pour catastrophe industrielle par la cour d'appel de Turin, la cour de cassation italienne n'ayant cassé cet arrêt qu'en raison d'un désaccord sur la seule question de la prescription.

En France, des plaintes circonstanciées ont été déposées par les associations des victimes et les syndicats en 1996, mais jamais le parquet ne sera à l'origine des poursuites.

Elles suivront un cours chaotique entre désintérêt de certains juges et encombrement des cabinets d'instruction pour aboutir à des mises en examen généralisées de dirigeants industriels en particulier pour Eternit, puis après 20 ans d'information à une surprenante décision d'expertise de physiopathologie de l'amiante.

Mais aucun renvoi devant le tribunal compétent, les différents ministres de la Justice et le procureur général de Paris n'ont cessé d'assurer les associations de l'attention soutenue qu'ils portaient à ce dossier et de la fin prochaine de la phase d'instruction.

Entre temps, Eternit a été condamnée des centaines de fois pour faute inexcusable de l'employeur par les juridictions de sécurité sociale...

Bref, la justice pénale française pour son incurie ajoute un scandale judiciaire au scandale industriel et sanitaire en délaissant comme elle le fait les victimes et leurs famille et la prochaine mise en examen de Jean-François Borde apparaît dans ce contexte comme un nouveau triomphe judiciaire du lobby de l'amiante."