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PAN renaît
Edited: 201703111267
PAN était un hebdomadaire satirique belge en langue française paraissant le mercredi à Bruxelles. Le 11 mars 2017, son propriétaire a annoncé sa reparution à partir du 15 avril 2017. Il paraîtra désormais le vendredi.

Créé en 1945 sur le modèle du Canard enchaîné dont il avait gardé les couleurs, le rouge et le noir, mais en quatre pages seulement, Pan paraissait le mercredi et abordait avant tout les questions politiques belges sous l'angle de la satire. Au contraire du Canard, toutefois, les journalistes de Pan ne signaient leurs articles que d'un pseudonyme - comportant le mot "pan" (Pandémonium, Pantalon, Pandecte, Pan Bagnat, etc.) Parmi les fondateurs, le chansonnier Léo Campion, libre-penseur, anarchiste et franc-maçon. Mais celui-ci dut assez vite se séparer du journal, sa carrière de chansonnier l'emmenant à Paris.

Cependant, en partant, Léo Campion léguait à Pan un esprit irrévérencieux qui ne quitta jamais le journal. Malgré cela, ou sans doute à cause de cela, les hommes politiques se plongeaient tous les mercredis dans les quatre pages de Pan où foisonnaient les caricatures, les plaisanteries et les jeux de mots (certains inspirés par le dialecte bruxellois, ce qui les rendait compréhensibles d'une catégorie restreinte d'initiés). Dans ses dernières années, Pan dut affronter une dissidence qui se mit à publier Père Ubu. Sans doute, pour garder sa prééminence, Pan se mit alors à organiser chaque année la cérémonie de remise des "Pandores", des prix qui allaient aux diverses têtes de turc que le journal s'était choisies. C'est de bonne grâce que les victimes se pressaient à cette parodie des Oscars et autres Césars, car être cité dans Pan était un brevet de célébrité. Ce phénomène est le même que celui qui faisait se précipiter la classe politique et le public sur le Pourquoi Pas?, autre hebdomadaire satirique, représentatif d'une presse belge qui n'avait pas encore subi l'influence du style "international".

En 2004, Pan fut racheté par Dominique Janne. Il se sépara rapidement du rédacteur en chef André Gilain, et le journal redéfinit sa ligne éditoriale avec l'arrivée de Nicolas Crousse, un ex-journaliste du quotidien progressiste Le Matin disparu en 1998. Par la suite, Crousse laissera sa place de rédacteur en chef à Thomas-Pierre Gerard.

Le 14 mai 2010, l'hebdomadaire belge Trends-Tendances annonçait le rachat de Pan par son concurrent Père Ubu et la fusion des deux titres en un seul, à savoir Père Ubu, sous le slogan "Père UBU, l'hebdo qui fait PAN dans le mille tous les jeudis". Le titre se modifia ensuite en "Père Ubu - Pan"

Le 11 mars 2017, le propriétaire des marques Père Ubu et Pan a annoncé qu'il mettait fin à l'hebdo Ubu-Pan qu'il n'était « jamais parvenu à débarrasser […] de cette image d’extrême droite anti-PS et anti-immigrés » et qu'il relançait le magazine PAN, désormais aussi en numérique, à partir du 15 avril, sous la direction de l'écrivain, blogueur, chroniqueur et scénariste Marcel Sel.

voir notre collection Pan et le livre sur l'histoire de Pan


Pan selon le CRISP
wiki
Historique du Groupe Rossel - Le Soir
Edited: 201511111111
Historique
1887 : Pierre-Émile Rossel, avec trois amis, crée à Bruxelles un journal gratuit appelé "Le Soir".
1920 : « Rossel & fils » devient « Rossel & Cie ».
1921 : « L'Agence Rossel » (régie publicitaire) s'installe rue Royale à Bruxelles.
1957 : le siège social est installé 120 rue Royale à Bruxelles.
1966 : Rossel devient un groupe avec l'acquisition des titres de presse de «La Meuse» («La Meuse», «La Lanterne», «La Flandre libérale» et «Le Matin»).
1968 : acquisition des titres de presse de «La Gazette de Charleroi» («La Nouvelle Gazette» et «La Province»).
1970 : le groupe Rossel acquiert la marque «Vlan».
1983 : Robert Hersant entre au conseil d'administration du groupe.
1987 : Robert Hurbain succède à la présidence du groupe Rossel.
1987 : Socpresse (Robert Hersant, France) acquiert 40% du capital du groupe.
1987 : participation dans RTL Belgium (alors TVI SA) au travers d'Audiopresse.
1999 : constitution de la société Sud Presse SA (regroupant les titres La Meuse, La Capitale, La Nouvelle Gazette de Charleroi, et La Province).
2000 : Rossel met un premier pied dans « La Voix du Nord ».
2001 : Patrick Hurbain succède à Robert Urbain.
2003 : en Belgique, lancement du quotidien gratuit Metro en collaboration avec Concentra Media.
2004 : rachat avec De Persgroep de «l’Echo».
2004 : Sud Presse rachète Nord Eclair sur la Belgique.
2005 : prise de contrôle du groupe de presse «La Voix du Nord».
2005 : rachat avec De Persgroep de «De Tijd».
2005 : rachat des 40% du groupe détenus par la Souplesse.
2006 : Sudpresse lance l'hebdomadaire gratuit «7Dimanche ».
2006 : le groupe investit dans l’Internet en rachetant les sites de services www.netevents.be,www.ticketnet.be et www.cinenews.be.
2007 : Rossel déménage au 100 rue Royale à Bruxelles.
2007 : le groupe Vlan lance Fulai à Shanghai.
2007 : rachat du 1er site de rencontre en ligne belge www.rendez-vous.be et lancement d'un site consacré à l’automobile www.carchannel.be.
2008 : Rossel lance sa régie web interne.
2010 : le groupe Rossel acquiert Belgium-iPhone.
2011 : S²media rejoint le groupe Rossel.
2013 : acquisition des journaux français «l’Union», «l’Ardennais», «Est Eclair», «Libération Champagne», «l'Aisne Nouvelle» et de la radio «Champagne FM» auprès du groupe Hersant Media (GHM)4.
2014 : rachat de dix titres de presse à Lagardère Active, France, au sein du consortium 4B Media par Groupe Rossel et Reworld Media 5,6 : Psychologies magazine et Première reviennent à Rossel.
2015 : rachat de 50% de 20 Minutes, quotidien gratuit national français.
Le Matin
Eternit - L'homme d'affaires suisse Stephan Schmidheiny pourrait faire l'objet d'un nouveau procès sur l'amiante en Italie. La nouvelle plainte est qualifiée «d'absurde» par la défense. Pourtant la Regione Piemonte se portera parti civil dans l'affaire.
Edited: 201505131326
update 201505140206 (Conferenza delle Regioni e delle Province autonome)
Jean Ferrat
Ma France
Edited: 201503250151







Ma France
De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France
Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France
Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France
Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit : "qu'on la fusille"
Ma France
Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France
Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France
Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France
Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France
GVA koopt drukkerij Le Matin
Edited: 196509001978
Par ailleurs, durant le mois de septembre 1965, l’imprimerie du

quotidien fondé par Camille de Cauwer est vendue à De Vlijt. Cette

transaction implique immédiatement un deuxième paradoxe frappant

puisque De Vlijt édite avant tout la Gazet van Antwerpen (161), qui constitue

un des foyers les plus ardents du flamingantisme obtus. Et les trois

publications de Sobeledip, attachées depuis toujours à la défense de la

minorité francophone et du bilinguisme en Flandre, se retrouvent donc

imprimées jusqu’en 1969 (162) au numéro 46 de la Nationalestraat, dans

l’“antre du flamingantisme (163) !

(161) Quotidien populaire et catholique flamand, lancé le 3 novembre 1891. Le journal est

doté d’une édition spéciale destinée à la région de Malines, la Gazet van Mechelen (cf.

BERTELSON (L.), op. cit., p.222).

(162) GOL (Jean), op. cit., pp.188-189

(163) CAMPE (René), DUMON (Marthe), JESPERS (Jean-Jacques), loc. cit.

http://users.skynet.be/webgate/matin/ (20031105)
Métropole (La -) (DBF)
Edited: 189406271687
1894: La Métropole (Antwerpen) opgericht (life cycle)(Luyckx, bib. LT 10.18)

Ce quotidien est fondé le 27 juin 1894 par des notables anversois (Castelein, de

Meester et Rijckmans). Il répond aux voeux des catholiques. La Métropole, qui paraît

dès l’aube, dispose d’une presse rotative Marinoni à partir de mars 1897. Elle supplante

vite L’Escaut, une autre feuille catholique. Elle devient aussi le journal préféré de

l’homme d’affaires et du chef d’entreprise grâce à ses rubriques économiques et

financières. Stoppée par la chute d’Anvers le 7 octobre 1914, La Métropole renaît à

Londres quinze jours plus tard en supplément de l’édition matinale du Standard. La

crise du papier met cependant un terme à cette situation le 4 mars 1916. De retour à

Anvers en 1918, les dirigeants constatent la destruction des installations du journal. La

Métropole se voit donc éditée par De Vlijt jusqu’en 1920. En 1940, c’est un nouveau

coup d’arrêt. Le journal reparaît à l’automne 1944. Mais son quartier général est une

nouvelle fois ravagé par une bombe. Et c’est De Vlijt qui vient encore à la rescousse en

accueillant La Métropole en ses murs. En 1965, c’est l’association avec Le Matin et La

Flandre Libérale à travers Sobeledip (absorbée par Rossel en 1966). Mais La

Métropole, vaincue par la flamandisation, disparaît comme ses deux confrères le 30 juin

1974 (cf. “La Métropole, in : La Presse, n°16, 10-12/1957, pp.7-14).

http://users.skynet.be/webgate/matin/ (20031105)
Charles Hermans (1839-1924)
Bij dageraad (1875) - de bourgeoisie en de mijnwerkersfamilie - sleutelwerk in het Belgische realisme - niet politiek geladen?
Edited: 187505060600
Charles Hermans zag het in 1875 zo (Bij dageraad):


Maurice Sulzberger in Guide Illustré de Bruxelles, Tome II, Les musées, Touring Club de Belgique, 1917, p. 37-38. Oorspronkelijke tekst: Le grand succès du Salon de Bruxelles en 1875, marque une date aussi, plus significative. Ce fut, en Belgique, le manifeste de "l'école du gris" (c'est à dire du jour diffus et du plein air) et aussi de la modernité revendiquant ses droits contre la peinture d'histoire. Mais le meilleur commentaire de ce tableau tout à fait remarquable a été donné par l'auteur lui-même. Résumons-le d'après un de ses biographes. M. de Taeye, qui le publie dans les Artistes belge contemporaines : "J'ai cherché à être aussi sincère que possible, tout en évitant d'être à la fois trop sentimental et trop réaliste. Je me suis mis en quelque sorte à la place des ouvriers de l'avant-plan qui, frais et dispos, se rendent paisiblement au travail le matin, alors que les débauchés, en habit noir, sortent bruyamment des bouges dorés où ils ont passé la nuit. Je me suis même, un lendemain de carnaval, levé avant le soleil pour assister au défilé de mes acteurs. J'ai reproduit la scène absolument comme elle a fait impression sur mon imagination, me contentant de rester aussi simple que possible. On a prétendu que mon tableau avait une portée socialiste. C'est une erreur. Je n'ai jamais songé à ennoblir l'ouvrier en montrant la décadence du débauché. Et c'est même pour cela que j'ai renoncé à mon idée première de faire de l'une des grandes vicieuses sortant du cabinet particulier la sœur de l'ouvrière marchant à côté de son mari. L'exécution de cette idée aurait, en effet, nécessité un jeu de physionomie qui me paraissait légèrement sentimental et trop romantique. Maurice Sulzberger, Critique d'art à "l'Étoile belge"



olie op doek, 248x317cm, KMSK, Brussel
src: 19950068:51
1794: kathedraal Liège: Defrance vraagt commissie voor afbraak kathedraal Saint-Lambert (Liège)
Edited: 179411012512
Pour comprendre le sens d’un événement rare comme la démolition d’une cathédrale, en l’occurrence celle de Saint-Lambert de Liège, il faut se reporter à un contexte historique bien particulier qui est celui de la Révolution liégeoise de 1789 et de sa rencontre inévitable avec la Révolution française et son expansion. Nous renvoyons le lecteur à nos études parues sur le sujet, qui traitent des circonstances historiques de la démolition de la cathédrale (Raxhon, 1989 et 1996).



Disons d’emblée que le sort de la cathédrale Saint-Lambert a particulièrement attiré l’attention des historiens et des littérateurs liégeois, en constituant en somme l’une de ces "cellules molles" où se loge l’histoire transmise. La force d’attraction de ce pôle ou lieu de mémoire, selon l’expression chère à Pierre Nora (Nora, 1984), plus que pour tout autre lieu de mémoire de la Révolution liégeoise — et nous tenterons de voir pourquoi —, trouve une première explication dans l’analyse des traditions historiographiques qui lui sont attachées. Vu sous cet angle, ce ne sont plus les historiens qui révèlent l’histoire à la cité, mais c’est l’histoire qui, mise sous une certaine lumière par les historiens, révèle ces derniers et la cité dont ils font partie.







Caractère exceptionnel du lieu de mémoire



Mais au-delà des strates historiographiques à examiner, la problématique de la démolition de la cathédrale Saint-Lambert nous oblige à réfléchir dans plusieurs directions, comme la crise d’identité liégeoise, la colère catholique jamais apaisée contre la Révolution, et plus largement le thème de la ruine, porteuse de sens et d’histoire, celui de la reconquête sur la ruine, avec notamment l’impact du style néogothique à Liège, qui méritera plus tard de retenir à ce titre notre attention. En outre, le destin tragique du monument constitue l’une des premières expériences littéraires wallonnes en matière d’approche d’une définition de ce qui pourrait être justement une expression historique wallonne.



Enfin, avec le souvenir de la cathédrale Saint-Lambert, c’est l’absence du monument qui crée la référence, et le vide, le symbole. Bien plus, c’est même l’absence de support qui, non seulement engendre, mais nourrit et renforce l’imaginaire de la Révolution, et le développe au fil des générations postérieures à l’événement. C’est le contrepoint spectaculaire — si l’on peut dire — du lieu de mémoire traditionnel, et le travail qu’il opère sur la mémoire est d’autant plus remarquable. En effet, dans la cité mosane, la Violette (hôtel de Ville), le Perron (symbole des libertés communales) et le palais des princes-évêques n’étaient séparés que par un monument qui les unissait tous, la cathédrale Saint-Lambert, carrefour aéré et grandiose des pouvoirs et des souvenirs, ceux d’une nation qui se voulait libre et indépendante. De fait, le thème enrichissant, nous semble-t-il, est alors celui de la désarticulation architecturale d’un centre urbain comme volet visible et objectif de la perte d’un statut, celui d’une capitale d’État indépendant. La désarticulation spatiale est ici liée à un processus d’amoindrissement politique et impose une incontestable pesanteur à la ville qui le subit, et que l’on pourrait qualifier d’irrécupérable.







Un bref rappel historique s’impose.



À la séance du 19 février 1793 de l’Administration centrale provisoire du ci-devant pays de Liège, un membre fait la motion de détruire la cathédrale. On demande la discussion. On décrète unanimement la démolition 1, mais on arrête que l’on attendra la formation des autres comités, pour en former un de trois membres qui s’occupera de la démolition de cette Bastille 2. Voilà la mention décisive, le choix irrémédiable, pris sur le vif, d’une représentation nationale. L’état actuel des recherches ne permet pas d’identifier à coup sûr le membre en question. Seuls quelques indices sont à notre disposition, et les soupçons pèsent sur Lambert Bassenge, frère de Jean-Nicolas Bassenge, à partir du propre aveu de celui-ci (Bassenge, An II, p. 15).







À la séance du 20 février 1793, le matin, un membre dont l’identité nous est inconnue tentera vainement de faire rapporter le décret de la veille, sous prétexte qu’une proposition ne peut être décrétée dans la même séance, et parce que cet édifice peut servir à un établissement d’utilité publique 3. Rien n’y fit ; les dés étaient jetés.



Le 28 février 1793, un Comité des travaux publics chargé de la démolition était officiellement créé, composé de Lambert Bassenge de Liège, de l’abbé Sommal de Somme-Leuze (dans l’Entre Sambre-et-Meuse) et de Jean-Mathieu-Antoine Joniaux de Waremme. Néanmoins, les opérations furent brusquement interrompues par l’arrivée des Autrichiens à Liège au début du mois de mars 1793, après les défaites d’Aldenhoven et de Neerwinden.



Il faut attendre le 28 juillet 1794, avec le retour des Français à Liège qui boutent les Autrichiens hors du pays, pour que la question de la démolition de Saint-Lambert soit à l’ordre du jour. On peut distinguer trois étapes dans cette entreprise. Dans un premier temps, la cathédrale sera dépouillée avec méthode au profit de la République 4, ensuite une vente aux enchères achèvera de vider de ses biens meubles l’antique monument, puis la démolition de l’immeuble sera accomplie, lentement, s’étalant sur une longue période, car la cathédrale est une mine à ciel ouvert et on l’exploite comme telle, en fonction des circonstances et des besoins 5 ; mais elle est aussi un monstre imposant qui lasse les hommes et use les marteaux. Plutôt que d’une démolition, il faudrait même parler d’un démontage de la cathédrale.



Dès le 3 août 1794 (16 thermidor an II), le commissaire-ordonnateur Vaillant invite la municipalité de Liège à faire enlever dans le plus court délai tout le plomb qui est sur l’église Saint-Lambert pour faire des balles pour exterminer les satellites des tyrans 6. Tous les cuivres de la cathédrale connaîtront un sort identique. Enfin, des pièces de bois furent arrachées pour servir au siège de Maastricht, à la construction de ponts sur la Meuse, à l’aménagement de locaux administratifs, et même à l’alimentation des fours de la boulangerie française. Dès décembre 1792, les biens meubles les plus précieux avaient retenu l’attention des administrateurs ; puis l’argenterie et plusieurs objets du culte furent entreposés au palais des princes-évêques. En outre, le 3 mars 1793, un trésor constitué par trois caisses d’objets en or et argent pesant 7.691 onces, des perles, des pierres fines, des étoffes, avait pris la route de Lille sous la conduite de l’administrateur Lambert-Joseph Waleff 7.



Toujours est-il que, le 14 septembre 1794, l’Administration centrale provisoire se réunit pour la première fois avec pour thème de discussion deux projets étroitement liés dans leur portée symbolique, le rattachement à la République française et la démolition du repaire des oppresseurs, du monument d’orgueil et d’hypocrisie.



Le 20 septembre 1794, l’Administration centrale provisoire, sous la présidence d’un abbé, Thomas-Joseph Jehin, invite la municipalité à prendre rapidement des mesures pour la démolition. À cet effet, le 24 septembre, l’ingénieur Carront fut désigné pour établir un plan du site de la cathédrale. Les préoccupations des autorités liégeoises se combinèrent avec les initiatives du Comité de salut public et de la Convention puisque le 28 septembre 1794, les commissaires français chargés de s’occuper des monuments, des arts et des sciences dans les pays conquis arrivèrent à Liège.



C’est ici qu’intervient ouvertement Léonard Defrance, le paria d’une historiographie liégeoise dont nous reparlerons plus loin. Le peintre qui sera maudit propose, le 1er novembre 1794 (11 brumaire an III), la création d’une commission choisie au sein de l’Administration centrale pour s’occuper d’un plan général sur la démolition entière de l’édifice.



À l’objectif de planification s’accorde la froideur des documents qui ponctuent l’histoire de l’émiettement de Saint-Lambert. Cette commission se composa de Léonard Defrance, qui en fut le président, de Félix-Joseph Cralle (taxateur) et du citoyen Devillers. Ce même 1er novembre, le citoyen Simonis, maître-fondeur, demandait qu’on l’autorise à descendre les cloches de Saint-Lambert. L’existence effective de la commission et ce dernier détail sont à l’origine du premier rapport fondamental signé Defrance, au début de novembre 1794 où il évoque ce monument de l’orgueil et de l’intérêt [qui] va, j’espère, avec tous ses appendices, rentrer dans le néant d’où il n’aurait jamais dû sortir [...]. Quelle immense extension d’idées, ce vaste monument des prêtres doit nous donner, si nous portons nos réflexions sur l’idée primitive de la religion : le fils d’un charpentier prêchant la pauvreté, l’humilité, le pardon des fautes, disant que son royaume n’est pas de ce monde [...]. Si les tyrans séculiers avec leurs satellites ont fait bâtir par la force, des bastilles pour nous tenir sous le joug, les prêtres plus adroits, ont fait construire des bastilles d’un autre genre pour enchaîner la raison : ces bastilles de l’Église, c’est là et par là qu’ils ont dominé impérieusement sur l’espèce humaine 8.



Fin novembre 1794, Defrance développe ses projets dans un texte plus étoffé qui est un état de la situation et la description du travail à accomplir (A.E.L., F.F.P., 493 [17]).On constate que 298.200 livres de plomb et 44.818 livres de cuivre et de bronze ont déjà été livrées aux Français. Par ailleurs, les commissaires de la République ont d’abord saisi les colonnes qui supportaient le jubé et l’entablement du maître-autel, les ornements précieux des chapelles, le tableau du grand autel, et trois autres tableaux provenant des chapelles. Enfin, il s’agit après cela de tirer le plus grand avantage tant des matériaux que du terrain précieux par la localité que présentera la place de cet édifice, bâti moins pour honorer l’Etre Suprême que pa