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Le Monde
Sarkozy officieel in staat van beschuldiging gesteld
Edited: 201803221450
Le Monde / Libé
Frankrijk: Ultra-rechtse groepering wilde Jean-Luc Mélenchon likwideren. 10 leden opgepakt door Sdat en DGSI.
Edited: 201710181035

Nu blijkt dat de veiligheidsdiensten al sinds juni op de hoogte waren van een mogelijke aanslag op het leven van Mélenchon. Die werd echter niet ingelicht over die dreiging. Hallucinant!
Grégoire Rani
The World - Le Monde - World Map - Wereldkaart
Edited: 201705181736


Etstechniek, koper, zuur, 2017, privé-verzameling
Yannis Ritsos (1909 - 1990)
La Paix
Edited: 201705090311
Le rêve de l’enfant, c’est la paix.
Le rêve de la mère, c’est la paix.
Les paroles de l’amour sous les arbres
c’est la paix.

Quand les cicatrices des blessures se ferment sur le visage
du monde
et que nos morts peuvent se tourner sur le flanc et trouver
un sommeil sans grief
en sachant que leur sang n’a pas été répandu en vain,
c’est la paix.

La paix est l’odeur du repas, le soir,
lorsqu’on n’entend plus avec crainte la voiture faire halte
dans la rue,
lorsque le coup à la porte désigne l’ami
et qu’en l’ouvrant la fenêtre désigne à chaque heure le ciel
en fêtant nos yeux aux cloches lointaines des couleurs,
c’est la paix.

La paix est un verre de lait chaud et un livre posés devant
l’enfant qui s’éveille.

Lorsque les prisons sont réaménagées en bibliothèques,
lorsqu’un chant s’élève de seuil en seuil, la nuit,
à l’heure où la lune printanière sort du nuage
comme l’ouvrier rasé de frais sort de chez le coiffeur du quartier,
le samedi soir
c’est la paix.

Lorsque le jour qui est passé
n’est pas un jour qui est perdu
mais une racine qui hisse les feuilles de la joie dans le soir,
et qu’il s’agit d’un jour de gagné et d’un sommeil légitime,
c’est la paix.

Lorsque la mort tient peu de place dans le cœur
et que le poète et le prolétaire peuvent pareillement humer
le grand œillet du soir,
c’est la paix.

Sur les rails de mes vers,
le train qui s’en va vers l’avenir
chargé de blé et de roses,
c’est la paix.

Mes Frères,
au sein de la paix, le monde entier
avec tous ses rêves respire à pleins poumons.
Joignez vos mains, mes frères.
C’est cela, la paix.

Lettre de Jean-Luc Mélenchon
Edited: 201705061061
Sans être forcément d’accord sur tous les sujets, je crois que nous réagissons de la même façon : on ne peut vivre heureux au milieu d’une marée montante de misère ou de gêne. On ne peut vivre content quand des ouvriers qui défendent leur emploi sont condamnés à de la prison ferme. Surtout quand de puissants personnages restent impunis. On n’accepte plus l’aveuglement dans le productivisme alors que le réchauffement climatique a commencé. On n’aime pas baisser les yeux quand on voit notre pays à la remorque des États-Unis d'Amérique entrer dans la logique de guerre tous azimuts. Ou quand nos dirigeants se font mener par le bout du nez par madame Merkel. Ou quand la France doit demander la permission d’adopter son budget à d’ineptes bureaucrates à Bruxelles. Nous ne supportons plus qu’on se paye de mots avec la République et ne voir partout que des monarques, petits et grands, usent du pouvoir comme d'un privilège personnel. Monarchie présidentielle, richesses produites par le travail de tous accaparées par une poignée d’oligarques, inégalités révoltantes, communautarisme haineux, l’argent maître de toutes décisions, non, ca ne peut plus durer. Nous nous rebellons. Notre vote peut profondément changer le cours des choses. Sinon quoi ?
L’action collective est notre force. Nous allons affronter d’acides campagnes de dénigrements et de falsifications, des flots d’argent, des pluies de sondages improbables, un concert médiatique permanent pour faire de cette élection une nouvelle fois une comédie personnalisée sans perspectives. Tout sera fait pour nous écarter du seul but qui nous motive : permettre à chacun de mener une vie vraiment humaine, libérée de l’angoisse du lendemain, sur une planète respectée, et dans un monde pacifique. Une utopie ? Non, c’est le seul projet raisonnable compte tenu de la situation actuelle et du futur qui nous est annoncé. On peut y parvenir. Cela dépend de nous. Nous ne nous laisserons pas voler l’élection la plus importante de notre pays. Nous ne voulons pas permettre qu’elle se résume à une nouvelle comédie de querelles superficielles entre gens qui, de toute façon, appliquent les mêmes politiques et adoptent les mêmes mœurs monarchiques dès qu’ils sont au pouvoir.
Les malheurs dans lesquels s’enfonce le pays ne tombent pas du ciel. Ce sont les résultats concrets de politiques froidement décidées. Elles sont menées au service de la finance dans toute l’Europe, sous la main de fer de la Commission européenne, en application des traités européens imposés aux Français par supercherie ! Nicolas Sarkozy hier, avec ses gouvernements du centre, de la droite et des transfuges du PS, est coupable. François Hollande, ensuite, avec ses gouvernements PS/EELV où siégeaient notamment MM. Macron, Valls et autres, qui ont mutilé la vie de millions de personnes, sont coupables. Ils ont abaissé le pays et piétiné nos principes républicains les plus essentiels. Le coup de balai a commencé. Les deux anciens présidents ont été sortis. Ne laissons pas leurs anciens ministres et premier ministre continuer leurs politiques ! Tous comptent sur l’épouvantail Le Pen pour vous faire abandonner vos convictions à la porte du bureau de vote au premier comme au deuxième tour. Ils sont très forts quand tout le monde a peur. Peur de tout, et même d’eux quand le dégoût qu’ils inspirent pousse à l’abstention.
Agir dès maintenant c’est refuser de se laisser intimider.
L’année 2017 est propice à l’action. Nous votons le 23 avril et le 7 mai, nos voisins allemands en septembre. Tout peut changer. Surtout que les présidents de l’Europe ont décidé de rédiger un nouveau traité européen…Et que cette année verra aussi présenter la ratification des accords de libre-échange avec le Canada (CETA) et les Etats-Unis (TAFTA).
Mettons-nous donc au travail. Il s’agit d’enraciner solidement notre rebellion. Pour cela il faut accumuler des fonds et des participants à l’action. N’attendez pas les consignes pour agir. Faites ce que vous trouverez de plus utile et convaincant pour élargir le nombre de ceux qui peuvent nous rejoindre et nous aider. Chacun peut rejoindre un groupe d’appui dans son quartier, son entreprise, son université ou en constituer un s’il n’en existe pas encore. Bref là où on vit sa propre vie, là où l’on rencontre les autres. Rejoindre un groupe d’appui n’est pas obligatoire. Mais c’est indispensable pour que vous soyez informés des actions et initiatives à côté de chez vous.
Mais vous pouvez aussi trouver sur ce site des idées à mettre en œuvre, des projets auxquels participer. N’oubliez pas de proposer vos talents ou vos savoirs faire professionnels, tout cela est très précieux. Plus il y aura de signataires plus nous serons forts en ressources, imagination, dévouement. Plus nous aurons de dons, mêmes petits, plus libres nous serons. Car s’ils ont les millions, nous sommes nous des millions !
Il nous faut à la fois convaincre et entraîner. L’idée essentielle c’est de s’adresser au plus grand nombre de ceux qui nous entourent. Notre but est de leur rendre le goût du futur.
Fidèlement,


CLAUDEL Philippe
Inhumaines
Edited: 201703010524
Vient de paraïtre aux Editions Stock
Collection : La Bleue
Parution : 01/03/2017
176 pages
Format : 137 x 215 mm
EAN : 9782234073388
Prix: 16.50 €
Résumé (Archambault.ca):
« Le rire contre les armes. Et l'ironie pour se moquer de nous. L'homme est sans doute le seul animal à commettre deux fois les mêmes erreurs. Il est aussi l'unique à fabriquer le pire et à le dépasser sans cesse. À observer le monde comme il va, on hésite alors entre les larmes et le rire. J'ai choisi dans Inhumaines de m'affubler d'un nez rouge, d'exagérer le vrai pour en saisir l'atroce. Ma volonté était de cette façon de tempérer la cruauté née de notre société en la croquant de façon grotesque, ce qui permet de s'en moquer, en espérant contribuer à la corriger aussi, même si je n'ai guère d'illusion sur ce point : restons modeste. En 2000, j'avais déjà écrit un roman, J'abandonne, sur la vulgarité de notre monde et sa bêtise. Cela ne me faisait pas rire à l'époque, et le texte était serré comme un coup de poing. Avec le temps, j'ai préféré l'humour et la satire, comme dans Le Paquet ou dans L'Enquête, pour dire comment nous allions droit dans le mur, un mur plus solide que nos pauvres caboches. Je suis convaincu qu'il est des situations où la littérature doit se transformer en papier de verre pour décaper les cervelles : cela fait un peu mal au début mais cela chatouille aussi. Et après tout, à mon très petit niveau, je ne fais avec ce roman de moeurs que m'inscrire dans un sillon tracé depuis longtemps par des aînés prestigieux, Pétrone, Rabelais, Molière, Voltaire, Villiers de L'Isle-Adam, Jarry, l'Apollinaire des romans érotiques et absurdes, Georges Fourest, les Surréalistes, Ionesco, Roland Topor, Pierre Desproges et bien d'autres qui se sont servis de l'outrance et de la farce pour transcrire nos errements, et amuser leur public en le déshabillant. Bien des peintres et graveurs aussi m'ont inspiré depuis longtemps, qui ont su se pencher sur les monstres : Jérôme Bosch, Brueghel, Jacques Callot, Monsu Desiderio, Füssli, George Grosz, Alfred Kubin, Otto Dix, le Topor dessinateur, Reiser, Jean Rustin, Cardon, sans oublier la joyeuse bande du mythique Hara-Kiri. Et dans le cinéma, comment ne pas citer Dino Risi et ses propres Monstres, mais aussi plus près de nous le devenu culte désormais C'est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde, Inhumaines est inspiré de faits réels. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existant est totalement volontaire. J'ai simplement forcé un peu le trait. À peine. Et je n'ai d'autre ambition que faire rire, même jaune, à nos propres dépens, à commencer par les miens. Inhumaines est à la vérité ce que le palais des glaces est au réel : exhibant un reflet convexe, parfois concave, rétréci ou agrandi, même s'il déforme, il ne ment jamais. »
DAOUD Kamel
Mes Indépendances
Edited: 201702171327

Février, 2017 / 14,5 x 24,0 / 480 pages / ISBN 978-2-330-07282-7 / prix indicatif : 23,90 €
Journaliste depuis une vingtaine d’années, Kamel Daoud a tenu pendant quinze ans dans Le Quotidien d’Oran la chronique la plus lue d’Algérie, tout en collaborant à divers médias en ligne et en écrivant occasionnellement pour la presse étrangère. Concernant la période 2010-2016, il a ainsi signé près de deux mille textes – d’abord destinés au public algérien puis, sa notoriété grandissant, de plus en plus lus dans le monde entier –, dont cent quatre-vingt-deux ont été retenus pour ce recueil. Ce rythme effréné donne son souffle et son esthétique à l’ensemble.
Qu’il brocarde l’islam politique ou la déliquescence du régime algérien, qu’il embrasse l’espoir suscité par les révolutions arabes ou qu’il défende la cause des femmes, c’est d’une plume originale, imagée, percutante et engagée. Car Kamel Daoud a érigé la chronique en exercice de style, en art de tendre un miroir à ses contemporains tout en s’interrogeant jour après jour, avec ou malgré l’actualité, sur l’homme, les dieux et les libertés.
paru chez Actes Sud

voir notre note du 25/2/2016
FABRE Jérémie, Le Monde Diplomatique, ACRIMED
Wie is eigenaar van de Franse media? (print, TV, radio)
Edited: 201612051261
Een poster van Le Monde Diplomatique brengt de eigendomsstructuren in beeld.

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Le Monde Diplomatique
Wie is eigenaar van de Franse media?
Edited: 201612051261
Een poster van Le Monde Diplomatique brengt de eigendomsstructuren in beeld.

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ERDOGAN Asli
Même le silence n'est plus à toi
Edited: 201611220961
Actes Sud : Communiqué – Aslı Erdoğan
Publié le 22 novembre 2016
Dans la nuit du 16 au 17 août 2016, l’écrivaine et journaliste Aslı Erdoğan a été arrêtée à son domicile et incarcérée. À ce jour, elle est toujours emprisonnée à Istanbul et risque la prison à vie.

« Je continuerai à rapporter tout ce qu’il se passe dans les « Marches pour la Liberté », et cela devant comme derrière les barreaux — y a-t-il encore une différence entre les deux ? »


Le 4 janvier 2017 paraîtra Même le silence n’est plus à toi, recueil de chroniques traduites du turc par Julien Lapeyre de Cabanes.
Ce recueil rassemble vingt-sept textes d’Aslı Erdoğan parus au cours des dix dernières années dans le journal Özgür Gündem, quotidien soutenant les revendications kurdes et dont la 8ème cour criminelle d’Istanbul a ordonné le 16 août, la fermeture et l’arrestation des collaborateurs.

Ces chroniques politiques, réflexions sur l’écriture et l’exil, essais sur les actions gouvernementales, les pesanteurs archaïques et les clichés à l’œuvre dans la vie quotidienne en Turquie, éclaireront le profil d’essayiste engagée d’Aslı Erdoğan et permettront de comprendre pourquoi l’auteur, victime de la chasse aux sorcières déclenchée en juillet 2016, est actuellement en prison.

Son écriture toujours soignée et traversée de fulgurances poétiques trouve ici un autre terrain d’expression que le roman, non moins convaincant.

Relations presse : Emanuèle Gaulier

– e.gaulier@actes-sud.fr – 01 55 42 63 24

« L’écriture est soit un verdict, soit un cri… L’écriture, comme cri, naissant avec le cri… Une écriture à même de susciter un grand cri qui recouvrirait toute l’immensité de l’univers… Qui aurait assez de souffle pour hurler à l’infini, pour ressusciter tous les morts… »

Aslı Erdoğan (dont le patronyme, courant en Turquie, n’a pas de lien avec le président du pays) est née en 1967 et vit à Istanbul. Physicienne de formation, elle a travaillé au Centre européen de recherches nucléaires de Genève. Elle a vécu et travaillé deux ans à Rio de Janeiro.

Romancière et nouvelliste, lauréate de nombreux prix et traduite dans plusieurs langues, Aslı Erdoğan incarne le rayonnement de la nouvelle littérature turque, celle de la génération d’après Orhan Pamuk.

À ce jour, cette intellectuelle engagée est toujours en détention dans la prison stambouliote pour femmes, Barkirköy, et le parquet a réclamé sa détention à vie pour des chefs d’accusation accablants : « propagande en faveur d’une organisation terroriste », « appartenance à une organisation terroriste », « incitation au désordre ».

La date de son procès n’est pas encore connue.

L’arrestation d’Aslı Erdoğan a provoqué une vague d’indignation en Turquie et dans le monde, relayée par de nombreux artistes, intellectuels et écrivains.

Une pétition a été lancée après son arrestation sur le site change.org et a récolté, depuis, plus de 39 000 signatures.

Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, dans le cadre d’un entretien accordé à Livres Hebdo le 10 novembre, a qualifié « d’intolérable » son maintien en détention.

« CETTE LETTRE EST UN APPEL D’URGENCE ! »
Depuis la prison de Bakırköy où elle est détenue, Aslı Erdoğan a fait passer le 1er novembre 2016 un appel d’urgence que voici :

Chers amis, collègues, journalistes, et membres de la presse,

Je vous écris cette lettre depuis la prison de Bakırköy, au lendemain de l’opération policière à l’encontre du journal Cumhuriyet, un des journaux les plus anciens et voix des sociaux démocrates. Actuellement plus de 10 auteurs de ce journal sont en garde-à-vue. Quatre personnes dont Can Dündar (ex) rédacteur en chef, sont recherchées par la police. Même moi, je suis sous le choc.

Ceci démontre clairement que la Turquie a décidé de ne respecter aucune de ses lois, ni le droit. En ce moment, plus de 130 journalistes sont en prison. C’est un record mondial. En deux mois, 170 journaux, magazines, radios et télés ont été fermés. Notre gouvernement actuel veut monopoliser la « vérité » et la « réalité », et toute opinion un tant soit peu différente de celle du pouvoir est réprimée avec violence : la violence policière, des jours et des nuits de garde-à-vue (jusqu’à 30 jours)…

Moi, j’ai été arrêtée seulement parce que j’étais une des conseillères d’Özgür Gündem, « journal kurde ». Malgré le fait que les conseillères, n’ont aucune responsabilité sur le journal, selon l’article n°11 de la Loi de la presse qui le notifie clairement, je n’ai pas été emmenée encore devant un tribunal qui écoutera mon histoire.

Dans ce procès kafkaïen, Necmiye Alpay, scientifique linguiste de 70 ans, est également arrêtée avec moi, et jugée pour terrorisme.

Cette lettre est un appel d’urgence !

La situation est très grave, terrifiante et extrêmement inquiétante. Je suis convaincue que l’existence d’un régime totalitaire en Turquie, secouerait inévitablement, d’une façon ou d’une autre, aussi l’Europe entière. L’Europe est actuellement focalisée sur la « crise de réfugiés » et semble ne pas se rendre compte des dangers de la disparition de la démocratie en Turquie. Actuellement, nous, – auteurs, journalistes, Kurdes, Alévis, et bien sûr les femmes- payons le prix lourd de la « crise de démocratie ». L’Europe doit prendre ses responsabilités, en revenant vers les valeurs qu’elle avait définies, après des siècles de sang versé, et qui font que « l’Europe est l’Europe » : La démocratie, les droits humains, la liberté d’opinion et d’expression…

Nous avons besoin de votre soutien et de solidarité. Nous vous remercions pour tout ce que vous avez fait pour nous, jusqu’à maintenant.

Cordialement,

Aslı Erdoğan

1.11.2016, Bakırköy Cezaevi, C-9

Traduit du turc par Kedistan

Soirée de soutien

Le 12 décembre 2016 à 20h, La Maison de la Poésie accueillera une soirée de soutien et de solidarité à Aslı Erdoğan en présence notamment de Mine Aydoslu, la mère d’Asli Erdoğan, Françoise Nyssen, présidente d’Actes Sud, Timour Muhidine, son éditeur, Pierre Astier, son agent littéraire. Cette soirée sera animée par le journaliste Christian Tortel et la comédienne Sophie Bourel lira des textes du recueil à paraître Même le silence n’est plus à toi.

À lire en avant-première, deux extraits du recueil :

Le Silence même n’est plus à toi

(parution janvier 2017)

Nous sommes coupables

Que faut-il écrire ? Que peut bien faire l’écriture (la tienne), que peut-elle bien mettre en « mots », et au nom de quel monde peut-elle transformer celui-ci ? Jusqu’où peut-elle se baser sur la réalité ? Trois heures du matin, la pluie tombe par intermittences, bientôt à verse. Comme si c’était le bruit des secondes qu’on entendait battre sur le pavé. Je suis à ma place habituelle, dans ma nuit où j’entre comme on se faufile dans une tente. Problèmes « éternels », s’obscurcissant à mesure que l’ombre s’étend, pris dans l’étroit défilé qui coupe toute issue… « L’écriture est soit un verdict, soit un cri. »

Mot tant de fois prononcé, il lui arrive parfois de s’accrocher à l’homme telle une anaphore, de l’éparpiller entre ciel et terre. Puis il le jette subitement dehors, et l’abandonne sur les rives du silence. L’écriture, comme cri, naissant avec le cri… Une écriture à même de susciter un grand cri qui recouvrirait toute l’immensité de l’univers… Qui aurait assez de souffle pour hurler à l’infini, pour ressusciter tous les morts… Quel mot peut reprendre et apaiser le cri de ces enfants arméniens jetés à la fosse ? Quels mots pour être le ferment d’un monde nouveau, d’un autre monde où tout retrouverait son sens véritable, sur les cendres de celui-ci ?

Les limites de l’écriture, limites qui ne peuvent être franchies sans incendie, sans désintégration, sans retour à la cendre, aux os et au silence… Si loin qu’elle puisse s’aventurer dans le Pays des Morts, l’écriture n’en ramènera jamais un seul. Si longtemps puisse-t-elle hanter les corridors, jamais elle n’ouvrira les verrous des cellules de torture. Si elle se risque à pénétrer dans les camps de concentration où les condamnés furent pendus aux portes décorées et rehaussées de maximes, elle pressent qu’elle n’en ressortira plus. Et si elle en revient pour pouvoir le raconter, ce sera au prix de l’abandon d’elle-même, en arrière, là-bas, derrière les barbelés infranchissables… Face à la mort, elle porte tous les masques qu’elle peut trouver. Lorsqu’elle essaie de résonner depuis le gouffre qui sépare les bourreaux des victimes, ce n’est que sa propre voix qu’elle entend, des mots qui s’étouffent avant même d’atteindre l’autre bord, avant les rives de la réalité et de l’avenir… La plupart de temps, elle choisit de rester à une distance relativement sûre, se contentant peut-être, pour la surmonter, de la responsabilité du « témoignage »…

Aussi excessivement facile, tardif et vain que cela soit, il faut le dire explicitement : nous sommes coupables. Nous avons commis, dans ce pays, un crime atroce ; ceux qui en ont été les victimes ont trouvé ces mots pour le nommer, « Grande Catastrophe », nous avons éradiqué un peuple. Après avoir appelé les hommes à combattre dans nos armées, nous avons massacré à la pelle leurs femmes et leurs enfants, en les faisant marcher le ventre vide sur des routes interminables. Mais le crime des hommes est dans leurs actes autant que dans leur façon de les assumer. En niant nos agissements, nous avons commis un crime plus grand encore, en refusant de regarder cette femme qui nous appelait à l’aide, cette pauvre femme prise dans l’un des cortèges qu’on envoyait à la mort, cette femme qui depuis 99 ans nous fait désespérément signe… Voilà le pire crime, car c’est voler à un être humain jusqu’à ses traumatismes. Accuser la victime de mensonge, c’est rejeter le crime sur ceux qui en sont les martyrs… Voilà sans doute pourquoi nos terres sont couvertes de fosses, que nous creusons et refermons sans cesse. Jonchées d’os, de cendres, de silence… Nous ne sommes pas capables ni de regarder dans les yeux cette femme battue à mort puis jetée sur le bord de l’autoroute, ni les restes du squelette du partisan… Nous vieillissons pour oublier, oublions en assassinant, et oublions sans cesse que ces cadavres, nous les portons en nous.

Faire face est tout autre chose qu’accepter. C’est être capable d’affronter le regard des victimes, savoir leur laisser la parole. Il est peut-être trop tard, bien trop tard pour les morts, mais laissons ceux qui en ont réchappé nous la raconter, cette Grande Catastrophe. Nous, qui sommes désormais un autre « nous ».

Un dernier mot avant le 1er mai : la place Taksim est à nous, ceux qui y sont morts à tout le monde… Chaque fois que nous marcherons vers cette place méconnaissable, malgré les matraques, les canons à eau, les lacrymos, chaque fois que nous en prendrons le chemin, elle sera « à nous ».
Delion Pierre, Coupechoux Patrick
Mon combat pour une psychiatrie humaine
Edited: 201608310817
Dans les quarante années qui ont suivi la Libération, notre pays a connu une révolution en psychiatrie. Pour la première fois, on a considéré les malades mentaux comme des êtres humains à part entière, et l’on a inventé une nouvelle psychiatrie que l’on a qualifiée de « désaliéniste » car elle entendait en finir avec l’asile et l’enfermement. La vie professionnelle de Pierre Delion, Professeur de psychiatrie, ancien chef du service de pédo-psychiatrie du CHRU de Lille, se confond avec cette révolution dont il a été l’un des principaux acteurs. Il la raconte ici, au cours d’un entretien, et son récit nous guide à travers cette période créatrice, pleine de contradictions et d’extraordinaires progrès. Il nous fait découvrir, de l’intérieur, que la psychothérapie institutionnelle, ancrée dans la révolution du secteur, constitue la psychiatrie, une discipline scientifique située au carrefour de la biologie, des neurosciences et des sciences humaines. Et nous apprend, de manière parfois saisissante, ce qu’est une pratique désaliénéniste dans la vie quotidienne pour expliquer que le soin, c’est la relation avec le patient, et que celle-ci ne se construit que si l’on est ouvert sur le monde. Cette psychiatrie existe, pour les adultes comme pour les enfants – en particulier les enfants autistes – : elle a été le combat de sa vie, comme le raconte son livre, et il est urgent de la défendre, parce qu’elle est en danger.
Paru le 31 août 2016. Essai (broché)
Libé
Panama Papers: journalisten Le Monde krijgen van Algerije geen visum om PM Valls te vergezellen op diens officieel bezoek
Edited: 201604081946
Le Monde heeft de minister van Industrie en Mijnen, Abdeslam Bouchouareb, genoemd als houder van rekening in Zwitserland. President Abdelaziz Bouteflika werd ook vermeld op de voorpagina van de krant.
Persvrijheid en vrije berichtgeving liggen moeilijk in islamitische landen en dictaturen, blijkbaar omdat men er geen onderscheid kan maken tussen de diverse machten die in een democratische rechtstaat actief zijn. In dictaturen is de controle allesomvattend. De nazi's duidden dat aan met het adjectief 'allumfassend' en 'Gleichschaltung' (alle Vereine, Institutionen und Organisationen dazu zwingen, die Ideologie der Regierung zu vertreten).



LT
Natalie Nougayrède over de wortels van het terrorisme - Een kleine rechtzetting over Congo
Edited: 201604041422
Nougayrède - voormalig hoofdredacteur van Le Monde - schrijft in een column in The Guardian (overgenomen door De Standaard dd. 20160404) het volgende:
'Men verwijst ook naar het koloniale verleden van Frankrijk. Gilles Kepel, een Franse expert in het domein, heeft het over een 'retrokoloniaal tijdperk', waarin jonge Franse moslims van Noord-Afrikaanse afkomst zich op historische grieven beroepen waar hun ouders of grootouders zich overheen hebben gezet. Maar dat verklaart het probleem in België niet, het land met het grootste aantal Syriëstrijders per hoofd van de bevolking. België heeft immers nooit islamitische landen gekoloniseerd.'
Dat laatste is een sterke (journalistieke) vereenvoudiging van de situatie in Belgisch Congo. Ook in Oost-Congo was er een islamitische minderheid aanwezig.
Zie hierover het flamboyante boek van Léon Anciaux, Le Problème Musulman en Afrique Belge (1949)
Daarnaast moet men niet vergeten dat Leopold II de 'Etat Indépendant du Congo' vestigde onder het mom van het brengen van beschaving en het bestrijden van de Arabische slavenhandel.
Tenslotte: België leverde tijdens de Algerijnse onafhankelijkheidsstrijd Algerijnen in het grootste geheim uit aan Frankrijk; het Belgische asielbeleid van toen was op zijn minst schimmig te noemen. Zie hierover Allah weent om Algiers. Algerije tussen militaire en islamitische dictatuur.
Om jongeren te radicaliseren hoef je geen historicus te zijn. Een samenraapsel van hele en halve waarheden, vermengd met regelrechte leugens en verzwegen gruwelijkheden kan in achtergestelde en ongeschoolde middens de vonk snel doen overslaan. Dat is een constante in de geschiedenis.
Akram Belkaïd dans Le Quotidien d'Oran (Algérie)
Une guerre hybride appelée à durer
Edited: 201603240314
Les attentats de Bruxelles viennent de rappeler plusieurs vérités qu'il ne sert à rien d'éluder. Ces événements dramatiques nous disent que le terrorisme qui endeuille régulièrement le monde, et pas simplement l'Europe, ne va pas disparaître du jour au lendemain. Malgré les promesses et les déclarations martiales des politiciens, malgré les lois liberticides, malgré le « toujours plus » en matière de législation d'exception, ces tueries qui tétanisent les opinions publiques vont continuer.

Elles vont se répéter tant que la situation restera ce qu'elle est au Proche-Orient et notamment en Syrie et en Irak. Dans son ranch du Texas où il peint à ses heures perdues, l'ancien président américain George W. Bush doit être satisfait de son œuvre magistrale. L'invasion de l'Irak en 2003 continue de tuer. Ses conséquences directes et indirectes tuent en Irak mais aussi en Syrie et ailleurs en Europe. A Londres il y a plus de dix ans, à Paris en novembre et à Bruxelles il y a quelques jours. Dans un monde idéal, cet homme devrait être poursuivi par la justice internationale. Mais passons.

Le terrorisme va perdurer parce que, contrairement à ce que racontent des hommes politiques aux affaires - responsables dont il est désormais aisé de constater l'incompétence -, ce n'est pas par « haine de la liberté et de la démocratie » que les terroristes de Daech tuent. Ce n'est pas par « haine de ce qu'est la société occidentale » qu'ils font exploser des bombes. Ces gens-là rendent coup pour coup. Ils sont inscrits dans un projet de création d'une entité politique et religieuse qui a trouvé les forces occidentales sur son chemin. Autrement dit, le terrorisme durera et continuera de frapper l'Europe tant que la Syrie et l'Irak seront confrontés aux ambitions territoriales et religieuses de l'Organisation de l'Etat islamique (OEI).

Ce qui se déroule actuellement en Europe sur ce front invisible et mouvant où des cellules plus ou moins dormantes tentent de prendre de vitesse les services de sécurité n'est pas une guerre classique. Mais ce n'est pas non plus « que » du terrorisme. C'est une guerre hybride. La projection d'un conflit qui se déroule à des milliers de kilomètres de Bruxelles ou de Paris et où des armées européennes sont impliquées. Il y a une dimension politique dans cette bataille qu'il serait dangereux d'éluder. Là-bas, des civils meurent aussi, tous les jours, sous les bombes qu'elles soient russes, syriennes ou occidentales. Pour ceux qui veulent embraser l'Europe, ces victimes sont le symétrique des morts de Bruxelles ou de Paris. C'est une pensée qui peut paraître irrationnelle ou illogique mais c'est ainsi, et il faut en tenir compte. Pour sortir de cette nasse mortifère, les Européens doivent absolument peser pour que la paix revienne en Syrie et en Irak. Cela signifie faire pression sur des puissances régionales au jeu plus que trouble parmi lesquelles l'Arabie saoudite et la Turquie. Cela signifie, on peut toujours rêver, l'urgence de décréter un embargo général sur les armes pour cette région.

Ce terrorisme, ce bruit continu des sirènes, cette peur diffuse qui s'installe avant que la vie ne reprenne ses droits jusqu'au prochain attentat, ce terrorisme donc ne va pas disparaître parce qu'il peut se développer sur le double terreau de la misère sociale et du désarroi identitaire. La lecture attentive des profils et des itinéraires des individus responsables de cette actualité sanglante depuis plusieurs années est édifiante. Elle met en exergue non pas l'échec de l'intégration des populations d'origine maghrébine ou subsaharienne mais, en réalité, l'abandon, délibéré ou non, et l'absence de volonté de les intégrer. Que peut-on attendre de bon quand des populations entières sont oubliées, ghettoïsées durant plusieurs décennies et livrées au premier prêcheur venu ?

Les attentats continueront tant qu'il subsistera aussi une certaine indulgence à l'égard des criminels qui en sont les auteurs. Il suffit de relever les réactions des uns et des autres pour découvrir, effaré, que les théories du complot n'ont jamais été aussi populaires. Par classes entières, des adolescents sont convaincus que les attentats de Paris ou de Bruxelles ne sont pas l'œuvre de Daech. Leurs aînés sont encore plus virulents dans la dénonciation de ce qui ne serait qu'une immense manipulation américano-sioniste. Tant que la réalité sera niée par les populations de confession ou de cultures musulmanes, les brèches dans la raison commune persisteront et il se trouvera toujours des gens pour attenter sans aucun remord à la vie d'autrui.

L'Europe de l'Ouest va au-devant de jours difficiles. La cohésion de ce continent, le « vivre-ensemble » de ses multiples composantes humaines, son modèle social, tout cela est menacé. La réponse sécuritaire est nécessaire. On notera d'ailleurs qu'elle est minée par un manque de moyens qui résulte de décennies de politiques économiques bâties autour du culte de la réduction des dépenses publiques et de la nécessaire rémunération des actionnaires (sinon comment expliquer que des aéroports et des gares rechignent à installer des portiques et des scanners et cela contrairement à ce qui existe en Asie ou en Afrique ?).

Mais la force seule ne suffira pas. On attend encore la révolution que constituerait une remise en cause rigoureuse des politiques d'intervention des Européens au Proche-Orient. Cela, en attendant aussi un règlement de la question palestinienne qui demeure la mère de toutes les frustrations dans le monde arabe et au sein des communautés européennes d'origine maghrébine ou proche-orientale.
Islamization and Demographic Denialism in France
Edited: 201603141661
by Michel Gurfinkiel
PJ Media
March 14, 2016

Excerpt of an article originally published under the title "Latest Survey Finds 25% of French Teenagers Are Muslims."

One of the most striking cases of reality denial in contemporary France is demography: issues like birthrate, life expectancy, immigration, and emigration. On the face of it, you can hardly ignore such things, since they constantly reshape your environment and your way of life. Even without resorting to statistics, you are bound to perceive, out of day-to-day experience, what the current balance is between younger and older people, how many kids are to be found at an average home, and the ethnicity or religion of your neighbors, or the people you relate to at work or in business.

The French elites, both on the right and left, managed for five decades at least to dismiss the drastic demographic changes that had been taking place in their country, including the rise of Islam, since they clashed with too many political concepts – or fantasies – they had been brainwashed into accepting: the superiority of the "French social model;" the unique assimilative capacity of French society; equality for equality's sake; the primacy of individual values over family values; secularism; francophonie, or the assumption that all French-speaking nations in the world were a mere extension of France, and that all nations that defined themselves as "Francophone" did speak French or were subdued by French culture; and finally la politique arabe et islamique de la France, a supposed political and strategic affinity with the Arab and Muslim world.

Until 2004, compilation of ethnic, racial, and religious statistics was prohibited under French law.

One way for the elites to deny demographics was to reject ethnic-related investigation on legal or ethical grounds. Until 2004, ethnic, racial, and religious statistics were not allowed under French law – ostensibly to prevent a return of Vichy State-style racial persecutions. Even as the law was somehow relaxed, first in 2004 and again in 2007, many statisticians or demographers insisted on retaining a de facto ban on such investigations.

The issue turned into a nasty civil war among demographers, and especially within INED (the French National Institute for Demographic Studies) between a "classic" wing led by older demographers like Henri Léridon and Gérard Calot and then by the younger Michèle Tribalat, and a liberal or radical wing led by Hervé Le Bras.



Michèle Tribalat
In a recent interview with the French weekly Le Point, Tribalat dryly observed that the "well-connected" Le Bras described her as "the National Front Darling," an assertion that "destroyed her professional reputation." The son of a prestigious Catholic historian, Le Bras is indeed a very powerful man in his own right, who managed throughout his own career to accumulate tenures, honors, and positions of influence both in France and abroad.

The irony about his accusation against Tribalat is that, while intent to discuss the issue of immigration, she is an extremely cautious and conservative expert when it comes to actual figures. She has always tended to play down, in particular, the size of the French Muslim community.

In 1997, I observed in an essay for Middle East Quarterly that figures about French Islam were simply chaotic: there was too much discrepancy between sources:

The Ministry of Interior and Ined routinely speak of a Muslim population in France of 3 million. Sheikh Abbas, head of the Great Mosque in Paris, in 1987 spoke of twice as many – 6 million. Journalists usually adopt an estimate somewhere in the middle: for example, Philippe Bernard of Le Monde uses the figure of 3 to 4 million. The Catholic Church, a reliable source of information on religious trends in France, also estimates 4 million. Arabies, a French-Arab journal published in Paris, provides the following breakdown: 3.1 million Muslims of North African origin, 400,000 from the Middle East, 300,000 from Africa, 50,000 Asians, 50,000 converts of ethnic French origin, and 300,000 illegal immigrants from unknown countries. This brings the total to 4.2 million. One can state with reasonable certainty that the Muslim population of France numbers over 3 million (about 5 percent of the total French population) and quite probably over 4 million (6.6 percent).
Nineteen years later, accuracy has hardly improved in this respect. All sources agree that France as a whole underwent a moderate demographic growth: from 57 to 67 million, a 15% increase. (Throughout the same period of time, the U.S. enjoyed a 22% population increase, and China, under a government-enforced one-child policy, a 27% increase.) All sources agree also that there was a much sharper increase in French Muslim demographics – and that, accordingly, the moderate national growth may in fact just reflect the Muslim growth.

For all that, however, there are still no coherent figures about the Muslim community. According to CSA, a pollster that specializes in religious surveys, 6% of the citizens and residents of France identified with Islam in 2012: about 4 million people out of 65 million. IFOP, a leading national pollster, settled for 7% in 2011: 4.5 million. Pew concluded in 2010 a figure of 7.5%: 4.8 million. The CIA World Factbook mentioned 7% to 9% in 2015: from 4.6 to almost 6 million out of 66 million. INED claimed as early as 2009 an 8% figure: 5.1 million. Later, INED and French government sources gave 9% in 2014: 5.8 million.

Over two decades, the French Muslim population is thus supposed to have increased by 25% according to the lowest estimations, by 50% according to median estimations, or even by 100% if one compares the INED and government figures of 1997 to those of 2014, from 3 million to almost 6 million.

This is respectively almost two times, three times, or six times the French average population growth.

An impressive leap forward, whatever the estimation. But even more impressive is, just as was the case in 1997, the discrepancy between the estimates. Clearly, one set of estimates, at least, must be entirely erroneous. And it stands to reason that the lowest estimates are the least reliable.

First, we have a long-term pattern according to which, even within the lowest estimates, the Muslim population increase is accelerating. One explanation is that the previous low estimates were inaccurate.

Second, low estimates tend to focus on the global French population on one hand and on the global French Muslim population on the other hand, and to bypass a generational factor. The younger the population cohorts, the higher the proportion of Muslims. This is reflected in colloquial French by the widespread metonymical substitution of the word "jeune" (youth) for "jeune issu de l'immigration" (immigrant youth), or "jeune issu de la diversité" (non-European or non-Caucasian youth).

According to the first ethnic-related surveys released in early 2010, fully a fifth of French citizens or residents under twenty-four were Muslims.

Proportions were even higher in some places: 50% of the youth were estimated to be Muslim in the département (county) of Seine-Saint-Denis in the northern suburbs of Paris, or in the Lille conurbation in Northern France. A more recent survey validates these numbers.

Once proven wrong, deniers do not make amends. They move straight from fantasy to surrender.

An investigation of the French youths' religious beliefs was conducted last spring by Ipsos. It surveyed nine thousand high school pupils in their teens on behalf of the French National Center for Scientific Research (CNRS) and Sciences Po Grenoble.

The data was released on February 4, 2016, by L'Obs, France's leading liberal newsmagazine. Here are its findings:

38.8% of French youths do not identify with a religion.
33.2% describe themselves as Christian.
25.5% call themselves Muslim.
1.6% identify as Jewish.
Only 40% of the young non-Muslim believers (and 22% of the Catholics) describe religion as "something important or very important."
But 83% of young Muslims agree with that statement.
Such figures should deal the death blow to demographic deniers. Except that once proven wrong, deniers do not make amends. Rather, they contend that since there is after all a demographic, ethnic, and religious revolution, it should be welcomed as a good and positive thing. Straight from fantasy to surrender.

Michel Gurfinkiel, a Shillman-Ginsburg Fellow at the Middle East Forum, is the founder and president of the Jean-Jacques Rousseau Institute, a conservative think tank in France.
news
Algerijns journalist en schrijver Daoud trekt zich terug uit islam-debat
Edited: 201602250117
De Algerijn Kamel Daoud (45) trekt zich terug uit het publieke debat. De schrijver is beticht van „islamofobie” en „koloniaal paternalisme”.

Hij had o.m. geschreven: "met de instroom van migranten uit het Midden-Oosten en Afrika, doet de pathologische relatie van sommige Arabische landen met vrouwen zijn intree (sic, LT) in Europa".

lees het volledige bericht in NRC

lees het bericht in le Quotidien d'Oran

lire l'article osé de Kamel Daoud dans Le Monde 31/1/2016


lire la lettre ouverte des 'scientifiques' dans Le Monde du 11 février 2016
Et voici les noms de ces 'scientifiques': Noureddine Amara (historien), Joel Beinin (historien), Houda Ben Hamouda (historienne), Benoît Challand (sociologue), Jocelyne Dakhlia (historienne), Sonia Dayan-Herzbrun (sociologue), Muriam Haleh Davis (historienne), Giulia Fabbiano (anthropologue), Darcie Fontaine (historienne), David Theo Goldberg (philosophe), Ghassan Hage (anthropologue), Laleh Khalili (anthropologue), Tristan Leperlier (sociologue), Nadia Marzouki (politiste), Pascal Ménoret (anthropologue), Stéphanie Pouessel (anthropologue), Elizabeth Shakman Hurd (politiste), Thomas Serres (politiste), Seif Soudani (journaliste).


lire la réponse de Kamel Daoud dans Le Monde du 20 février 2016

Commentaar LT: Kamel Daoud neemt de vrijheid om het onderdrukkende element van de islam aan te klagen. Hij maakt gebruik van de vrijheid van meningsuiting. Hij wil vrij zijn. Dat zegt en schrijft hij ook uitdrukkelijk en met verve. Hij spreekt vanuit zijn eigen ervaring, zijn doorleefd verlangen naar een leven met zin, een zinvol leven waarin hij eigen accenten mag leggen. Je kan niet zeggen dat deze man het zichzelf gemakkelijk heeft gemaakt. Dat is nu eenmaal het lot van zij die vrij willen zijn en er ook iets aan doen. Dat hij daarmee tegen de kar rijdt van diegenen die geen enkele ingenomen egelstelling willen verlaten, is normaal.
Er is een schrijnende parallel met het zwijgen van Albert Camus. Camus plooide voor de haatcampagne van Sartre en De Beauvoir (Les Mandarins de Paris) en trok zich terug in Lourmarin.
Zoals bij Camus zit ook hier weer waarschijnlijk veel jaloezie in het spel: te vlug een ster-auteur, teveel media-aandacht, teveel prijzen, te bekend. Dan slaat het academisch gespuis vanuit de ivoren toren terug met bakken pseudo-wetenschappelijk gewauwel. Dat er een diepe kloof bestaat tussen een vrouw-onderdrukkende islam en een gelaïsciseerd Westen, is zonder meer waar. Wie dat ontkent maakt zichzelf wat wijs, maar erger ... wordt medeplichtig aan de onderdrukking. Er is een kafkaiaanse toestand ontstaan rond het begrip 'progressief'. De gelijkheid tussen man en vrouw erkennen en propageren, dat noem ik progressief vooruit-gaan. Gisteren (en vandaag) was het nodig de rooms katholieke kerk daarover aan te pakken, waarom zouden we dan onze mond houden als de islam in hetzelfde bed ziek is?
Het is mogelijk dat mijn mening niet de uwe is, maar weet dat ik de uwe respecteer zelfs al vergist u zich.



PIKETTY Thomas in Le Monde
India wordt de grootste wereldspeler in de XXIste eeuw
Edited: 201601161042
P. wijst demografische en politieke redenen aan die in het voordeel van India spelen. China daarentegen blijft een land met vele onzekere factoren: dictatuur met ondecodeerbare politieke recepten, geen persvrijheid, verouderende bevolking.

link naar het artikel in Le Monde
AFP - La Libre
Procès Hervé Falciani - HSBC - SwissLeaks
Edited: 201512120108
Procès HSBC-Suisse: Hervé Falciani condamné par défaut à 5 ans de prison
Publié le 27 novembre 2015 à 17h06


L'ex-informaticien de la banque HSBC-Suisse, Hervé Falciani, a été condamné pour espionnage économique par la justice suisse, qui ne le considère pas comme un lanceur d'alerte comme il l'affirme.

La décision du Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone (canton du Tessin), a été annoncée vendredi, trois semaines après la fin du procès d'Hervé Falciani, qui a eu lieu en son absence du 2 au 6 novembre.

Selon le tribunal, Hervé Falciani, qui a subtilisé des dizaines de milliers de documents bancaires à son ex-employeur, s'est rendu coupable d'espionnage économique et a été condamné à ce titre à cinq ans de prison.

Le responsable du scandale "Swissleaks" n'a assisté ni au procès ni à la lecture de la décision, car il a indiqué à plusieurs reprises ne faire aucune confiance à la justice suisse.

Hervé Falciani était poursuivi pour plusieurs motifs, dont l'espionnage économique. Il a en revanche été acquitté d'autres chefs d'accusation, comme celui de la violation du secret commercial.

Etant français et domicilié en France, Hervé Falciani ne peut être extradé.

Ce jugement n'est pas définitif, et un recours peut être intenté devant le Tribunal fédéral, la plus haute instance juridique suisse.

Dès l'annonce du verdict, la banque HSBC s'est "félicitée" de cette décision.

"HSBC a toujours soutenu qu'Hervé Falciani avait dérobé des informations confidentielles relatives aux clients de la banque d'une manière systématique dans le seul but de les revendre pour son propre enrichissement. Les témoignages reçus par le tribunal démontrent que les intentions de Hervé Falciani n'étaient pas celles d'un lanceur d?alertes", a indiqué la banque dans un communiqué.

- Des évadés fiscaux par milliers -

L'avocat de la banque a en outre affirmé à l'AFP que dans le résumé de sa décision, le "Tribunal pénal fédéral a estimé que Hervé Falciani avait agi par appât du gain", sans autre précision.

La sanction prononcée par le TPF est cependant inférieure à ce qu'avait demandé dans son réquisitoire le procureur Carlo Bulletti, qui avait prôné une peine de six ans de prison.

L'avocat commis d'office d'Hervé Falciani, Me Marc Henzelin, avait plaidé pour son client une peine compatible avec le sursis.

Les révélations d'Hervé Falciani ont permis de découvrir des milliers d'évadés fiscaux dans le monde qui avaient ouvert des comptes non déclarés auprès de la banque genevoise HSBC.

Parmi les riches contribuables accusés d'avoir fraudé le fisc de leur pays et à avoir été rattrapés par la justice grâce aux listes Falciani, figurent Arlette Ricci, 73 ans, héritière des parfums Nina Ricci, et le banquier Emilio Bottin, condamné à payer 299 millions d'euros au fisc espagnol.

Selon l'avocat de la banque HSBC, Hervé Falciani a commis le "plus grand pillage d'une banque jamais commis dans le monde". "L'ex-informaticien s'est approprié l'équivalent de 76 gigabits de données brutes, l'équivalent du contenu de 5.300 grands classeurs", avait déclaré l'avocat au moment du procès.

Le défenseur d'Hervé Falciani avait de son côté dénoncé les failles du système de sécurité de la banque, qui avaient permis à son client de récolter autant de données.

"Au niveau international, on est en train d'abandonner le secret bancaire. On juge un combat d'arrière-garde", avait encore asséné l'avocat.

La Suisse abandonnera définitivement le secret bancaire en 2017, promettant de livrer tous les ans aux autorités fiscales des clients étrangers des banques suisses toutes les informations sur leurs comptes.

© 2015 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.
RTS - Radio Télévision Suisse
Interview 2012 avec Jean Ziegler, un homme vrai et sincère - A REVOIR !
Edited: 201512120054


Ziegler témoigne entre autre sur:
La faim dans le monde;
2,2 million d'enfants en Espagne ont faim;
L'argent de sang dans les banques suisses;
Le rôle du Crédit Suisse;
L'argent et les crimes de Mobutu au Congo;
L'argent criminelle placé en Suisse;
Son passage au Katanga (1962);
L'Egypte et l'argent de Mubarak (682 millions de FS);
L'argent du Yemen en Suisse;
Les crimes d'Assad ("l'incarnation du mal") en Syrie;
Le rôle du Conseil Fédéral en Suisse;
etcetera.

A propos du procès HSBC-Suisse (SwissLeaks): Hervé Falciani fut condamné par défaut à 5 ans de prison le 20151127.

"En Suisse on est passé de la négation à la répression (les procès) et puis à l'arrogance sans masque vis-à-vis la fraude fiscale et l'argent criminelle."
"La jungle avance en Europe."

Pour information, voici comment le système politique suisse fonctionne. On peut dire qu'il prend la forme de Directoire.
Le Conseil fédéral est l'organe exécutif de la Confédération suisse. Il est formé de sept membres, élus ou réélus — le même jour mais l'un après l'autre — pour un mandat de quatre ans renouvelable par l'Assemblée fédérale. Traditionnellement, un conseiller fédéral est réélu jusqu'à sa démission et les cas de non-réélection sont extrêmement rares (quatre entre 1848 et 2007).

Chacun des membres du Conseil est responsable de l'un des sept départements de l'administration fédérale mais le conseil lui-même fonctionne selon le principe de la collégialité. Le président de la Confédération est élu en son sein par l'Assemblée fédérale pour un an. Celui-ci est un primus inter pares avec un simple rôle de représentation. Son élection se fait traditionnellement par rotation (tournus) sur base de l'ancienneté entre les membres. (src: wiki, 20151212)
Le Monde
Burger King autorisé à avaler Quick en France
Edited: 201512110226
Dans son communiqué, l’Autorité de la concurrence rappelle :
« Burger King France anime sur le territoire français un réseau de 30 restaurants à l’enseigne Burger King dont dix sont détenus en propre et vingt sont exploités par des franchisés (…) Le groupe Quick anime un réseau de 405 établissements de restauration rapide en France dont la très grande majorité est exploitée en franchise. »


Omzetcijfers mondiaal (2013):
McDonald's: 93 mia $
Burger King: 2,3 mia $
Quick: 1,07 mia $
Le Monde
Bernard Tapie moet 404 miljoen euro terugbetalen in de zaak Adidas maar maakte nog vlug al zijn activa over aan een gerechtelijk beheerder
Edited: 201512080900
Le Monde révèle mardi matin qu'il avait pris soin, avant la décision de la Cour d'appel de Paris, de confier l'ensemble de ses actifs à un administrateur judiciaire dans le cadre d'une procédure de sauvegarde. (MetroNews)
La procédure de sauvegarde est une procédure collective qui protège les entreprises en difficulté en suspendant le paiement de dettes à l'ouverture de la procédure. Elle a été introduite en droit français par la loi 2005-845 du 26 juillet 2005. (wiki)
Pervenche BERES Députée européenne S&D, membre de la Commission spéciale TAXE , Karine BERGER Députée socialiste , Jean-Paul Fitoussi Economiste , Yann Galut Député socialiste , Pierre-Alain MUET Député socialiste , Thomas Piketty Economiste , Romano PRODI Ancien Premier ministre italien et ancien président de la Commission européenne , Sergio Cofferati Rapporteur du Parlement européen sur la directive droits des actionnaires , Emmanuel Maurel Député européen S&D, membre de la Commission spéciale TAXE , Gianni Pittella Président du Groupe S&D au Parlement européen
Lettre ouverte: Un an après LuxLeaks, rien n’a changé. L’Union européenne a besoin d’un nouveau départ pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales.
Edited: 201511041427
Le 5 novembre 2014, un groupe de journalistes internationaux révélait que plus de 300 multinationales avaient conclu entre 2002 et 2010 des accords secrets - rescrits fiscaux -au Luxembourg dans le but de réduire drastiquement le montant de leurs impôts.

Le scandale LuxLeaks est né ce jour-là. L’ampleur de la tromperie a suscité l’indignation dans le monde entier. Des géants économiques qui réalisent des milliards d’euros de chiffre d’affaires sont parvenus à payer jusqu’à moins de 1 % d’impôts sur les bénéfices transférés au Grand-Duché alors que le petit commerçant ou le citoyen européen - qui n’a pas la chance de bénéficier de tels avantages - subissait de plein fouet cette concurrence déloyale.

Au sein de ce grand marché intérieur, les Etats membres de l’Union européenne pratiquent donc allègrement la concurrence fiscale. Leur imagination est débordante lorsqu’il s’agit d’offrir une variété d’avantages fiscaux pour attirer des entreprises. Ils augmentent ainsi artificiellement leurs revenus et siphonnent une partie des revenus fiscaux de leurs partenaires européens. De l’argent que ces pays auraient pu investir dans des services publics de qualité, des hôpitaux ou des écoles.

Un an s’est écoulé. Rien n’a vraiment changé à l’exception de quelques annonces. L’Europe déçoit. Elle déçoit ses citoyens et ses entreprises. Le 6 octobre, par exemple, les ministres européens des Finances avaient l’opportunité de tirer enfin les leçons du LuxLeaks. Las, leur accord sur l’échange automatique des rescrits fiscaux est bien en-deçà des ambitions de la proposition originale de la Commission européenne. La transparence sur ces accords secrets n’aura donc pas lieu.

Cette situation sape grandement la base fiscale des Etats membres et met à mal le projet européen. Le temps presse. Le marché intérieur ne peut fonctionner de manière efficace qu’en s’appuyant sur un système d’imposition des sociétés transparent et coordonné. Le statu quo n’est pas une option.

L’Union européenne doit s’assurer que les multinationales paient leurs impôts là où elles réalisent leurs profits. Nous demandons des réformes ambitieuses pour réduire la fraude fiscale, combler les trous dans la législation, sanctionner les paradis fiscaux et pour combattre la corruption et le blanchiment d’argent. Nous devons améliorer la transparence et la coopération transfrontière.

Dans ce contexte, nous appelons les Etats membres à soutenir la proposition de «reporting pays par pays» actuellement en discussion dans le cadre de la directive sur les droits des actionnaires. Il s’agit d’obliger les entreprises cotées en Bourse à rendre publiques des informations sur leurs activités et les impôts qu’elles paient dans tous les pays où elles sont actives. Cette mesure permettrait aux autorités fiscales, aux investisseurs, y compris aux citoyens, d’agir en cas de comportement inapproprié ou illicite. Les banques européennes sont aujourd’hui soumises à ces exigences de transparence. Elles n’ont pas entamé leur compétitivité comme l’ont démontré les recherches conduites par la Commission européenne.

Un an après le scandale LuxLeaks, les citoyens européens et les entreprises attendent des résultats concrets. Un accord sur le «reporting pays par pays» représenterait un pas en avant important dans la lutte contre l’évasion et l’évitement fiscaux. Il est grand temps de mettre en place un système fiscal plus juste et plus transparent en Europe. Il s’agit là d’une condition essentielle pour que l’Europe retrouve le chemin d’une croissance économique soutenue. Les enjeux ne sauraient être plus importants.
Boualem Sansal
Auteur de '2084' dans un interview avec Marianne: 'Le temps des Arabes est en toute vraisemblance historiquement fini. Depuis les indépendances, ils n'ont même pas su vivre sur la rente royale (pétrole, soleil, tourisme...) que la nature et l'histoire leur ont offerte en abondance.'
Edited: 201511041311

Marianne : Pensez-vous que les totalitarismes de demain seront de nature théocratique, à la différence de ceux du XXe siècle, le nazisme et le stalinisme, qui furent d'abord antireligieux ?
Boualem Sansal : De quoi demain sera-t-il fait ? Mon idée est faite : à moins d'une révolution puissante des idées et des techniques qui viendrait changer positivement le cours calamiteux des choses, nous nous dirigeons, hélas, très probablement vers des systèmes totalitaires religieux. L'islam radical est déjà pleinement engagé dans la réalisation de cette transformation. Il a redonné vie et force à l'islam, assoupi depuis des siècles, six au moins, et un formidable désir de puissance, de conquête et de revanche aux musulmans épuisés par ces longs siècles d'appauvrissement culturel, économique et politique, aggravé à partir du XIXe siècle par le rouleau compresseur de la colonisation puis par des décennies de dictature postindépendance stérilisante. Sa jeunesse, la détermination de ses stratèges, la foi inaltérable de ses fidèles, la fougue et le goût du sacrifice de ses militants, feront la différence face aux tenants de l'ordre actuel, à leur tour atteints d'atonie, voire de déclin. Installé, rodé et perfectionné, le système ressemblerait assez à celui que je décris dans 2084. Il est possible que les intégristes des autres confessions se fondent dans le mouvement islamiste pour former avec lui le nouveau peuple élu, car aucune des religions du Livre ne peut accepter de se voir péricliter et disparaître, toutes ont besoin d'un pouvoir fort capable de maintenir Dieu sur son trône divin et de protéger son clergé.

Il n'y a plus de totalitarisme politique à l'horizon, seulement des totalitarismes théocratiques. C'est la nouveauté - effrayante - de ce début de XXIe siècle. Croyez-vous à une dérive d'une défaite planétaire de la politique, de l'espoir politique, des Lumières, d'une dépolitisation généralisée ?
B.S. : Je pense qu'on peut parler d'une défaite globale, en tout cas d'un épuisement profond de la pensée et des systèmes politiques issus des Lumières qui ont structuré et animé le monde ces derniers siècles. Les peuples n'en peuvent tant ni plus longtemps de ce marasme qui les réduit à rien et tue en eux et autour d'eux l'espoir d'une vie meilleure, ils sont demandeurs d'un nouvel ordre, fort, exigeant, conquérant, qui remette de la foi et de l'enthousiasme dans la vie et dans le combat quotidien. Le XXIe siècle ne saurait être la continuité du XXe siècle, ou d'un XXe siècle amélioré, il sera en rupture radicale avec l'ancien qui ne produit plus rien, sinon du factice, du jetable, de l'avatar.

L'Abistan - l'utopie théocratique totalitaire que votre livre imagine - renvoie votre lecteur à l'Etat islamique, Daech. Avez-vous pensé à cette parenté en écrivant votre livre ?
B.S. : En partie seulement. Pendant la décennie sanglante que mon pays, l'Algérie, a connue avec les islamistes, et notamment les Groupes islamiques armés, les GIA de triste mémoire, je me suis assez rapidement convaincu que cette branche de l'évolution de l'islam n'avait pas d'avenir, et de fait les GIA n'ont pas vécu plus de quelques années, c'est une branche morte comme a pu l'être la branche de l'homme de Neandertal. La violence seule même magnifiée ne suffit pas, il faut bien d'autres choses pour construire ce califat planétaire dont Daech rêve comme un chien rêve d'un os. Il faut de l'intelligence et du savoir pour dessiner des perspectives longues et cette branche en est dépourvue. Je pensais plutôt à l'Iran, à la Turquie, des pays puissants, organisés, qui ont une histoire depuis longtemps et de manière continue entièrement déterminée par l'islam (sauf l'intermède d'Atatürk pour la Turquie), capables de développer des stratégies de long terme et de se doter des moyens, dont les armes, pour réaliser leurs objectifs. Je vois l'objection qu'on peut faire, mais je suis persuadé qu'ils sauront le moment venu dépasser la vieille rivalité sunnites-chiites et s'unir dans la construction d'un califat mondial capable de résister au temps et à ses ennemis potentiels.

Croyez-vous que l'Etat islamique puisse vaincre, c'est-à-dire forcer d'autres Etats à le reconnaître comme un partenaire politico-diplomatique, comme l'un des leurs ?
B.S. : Je ne le crois pas, il continuera cependant d'attirer massivement les jeunes desperados radicalisés à la va-vite et pressés de mourir en martyrs, par simple chiqué au fond, pour impressionner les copains. Cela, à court terme. A plus longue échéance, une vingtaine d'années, Daech disparaîtra, il étouffe déjà dans un territoire qui ira s'amenuisant sous le coup des bombardements occidentaux et des avancées des forces gouvernementales des pays environnants. La guerre a ses limites, et le temps en est une. Même la guerre de Cent Ans s'est achevée un jour. De plus, l'Etat islamique n'a pas les cadres, les penseurs et les théologiens capables de le hisser intellectuellement et spirituellement au niveau de son ambition de dominer le monde, comparables à ceux qui aux temps glorieux de l'islam ont su édifier un empire et l'administrer brillamment. La suite de l'histoire se pense déjà et s'écrira ailleurs, probablement en Iran, en Turquie, au Pakistan, en Afghanistan. Les printemps arabes et Daech ne sont pour eux qu'une opportunité pour tester la faisabilité du projet grandiose de rétablir l'islam dans sa totalité, qui les hante depuis toujours. Ils savent maintenant que l'appel au djihad peut mobiliser les musulmans où qu'ils soient dans le monde. Le monde arabe, émietté, dispersé et épuisé, est en régression rapide, il perd déjà son leadership historique sur la Nahda islamique mondiale, le fameux Eveil de l'islam. Intégré dans le plan d'ensemble, il sera au mieux un pourvoyeur de ressources, de bases militaires et de djihadistes. Le temps des Arabes est en toute vraisemblance historiquement fini. Depuis les indépendances, ils n'ont même pas su vivre sur la rente royale (pétrole, soleil, tourisme...) que la nature et l'histoire leur ont offerte en abondance.

Pensez-vous que les pays du Maghreb peuvent combattre l'influence que Daech essaie d'acquérir sur leurs populations ?
B.S. : L'influence de Daech au Maghreb est limitée. L'islamisme maghrébin reste centré sur des questions internes. Au Maroc, en Algérie, et en Tunisie dans une moindre mesure, les islamistes dominent culturellement la société, mais, politiquement, leur influence sur la marche du pays a diminué, les pouvoirs en place sont arrivés à leur barrer l'accès au pouvoir, que ce soit par les armes ou par le jeu politique institutionnel. Un équilibre a été trouvé, il est fragile, mais il semble convenir aux uns et aux autres, les pouvoirs, les islamistes, les peuples et les pays occidentaux qui observent le Maghreb. Les pouvoirs en place ne sont au fond pas mécontents de voir leurs djihadistes partir vers Daech, où l'espérance de vie des combattants est des plus réduites.
Passons à la France. L'Etat islamique se livre à la même tentative de séduction et de perversion d'une partie de la jeunesse française. Comment empêcher ce détournement de la jeunesse ?
​B.S. : Les jeunes qui sont séduits par le discours et le combat islamistes sont-ils vraiment dans la République ? Ils sont plutôt dans sa périphérie, dans cette zone grise où, faute d'une médiation intelligente, les valeurs de la République et des valeurs dévoyées venues d'ailleurs s'entrechoquent sans cesse, de plus en plus durement. Le fossé s'élargit et traverse toute la société française, affaiblie par des crises récurrentes et tiraillée par les identités diverses et plurielles qui la composent sans plus vraiment former une unité. Le pacte républicain est mis bien à mal. L'intégration a échoué, il faut le reconnaître et la repenser de fond en comble. Qu'est-ce que la France du XXIe siècle ? Telle est la question première.

La critique de l'islamisme, voire de l'islam, est évidente dans 2084. Mais l'Occident ne paraît plus en mesure de formuler une proposition pour le monde. N'êtes-vous pas aussi implicitement critique de cet Occident qui paraît gagné par le vide et, en particulier, par la réduction de la vie et de la politique à l'économie ?
B.S. : Avec les Lumières, l'Occident a suscité d'immenses espoirs dans le reste du monde et, mieux que cela, il a réussi à l'entraîner dans la dynamique de transformation qu'il a mise en branle chez lui. Faute de moyens, de sincérité, de coordination, et faute d'approfondissement et d'actualisation des idées, la dynamique a tourné court ; sont alors apparus des résistances, des conflits, des ruptures et des contre-projets qui ont donné lieu à des retours catastrophiques aux ordres anciens. L'échec est patent, il est celui de l'Occident et celui du monde. D'où viendraient, alors, les Lumières de demain ? Sans doute pas de la Chine ou de l'Inde, les puissances économiques dominantes en devenir. Ces empires me paraissent condamnés par avance, tant le vide semble les habiter et tant grande est leur méconnaissance des expériences intellectuelles vécues ailleurs, en Europe, en Amérique, dans le monde arabo-musulman. Ils seront au mieux les agents efficaces d'un capitalisme sans âme, informatisé de bout en bout, et les consommateurs d'un marché insatiable.

Vous placez en exergue un propos dans lequel vous dites que les religions poussent à haïr les hommes. Il est vrai que dans l'Abistan, dans les fanatismes religieux de toutes sortes, mais faut-il généraliser ? Vous proposez une très forte et très belle distinction entre la croyance et la foi. Aide-t-elle à comprendre ce propos ?
B.S. : Dans toutes les religions, y compris les plus tolérantes, existe la tentation totalitaire. A la moindre difficulté, elle affleure. C'est cela qui est dénoncé dans l'exergue. Le fait de généraliser participe de la pédagogie, c'est dire aux tolérants : tâchez de ne pas tomber dans le vertige du fanatisme, restez dans la foi, elle est individuelle, silencieuse et humble, ne laissez pas la croyance des foules et ses mots d'ordre brutaux la dominer, il en sortira du mal, on fera de vous des militants aveugles, des extrémistes peut-être.

Que pensez-vous de l'interprétation de Houellebecq de votre livre comme prophétie politologique ?
B.S. : Nos livres sont, de mon point de vue, fondamentalement différents. Il est dans la politique, je suis dans une approche darwiniste, si je puis dire ; je regarde l'évolution d'un monde compulsif et mystérieux et je tente de voir ce qu'il va devenir et ce qui va en sortir. C'est l'élément religieux au cœur de nos réflexions qui a pu lui donner à penser que nous écrivons le même scénario, lui sur le moyen terme et moi sur le long terme.

Souhaitez-vous nous dire quelque chose sur ce qu'on appelle, d'une expression aussi curieuse qu'inappropriée, «la crise des migrants» ?
B.S. : Elle comporte selon moi trois aspects. L'un, humanitaire : il s'agit de venir en aide aux réfugiés, ce sont des sinistrés, il faut le faire sans hésitation, ni calcul, et dans toute la mesure de ses moyens. Les réfugiés sont appelés à retourner chez eux dans un terme qu'eux-mêmes espèrent le plus court possible. Le deuxième aspect est politique : les guerres en cours en Syrie, en Irak, en Afghanistan, au Nigeria, au Mali, en Libye, etc., ont pour ambition de reconfigurer le monde. Ici on dit : «Nous ne voulons pas de chrétiens chez nous» ; là on dit : «Les mauvais musulmans doivent disparaître» ; et là encore : «Telle ethnie doit déguerpir»... Ces mouvements de population sont des déportations, ils menacent l'ordre mondial, il faut les empêcher. Le troisième aspect est sécuritaire : il est source d'appréhensions et de fantasmes, ce qui rend son approche délicate. Il revient aux services de sécurité de veiller à empêcher les infiltrations de terroristes habillés en réfugiés. Les gouvernements européens qui sont les plus sollicités par les réfugiés doivent en débattre franchement et adopter des réponses franches, ce qui n'est pas le cas à cette heure.
LEMAÎTRE Jean, VAN GEYT Louis
La Passion du Trait d'Union, Regards croisés sur le Parti communiste de Belgique (1945-1985)
Edited: 201510271028
Louis Van Geyt (1927-2016), la Passion du Trait d’Union, un livre de 440 pages format B5, préfacé par Philippe Moureaux. Le journaliste Jean Lemaître a interviewé l’ancien président du PC belge de 2012 à 2015, à raison de 3 heures hebdomadaires. Des entretiens qui nous font revivre 40 ans de luttes de la Gauche… pour les droits sociaux, l’égalité hommes-femmes, la paix dans le monde, la dépénalisation de l’avortement, …
Les Mulliez-Lestienne, propriétaires d'Auchan, Decathlon, etc; Chiffre d'affaires en France: 40 Mia EUR, dans le monde 90 Mia EUR
Edited: 201510151678
Jean Ferrat
Ma France
Edited: 201503250151







Ma France
De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France
Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France
Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France
Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit : "qu'on la fusille"
Ma France
Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France
Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France
Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France
Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France
GDF Suez/Electrabel
Aanvullend pensioen van 831.000 EUR voor CEO Gérard Mestralet
Edited: 201411121020
Noteer dat de Franse staat 33% van GDF/Suez in handen heeft. Franse regering 'zit verveeld met de zaak', aldus Le Monde.

Le Canard Enchaîné bracht het nieuws reeds in oktober naar buiten.

Vorig jaar zag topman van Peugeot, Philippe Varin, af van een aanvullend pensioen van 21.000.000 EUR.
RAOULT Didier dans Le Point du 10 novembre 2014
Trouve-moi un prof-mercenaire
Edited: 201411100113
Le Point a trouvé un prof qui s'exprime sur l'inégalité:"Il n'y a probablement pas de limite à la frustration de voir qu'il existe encore quelqu'un de beaucoup plus fortuné que soi..."

Et voilà, Piketty a donc tort, il n'y a que des problèmes de frustrés et tout le monde est content.
Vient de paraître: Les Nations Unies contre le Katanga par Kyoni kya Mulundu
Edited: 201408080901
Thème : Essai / Etude politique
Format : Grand Format (170x240)
Nombre de pages : 412
Date de publication : 8 août 2014
ISBN : 9782332695260
Résumé

Le 30 juin 1960, le Congo Belge devient indépendant dans des conditions rocambolesques. Le 5 juillet, la Force Publique se mutine et installe un capharnaüm à demeure. Le président Kasavubu et son Premier Ministre Lumumba Patrice ne savent où donner de la tête. A l’initiative de l’ambassadeur des Etats-Unis, Timberlake, les deux font appel aux Nations Unies. Le 11 juillet, M. Tshombe, président de la province du Katanga, proclame l’indépendance de son pays pour l’extirper du chaos. Les événements s’enchaînent et deviennent incontrôlables dans le reste du Congo. Mais, paradoxalement, les yeux sont fixés vers le Katanga qui est resté calme. Le gouvernement du Katanga rejette le stationnement des soldats de l’ONU et le Secrétaire général, Dag Hammarskjoeld, décide de se rendre là-bas. Il promet tout et rien et finit par déclarer la guerre au Katanga le 13 septembre 1961. En allant à Canossa, son avion s’écrase à Ndola, en Rhodésie du Nord (la Zambie) où il périt avec une dizaine de fonctionnaires de l’ONU. Celle-ci, épaulée par les Etats-Unis mettent fin à la souveraineté du Katanga.

Kyoni kya Mulundu est né à Mukulakulu, dans la province du Katanga. Il débute l’école primaire à Luabo situé à 51 km de Kamina. Il entre, ensuite, au lycée Jean XXIII de Kolwezi, en 1962, où il fait des humanités gréco-latines qu’il termine en juillet 1969. A l’université officielle du Congo, à Lubumbashi, il s’inscrit en philologie romane et, après une année à l’armée (1973-1974), revient à Lubumbashi pour achever ses études. Licencié en philologie romane, il devient enseignant au lycée Lubusha à Luisha, chez les Ursulines de Wavre. Ensuite, il part pour Likasi à l’institut Mapinduzi où il enseigne le latin. Enfin, il quitte le Congo pour aller découvrir et parcourir le monde. En juillet 1981, il arrive à Vienne, en Autriche, où il devient étudiant en histoire et philologie classique. Entretemps, il fait des cours en tant que lecteur à l’Afrikanistik, (études africaines) dans cette même université ainsi qu’à l’Institut des langues romanes de l’université économique de Vienne. Il est aujourd’hui marié à une femme, katangaise comme lui. Le couple vit à Vienne et a trois enfants d’âge adulte. Kyoni kya Mulundu, parle, à part sa langue maternelle, le swahili, le français, l’anglais et l’allemand.
WINOCK Michel
Flaubert
Edited: 201303071661
Paru aux éditions Gallimard le 7/3/2013. 544 pages + 16 p. hors texte, 32 ill., sous couverture illustrée, 155 x 225 mm

«Je porte en moi la mélancolie des races barbares, avec ses instincts de migrations et ses dégoûts innés de la vie, qui leur faisait quitter leur pays, pour se quitter eux-mêmes.» Dans cette déclaration de Gustave Flaubert (1821-1880), qu'y a-t-il de vrai? Le migrant, à part le grand voyage en Orient et quelques escapades en Bretagne, en Angleterre ou en Corse, a surtout vécu dans le «trou» qu'il s'est «creusé» à Croisset, sa demeure normande, où il écrit son œuvre et où il meurt foudroyé.
Peut-on se fuir soi-même, bien qu'on professe la poétique de l'«impersonnalité»? Peut-on lâcher son siècle? Le détester, oui, lui préférer une Antiquité imaginaire, certes, mais Flaubert, comme tout le monde, est entraîné dans les tourbillons du temps. Son œuvre portera cette double marque : le rêve carthaginois d'un monde flamboyant à jamais disparu mais recréé et la peinture vengeresse du siècle de Monsieur Prudhomme et du pharmacien Homais.
Michel Winock porte un regard d'historien sur cette vie tout entière vouée à la littérature. Il raconte l'enfance créative de l'écrivain, le suit dans ses pérégrinations de jeunesse, décrit ses amours tumultueuses, l'accompagne dans les salons parisiens et met en scène sa ferveur dans l'amitié – Maxime Du Camp, George Sand, les Goncourt, Zola, Daudet, Maupassant, Tourgueniev...
Son dégoût proclamé de la vie, Flaubert ne l'a transcendé ni par l'expérience amoureuse (somme toute décevante), ni par la foi en Dieu (il est incroyant), ni par quelque idéal politique (scepticisme revendiqué), mais par la religion de l'Art, dont il fut un pèlerin absolu.
BRAECKMAN Colette
Fortunes et infortunes de Jean Pierre Bemba: un témoignage personnel
Edited: 201011250908
Catégorie
actualité, commentaire
Alors que les témoins se préparent à défiler au procès Bemba où ils décriront les atrocités commises par les troupes du MLC, qu’on nous permette d’évoquer quelques souvenirs personnels, datant des années 2002- 2003.
Jusqu’en 1998, Jean-Pierre Bemba était surtout un homme d’affaires issu du sérail mobutiste (son père, Bemba Saolona était le « patron des patrons » et il était considéré comme l’un des gestionnaires de la fortune de Mobutu) et lui-même avait été très proche du « Guide ». Ce passé de jeune homme privilégié, qui avait fait en Belgique de bonnes études d’économie, ne pouvait que nourrir l’hostilité quasi congénitale de JP emba à l’égard de Laurent Désiré Kabila, l’ancien maquisard venu de l’Est, l’irréductible adversaire de Mobutu.
C’est donc sans trop se forcer qu’en 1998, Jean-Pierre Bemba accepta de prendre la tête d’un mouvement politico militaire, le MLC, (Mouvement pour la libération du Congo) bien décidé qu’il était à chasser Kabila par les armes. A l’époque, le Rwanda et l’Ouganda qui avaient porté au pouvoir l’homme de la « zone rouge », le maquis que Kabila avait entretenu du côté de Fizi, étaient résolus à corriger leur erreur d’appréciation : ils avaient cru soutenir un pantin dont ils tireraient les ficelles, ils découvraient un politicien retors décidé à reconquérir son indépendance ! En août 1998, après avoir échoué à renverser Kabila lors d’un coup d’Etat éclair, les alliés d’hier entreprirent de soutenir des « proxies », des mouvements congolais alliés, qui allaient entamer la lutte armée et s’emparer de vastes portions du territoire : le plus puissant d’entre eux, le RCD Goma (Rassemblement congolais pour la démocratie) contrôla rapidement une vaste zone s’étendant du « grand nord » congolais jusqu’au nord Katanga tandis que le MLC, sans jamais réussir à s’emparer de Mbandaka la capitale s’empara de l’Ituri et de l’Equateur, installant son quartier général à Gbadolite, l’ancien fief de Mobutu.
C’est là qu’en 2002 nous avions brièvement rencontré Jean-Pierre Bemba. A l’époque, sa fortune avait changé, la guerre éclair s’était transformée en guerre de position, Kabila père avait été assassiné et remplacé par son fils Joseph. Ce dernier avait conquis les bonnes grâces des Occidentaux et s’efforçait de relancer les négociations de paix.
En outre, les alliés ougandais, qui, au début, avaient soutenu l’effort de guerre du MLC, militairement et financièrement, avaient pris leurs distances, les généraux proches de Museveni se contentant de contrôler les réseaux commerciaux. A Gbadolite, cette capitale plantée dans la jungle, où l’ancien palais de Mobutu avait été pillé et dépiauté, les cadres du MLC semblaient un peu seuls, rêvant, sans trop le dire, d’un jour retrouver le chemin de Kinshasa.
Les plantations de café, dont certaines appartenaient à la famille Bemba, n’avaient pas été relancées, la ville présentait une allure d’abandon. Les proches de Bemba, même s’ils tentaient de faire bonne figure, portaient des signes visibles d’appauvrissement, costumes élimés, chaussures usées ; certains d’entre eux semblaient malades et amaigris. Quant aux soldats, c’était pire encore : à tout moment, ils nous apostrophaient en rue, en disant « maman j’ai faim, donne moi de l’argent » et même les gardes personnels de Bemba semblaient affamés ! Ce fut d’ailleurs la première question que je posai au « chairman » lorsqu’il apparut : « pourquoi ne payez vous pas vos troupes ? » Il eut alors une réponse empreinte de morgue très mobutiste : « mais madame, ils sont ici par idéal. Si je les payais, vous diriez qu’ils sont des mercenaires… »
A l’époque, il était clair que les finances s’épuisaient, que les principales sources de revenu provenaient de la vente de diamants provenant de la province de l’Equateur, des diamants qui étaient mis sur le marché à Bangui, grâce à l’appui du président centrafricain de l’époque Ange Patassé. Ce dernier, certes, avait remporté les élections, mais il faisait face à l’hostilité des Français qui ne lui pardonnaient pas de s’être rapproché du colonel Kaddhafi et qui voulaient le remplacer par François Bozizé qui était, lui, soutenu par le président tchadien Idriss Deby.
Alors que la cavalcade militaire de Bozize et de ses alliés tchadiens commençait à l’Est du pays, Ange Patassé fit appel à son allié Bemba, lui demandant d’envoyer à Bangui un « corps expéditionnaire ».
Le président du MLC ne pouvait pas refuser ce service : depuis Gbadolite, Bangui représentait la seule porte de sortie vers le monde extérieur, le seul lieu où les diamants pouvaient être commercialisés, par où les délégations pouvaient transiter.
Des troupes du MLC furent alors mises à la disposition du président centrafricain, qui représentait l’autorité légitime dans le pays voisin ; des officiers du MLC, le colonel Hamuli et le colonel Mustafa, accompagnaient les troupes, dont ceux que l’on appellera plus tard « les Banyamulenge de Bemba » tous étant placés sous le commandement du chef d’état major centrafricain.
Lorsqu’après la défaite de Patassé et la victoire de Bozize, (qui allait plus tard être légitimé par des élections) nous découvrîmes Bangui ravagée par la guerre, les hommes de Bemba avaient laissé un souvenir de terreur : ce soldats, dont beaucoup étaient originaires de la province de l’Equateur, s’étaient comportés comme en terrain conquis, rattrapant soudain des années de privations et de disette. Ils avaient pillé, volé, massacré des civils, s’étaient emparés des femmes, les avaient violées et, aux yeux de la population, ils représentaient une force d’occupation honnie, qui ne respectait rien, pas même l’enceinte diplomatique de l’ambassade de France, où des exactions avaient été commises au vu et au su des diplomates présents.
Pendant que leurs troupes faisaient régner la terreur à Bangui, Jean-Pierre Bemba et ses compagnons songeaient à leur avenir politique : à Sun City en Afrique du Sud, les négociations avaient commencé, les cadres du MLC discutaient de la formule qui allait régir la transition, le « un plus quatre », où la présidence demeurait entre les mains de Joseph Kabila, tandis que Bemba et un représentant du RCD Goma se partageaient deux des quatre postes de vice présidents. Si à Sun City, le « chairman » n’avait rien perdu de sa superbe et demeurait convaincu de son destin national, ses compagnons de route étaient moins farauds ; désargentés, ils étaient obligés d’accepter la « générosité » des hommes de Kabila, qui, eux, disposaient d’un budget spécial destiné à « soulager » leurs “frères” et compatriotes. Dans l’ombre, de futures défections se préparaient ainsi discrètement et, loin des médiateurs internationaux, les Congolais mettaient en place leurs propres arrangements.
Peut-on imaginer que Bemba, qui, entre Gbadolite et Sun City, négociait la fin de la guerre, la réunification du pays et songeait surtout à garantir son futur poste de vice président en charge de l’Ecofin (économie et finances), se souciait de donner des ordres à ses troupes détachées à Bangui, suivait leurs mouvements jusqu’à être tenu pour responsable de leurs crimes ? C’est ce que le procureur Moreno Ocampo devra démontrer.
En attendant, les officiers qui encadraient le corps expéditionnaire du MLC ont été incorporés dans les Forces armées congolaises, le chef d’état major centrafricain ne fait l’objet d’aucune inculpation, pas plus que l’ex président Ange Patassé.
L’établissement de la chaîne de commandement est un thème suivi avec passion au Congo, où les exemples d’atrocités commises par des « corps expéditionnaires » étrangers ne manquent pas : les Angolais firent régner la terreur dans le Bas Congo lorsqu’ils intervinrent en août 1998, pratiquant viols et pillages, Rwandais et Ougandais en 2000, se disputant le contrôle des comptoirs de diamants, firent tomber une pluie de bombes sur Kisangani, tandis que les atrocités commises dans l’Est du Congo par des troupes sous commandement rwandais ont alimenté le fameux « mapping report de l’ONU », dont on se demande toujours quelle suite lui sera donnée…
GOUJON Bertrand
Le grand domaine aristocratique dans le monde rural en France et en Belgique au 19e siècle: l’exemple de trois propriétés de la famille d’Arenberg (1820-1919)
Edited: 20050021
Ruralia [En ligne],
2004-14 - Varia,
Mis en ligne le : 28 janvier 2005
Disponible sur : http://ruralia.revues.org/document963.html.
Référence du : 18 septembre 2005
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GOUJON Bertrand
Le grand domaine aristocratique dans le monde rural en France et en Belgique au 19e siècle: l’exemple de trois propriétés de la famille d’Arenberg (1820-1919)
Edited: 20050021
Ruralia [En ligne],
2004-14 - Varia,
Mis en ligne le : 28 janvier 2005
Disponible sur : http://ruralia.revues.org/document963.html.
Référence du : 18 septembre 2005
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De Gaulle: bibliografie
Edited: 199800001478
GENERALITES



- De Gaulle [1940-1970], Tallandier, 1998 (Les dossiers Historia), 2 vol.

- Gallo Max, De Gaulle, R. Laffont, 1998, 4 vol.

- Germain-Thomas Olivier et Barthelet Philippe, Charles de Gaulle jour après jour, Nathan, 1990

- Institut Charles de Gaulle, De Gaulle en son siècle. 1, Dans la mémoire des hommes et des peuples ; 2, La République ; 3, Moderniser la France ; 4, La sécurité et l'indépendance de la France ; 5, l'Europe ; 6, Liberté et dignité des peuples ; 7, De Gaulle et la culture ; 8, Sondages et enquêtes d'opinion, Plon - La Documentation française, 1991-1992, 8 vol.

- Lacouture Jean, De Gaulle. 1, Le Rebelle (1890-1944) ; 2, Le Politique (1944-1959) ; 3, Le Souverain (1959-1970), Ed. Seuil, 1984-1986, 3 vol. (réed. coll. " Points ", 1990, 3 vol.)

- Lacouture Jean et Mehl Roland, De Gaulle ou l'éternel défi : 56 témoignages, Ed. du Seuil, 1988

- Mazzucchetti Denis et Fredj Claire, Le Gaullisme, de 1940 à nos jours, Hatier, 1995

- Morelle Chantal, De Gaulle, le gaullisme et les gaullistes, A. Colin, 1998, (coll. "Synthèse")

- Petitfils Jean-Christian, Le Gaullisme, PUF, 1994, (coll. "Que sais-je ?" )

- Ragueneau Philippe et Sabatier Guy, Le Dictionnaire du gaullisme, A. Michel, 1994

- Rudelle Odile, De Gaulle pour mémoire, Gallimard, 1990, (coll. "Découvertes")

- Touchard Jean, Le Gaullisme (1940-1969), Ed. Seuil, 1978, (coll. "Points ")



L'HOMME



- Blanc Pierre-Louis, De Gaulle au soir de sa vie, Fayard, 1990

- Boissieu Alain de, Pour combattre avec de Gaulle (1940-1946) : souvenirs, Plon, 1981, (réed. 1990)

- Boissieu Alain de, Pour servir le Général (1946-1970), Plon, 1982, (réed. 1990)

- Broche (François), De Gaulle secret, Pygmalion, 1993

- Cazenave Michel et Germain-Thomas Olivier, Charles de Gaulle, Les Cahiers de l'Herne, 1973

- Escrienne Jean d', Charles de Gaulle, officier : de Saint-Cyr à la dissuasion, Addim, 1990

- Gary Romain, Ode à l'homme qui fut la France, Calmann-Lévy, 1997

- Gaulle Philippe de, Mémoires accessoires (1921-1946), Plon, 1997

- Guichard Jean-Pierre, De Gaulle et les mass média : l'image du Général, France-Empire, 1985

- Joannon Pierre, L'hiver du Connétable: Charles de Gaulle et l'Irlande, Artus, 1991

- Jullian Marcel, De Gaulle: pensées, répliques et anecdotes, Le Cherche Midi, 1994

- Larcan Alain, Charles de Gaulle : itinéraires intellectuels et spirituels, Conseil international de la langue française, 1993

- Lefranc Pierre, La tentation du Général, Flammarion, 1994

- Malraux André, Les chênes qu'on abat ..., Gallimard, 1971

- Messmer Pierre et Larcan Alain, Les écrits militaires de Charles de Gaulle, PUF, 1985

- Mossuz-Lavau Janine, André Malraux et le gaullisme, Presses de la FNSP, 1982

- Ollivier Jean-Paul, De Gaulle à Colombey, Plon, 1998

- Rosoux Valérie-Barbara, La mémoire du général de Gaulle : culte ou instrument ?, Bruylant-LGDJ, 1998

- Servais Simonne, Regards sur de Gaulle, Plon, 1990

- Vendroux Jacques, Ces grandes années que j'ai vécues (1958-1970), Plon, 1975

- Vendroux Jacques, Cette chance que j'ai eue (1920-1957), Plon, 1974



TEMOIGNAGES



- Chaban-Delmas Jacques, Mémoires pour demain, Flammarion, 1997

- Debré Michel, Trois Républiques pour une France, A. Michel, 1984-1994, 5 vol.

- Foccart Jean, Foccart parle. 1, [1913-1969] ; entretiens avec Philippe Gaillard, Fayard-Jeune Afrique, 1995

- Fouchet Christian, Mémoires d'hier et de demain. 1, Au service du général de Gaulle, Londres 1940, Varsovie 1945, Algérie 1962, Mai 1968, Plon, 1971

- Guéna Yves, Le temps des certitudes (1940-1969), Flammarion, 1982

- Guichard Olivier, Mon Général, Grasset, 1980

- Hamon Léo, Vivre ses choix, R. Laffont, 1991

- Hettier de Boislambert Claude, Les fers de l'espoir, Plon, 1978

- Jeanneney Jean-Marcel, Une mémoire républicaine ; entretiens avec Jean Lacouture, Ed. du Seuil, 1997

- Lefranc Pierre, Avec de Gaulle : 25 ans avec le général de Gaulle, Presses Pocket, 1989

- Marin Jean, Petit bois pour un grand feu : mémoires, Fayard, 1994

- Massu Jacques, Avec de Gaulle, de Koufra 1941 à Baden 1968, Ed. du Rocher, 1998

- Messmer Pierre, Après tant de batailles : mémoires, A. Michel, 1992

- Miribel Elisabeth de, La liberté souffre violence, Plon, 1989

- Palewski Gaston, Mémoires d'action (1924-1974), Plon, 1988

- Pompidou Georges, Pour rétablir une vérité, Flammarion, 1982

- Triboulet Raymond, Un gaulliste de la IVe, Plon, 1985

- Triboulet Raymond, Un ministre du Général, Plon, 1985

- Tricot Bernard, Mémoires, Quai Voltaire, 1994



FRANCE LIBRE, RESISTANCE



- Aglion Raoul, De Gaulle et Roosevelt, Plon, 1984, (coll."Espoir")

- Cassin René, Les Hommes partis de rien : le réveil de la France abattue (1940-1941), Plon, 1974

- Cointet Michèle et Jean-Paul, La France à Londres (1940-1943), Ed. Complexe, 1990

- Cordier Daniel, Jean Moulin, l'inconnu du Panthéon. 3, De Gaulle, capitale de la Résistance, (novembre 1940-décembre 1941), Lattès, 1993

- Crémieux-Brilhac Jean-Louis, La France libre, de l'appel du 18 juin à la Libération, Gallimard, 1996

- Dreyfus François-Georges, Histoire de la Résistance, Ed. de Fallois, 1996

- Hostache René, Le général de Gaulle, Jean Moulin et la création du CNR, La Bruyère, 1989

- Kersaudy François, De Gaulle et Churchill Plon, 1982, (coll. "Espoir")

- Michel Henri, Histoire de la France libre, PUF, 1963, (coll. "Que sais-je ?")

- Musée de l'Ordre de la Libération, Cinquantenaire de l'Ordre de la Libération, Ordre de la Libération, 1990

- Noguères Henri, Histoire de la Résistance en France, Robert Laffont, 1967-1981, 5 vol.

- Passy colonel, Souvenirs [du BCRA], Solar, 1947 ; Plon, 1951, 3 vol.

- Rondeau Daniel et Stéphane Roger, Des Hommes libres : histoire de la France libre par ceux qui l'ont faite, Grasset, 1997

- Schumann Maurice, Un certain 18 juin, Plon, 1980

- Soustelle Jeacques, Envers et contre tout : souvenirs et documents sur la France libre (1940-1944), R. Laffont, 1947-1950, 2 vol.



LIBERATION - IVe REPUBLIQUE



- Charlot Jean, Le Gaullisme d'opposition (1946-1958), Fayard, 1983

- Fondation Charles de Gaulle et université de Bordeaux 3, De Gaulle et le RPF (1947- 1955), A. Colin, 1998

- Fondation Charles de Gaulle, Le rétablissement de la légalité républicaine (1944), Ed. Complexe, 1996

- Guy Claude, En écoutant de Gaulle : journal 1946-1949, Paris, Grasset, 1996

- Mauriac Claude, Un autre de Gaulle : journal 1944-1954, Hachette, 1970

- Purtschet Christian, Le Rassemblement du peuple français (1947-1953), Ed. Cujas, 1965

- Rémond René, 1958 : le retour de De Gaulle, Ed. Complexe, 1998

- Rudelle Odile, Mai 58 : de Gaulle et la République, Plon, 1988, (coll. "Espoir")

- Terrenoire Louis, De Gaulle 1947-1954, pourquoi l'échec ? : du RPF à la traversée du désert, Plon, 1981, (coll. "Espoir")



Ve REPUBLIQUE



- Berstein Serge, La France de l'expansion. 1, La République gaullienne (1958-1969), Ed. Seuil, 1989, (coll. " Points ")

- Bidégaray Christian et Isoart Paul, Les droites et le général de Gaulle, Economica, 1991

- Burin des Roziers Etienne, Retour aux sources : 1962, l'année décisive, Plon, 1986, (coll. "Espoir")

- Cointet Michèle, De Gaulle et l'Algérie française (1958-1962), Perrin, 1996

- Debré Michel, Entretiens avec le général de Gaulle (1961-1969), A. Michel, 1993

- Delarue Jacques, L'OAS contre de Gaulle, Fayard, 1994

- Dulong Claude, La vie quotidienne à l'Élysée au temps de Charles de Gaulle, Hachette 1990

- Escrienne Jean d', Le Général m'a dit (1966-1970), Plon, 1973

- Flohic François, Souvenirs d'outre-Gaulle, Plon, 1979

- Foccart Jacques, Journal de l'Élysée. 1, Tous les soirs avec de Gaulle (1965-1967) ; 2, Le Général en mai (1968-1969), Ed. Philippe Gaillard, Fayard, 1997-1998, 2 vol.

- François Bastien, Naissance d'une Constitution: la Cinquième République (1958-1962), Presses de Sciences Po, 1996

- Gaïti Brigitte, De Gaulle, prophète de la Ve République, Presses de Sciences-Po, 1998

- Institut Charles de Gaulle, De Gaulle et les médias, Plon-Fondation Charles de Gaulle, 1994, (coll. "Espoir")

- Institut Charles de Gaulle, De Gaulle et ses Premiers ministres (1959-1969), Plon, 1990, (coll. "Espoir")

- Larcan Alain et Lemaire Jean-François, De Gaulle et la médecine, Synthélabo, 1995

- Lerner Henri, De Gaulle et la gauche, L'interdisciplinaire, 1994

- Narbonne Jacques, De Gaulle et l'éducation : une rencontre manquée, Denoël, 1994

- Ollivier Jean-Paul, Le tour de France du Général, Julliard, 1986

- Peyrefitte Alain, C'était de Gaulle. 1, "La France redevient la France" [1958-1963] ; 2, "La France reprend sa place dans le monde" [1963-1966], Fayard, 1994-1997, 2 vol.

- Prate Alain, Les batailles économiques du général de Gaulle, Plon, 1978, (coll. "Espoir")

- Sadoun Marc, Sirinelli Jean-François et Vandenbussche Robert, La politique sociale du général de Gaulle, Centre d'histoire de la région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest, 1990

- Tricot Bernard, Les sentiers de la paix : Algérie (1958-1962), Plon, 1972

- Viansson-Ponté Pierre, Histoire de la République gaullienne, Fayard, 1970, (réed. "Pluriel", 1994, 2 vol.)



POLITIQUE ETRANGERE



- Amson Daniel, De Gaulle et Israël, PUF, 1991

- Barnavi Elie et Friedlander Saul, La politique étrangère du général de Gaulle, PUF, 1985

- Binoche Jacques, De Gaulle et les Allemands, Ed. Complexe, 1990

- Bourgi Robert, Le général de Gaulle et l'Afrique noire (1940-1969), LGDJ, 1979

- Bozo François, Deux stratégies pour l'Europe: de Gaulle, les États-Unis et l'Alliance atlantique, 1958-1969, Plon, 1996, (coll. "Espoir")

- Cahiers d'histoire du Québec au XX° siècle, De Gaulle et le Québec, Publications du Québec, 1997

- Couve de Murville Maurice, Une politique étrangère (1958-1969), Plon, 1971

- Institut Charles de Gaulle, De Gaulle et le Tiers-Monde, Pédone, 1984

- Institut Charles de Gaulle, Brazzaville : aux sources de la décolonisation, Plon, 1988, (coll. "Espoir")

- Institut Charles de Gaulle, L'aventure
X
18 juli 1991: André Cools (PS) vermoord
Edited: 199107180611
André Cools est né et a grandi dans le monde ouvrier, plus précisément dans la Maison du Peuple que géraient ses parents à Flémalle. Son grand-père paternel, ouvrier à Marihaye, fut longtemps privé du droit de vote en raison d’un lourd casier judiciaire pour fait syndical. Son père, Marcel, était délégué syndical des métallurgistes de la province de Liège et échevin du POB à Flémalle. La pensée d’André Cools restera imprégnée de ce milieu rempli de solidarité et d’amitiés : ce sont les amis (Joseph Sevrin, Émile Deloye, etc.) de son père, déporté et décapité à Mauthausen (1942), qui le prendront en charge, lui permettant de terminer ses humanités gréco-latines.

Sa participation au Congrès national wallon de Liège, en octobre 1945, les manifestations contre le retour de Léopold III (il accomplit alors son service militaire) ainsi que les grèves de 1960 lui font prendre conscience de la réalité wallonne. Membre de Wallonie libre (1959), disciple d'André Renard, il adhère au Mouvement populaire wallon dès sa création en 1961. Présent à tous les grands rendez-vous wallons du début des années 60, André Cools fait notamment partie du comité de patronage du pétitionnement (1963). Quand, avec Freddy Terwagne, Léon Hurez et Ernest Glinne, le nouveau bourgmestre de Flémalle se retrouve à la lisière du PSB, en décembre 1964, il choisit de défendre l'idée wallonne à l'intérieur du PSB. Considéré comme rebelle à ce moment, il se retrouve, cinq ans plus tard, à la suite du décès de JJ Merlot, à la tête du gouvernement qui introduit dans la Constitution les principes de réformes institutionnelles instaurant un fédéralisme en Belgique. Coprésident du PSB et premier président du PS, André Cools se dit favorable à un régionalisme radical proche d'une forme de confédéralisme. Il contribue à la deuxième réforme de l'Etat qui crée les communautés et les régions disposant d'un exécutif et d'une assemblée légiférant par décret.

Secrétaire-receveur de la commission d'assistance publique en 1947, André Cools est devenu l'un des principaux mandataires du Parti socialiste. Élu tour à tour conseiller communal (1949-1968), député (1958-1991), il a été pour exercer les mandats de bourgmestre de Flémalle-Haute (1964-1991), ministre du Budget (1968-1971), vice-Premier ministre (1969-1972), président du Parti socialiste belge (1973-1978) puis du Parti socialiste (1978-1981), ministre d’État (1983), président du Conseil régional wallon (1982-1985), et ministre de la Région wallonne, en charge des Pouvoirs locaux, Travaux subsidiés et Eau (1988-1990). Il attache notamment son nom au décret sur l'eau avant de se retirer de la vie politique, le 1er mai 1990.

Néanmoins, à la tête d'un véritable réseau qu'il avait tissé (SMAP, SA Néos, Holding Meusinvest, présence dans de nombreuses intercommunales), il entendait continuer à oeuvrer pour le développement économique de la région liégeoise, lorsque, le 18 juillet 1991, un bras meurtrier a mis un terme à la vie de cette personnalité hors du commun. Le procès visant à élucider cet assassinat s’est ouvert à Liège le 17 octobre 2003.


Pour une biographie plus complète, on se reportera à la notice qui lui est consacrée dans l’Encyclopédie du Mouvement wallon, sous la direction scientifique de Paul Delforge, Philippe Destatte et Micheline Libon, Charleroi, 2000, tome 1, p. 367-369.

src: Institut Destrée (201602141602)
CEA opgericht door De Gaulle
Edited: 194510181278
L'industrie de l'uranium est la dernière née des industries minières, tant en France que dans le monde.

Le développement de cette activité date des lendemains de la seconde guerre mondiale, avec notamment comme événement "stratégique" d'importance la création le 18 octobre 1945, par le Général De Gaulle, du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA).

http://www.geopolis-fr.com/doss.html
1934: anti-fascistisch comité van intellectuelen
Edited: 193403057574
REMOND 1988: 964

L'indispensable

Le manifeste "Aux travailleurs" (5 mars 1934) est le texte fondateur du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA), créé sous le patronage de trois personnalités emblématiques des familles de la gauche, l'ethnologue Paul Rivet, socialiste, le philosophe écrivain Alain, proche du radicalisme, le physicien Paul Langevin, sympathisant du communisme. Le CVIA, large rassemblement d'intellectuels confrontés au défi fasciste à l'intérieur comme à l'extérieur, fut un précurseur du Front populaire par sa volonté unitaire. Il en préfigura également les déchirements face à la montée des périls extérieurs et les difficultés à conjuguer antifascisme et pacifisme.

Le document

Aux Travailleurs

Unis, par-dessus toute divergence, devant le spectacle des émeutes fascistes de Paris et de la résistance populaire qui seule leur a fait face, nous venons déclarer à tous les travailleurs, nos camarades, notre résolution de lutter avec eux pour sauver contre une dictature fasciste ce que le peuple a conquis de droits et de libertés publiques. Nous sommes prêts à tout sacrifier pour empêcher que la France ne soit soumise à un régime d'oppression et de misère belliqueuses.

Nous flétrissons l'ignoble corruption qu'ont étalée les scandales récents.

Nous lutterons contre la corruption ; nous lutterons aussi contre l'imposture.

Nous ne laisserons pas invoquer la vertu par les corrompus et les corrupteurs. La colère que soulève les scandales de l'argent, nous ne la laisserons pas détourner par les banques, les trusts, les marchands de canons, contre la République qui est le peuple travaillant, souffrant, pensant et agissant pour son émancipation.

Nous ne laisserons pas l'oligarchie financière exploiter comme en Allemagne le mécontentement des foules gênées ou ruinées par elle.

Camarades, sous couleur de révolution nationale, on nous prépare un nouveau Moyen Âge. Nous, nous n'avons pas à conserver dans le monde présent, nous avons à le transformer, à délivrer l'Etat de la tutelle du grand capital - en liaison intime avec les travailleurs.

Notre premier acte sera de former un comité de vigilance qui se tiendra à la disposition des organisations ouvrières.

Que ceux qui souscrivent à nos idées se fassent connaître.

Le bureau provisoire Alain, Paul Langevin, Professeur au Collège de France et Paul Rivet, Professeur au Muséum.

http://biosoc.univ-paris1.fr/frameset/hist_txtima.htm (20031002)
1904: Internationale congresseert in A'dam: hoofdvraag: socialisten voor of tegen regeringsdeelname? verdeeldheid > orthodoxen winnen
Edited: 190408141587
19840067: 50-55

CONGRÈS SOCIALISTE INTERNATIONAL. AMSTERDAM, 14-20 AOÛT 1904



Le Congrès d’Amsterdam manifesta la preuve des progrès socialistes dans le monde : 25 nations et 4 continents y étaient représentés. Quelque mois auparavant, le parti social-démocrate allemand avait remporté un beau succès aux élections générales, obtenant trois millions de voix et 81 sièges au Reichstag. Un geste symbolique exprima l’unité des travailleurs du monde : le délégué japonais Katayama et le délégué russe Plekhanoff se rejoignirent sur le plateau du Congrès et se serrèrent longuement la main, au moment où le Japon et la Russie étaient en guerre.



Tous les points de l’ordre du jour furent éclipsés par la question de la tactique socialiste. Les marxistes orthodoxes, Allemands en tête, voulaient revenir sur la résolution Kautsky du dernier congrès. En leur congrès national, à Dresde, en 1903, les socialistes allemands hostiles au révisionnisme repoussaient dans une résolution « les tentatives révisionnistes tendant à changer notre tactique éprouvée et glorieuse, basée sur la lutte des classes et à remplacer la conquête du pouvoir politique de haute lutte contre la bourgeoisie par une politique de concessions à l’ordre établi.



La conséquence d’une telle tactique révisionniste serait de faire d’un parti qui poursuit la transformation la plus rapide possible de la société bourgeoise en société socialiste – d’un parti, par suite, révolutionnaire dans le meilleur sens du mot – un parti se contentant de réformer la société bourgeoise ».



C’est cette résolution de Dresde que les orthodoxes voulurent faire voter par le Congrès d’Amsterdam. Ce fut l’occasion d’un des plus grands débats de la IIe Internationale, d’abord au sein de la commission chargée de discuter la résolution de Dresde, puis en Assemblée plénière où Jaurès et Bebel s’affrontèrent de manière pathétique.



Jaurès ne remettait nullement en cause que « le prolétariat soit un parti de classe, un parti autonome par le but, autonome par l’organisation, autonome par les moyens », mais il refusait de considérer la bourgeoisie comme un bloc et préconisait, dans les pays démocratiques, les alliances utiles avec les représentants de la démocratie paysanne, des artisans, des petits commerçants, à toutes lois utiles au prolétariat. Solennellement, il mettait en garde les socialistes allemands, créant la stupeur du Congrès : « En ce moment, ce qui pèse sur l’Europe et sur le monde (…) c’est l’impuissance politique de la Social-démocratie allemande (…) On attendait de vous, l’humanité socialiste attendait de vous, de ce Congrès de Dresde, la définition d’une politique. Vous avez crié dans vos journaux : « L’Empire est à nous ! Le monde est à nous ! Unser das Reich ! Unser die Welt » « Non l’Empire n’est pas encore à vous, puisque vous n’êtes mêmes pas assurés de donner, dans votre capitale, l’hospitalité au socialisme international ».



Malgré le succès obtenu par son discours retentissant, malgré les faiblesses du discours de Bebel, qui lui répliqua, la majorité du Congrès adopta finalement la résolution de Dresde. La ligne « dure », l’orthodoxie l’avait – provisoirement – emporté sur le réformisme.



Une autre résolution d’Amsterdam enjoignait à « tous les militants et toutes les fractions qui se réclament du socialisme » de « travailler de toutes leurs forces à la réalisation de l’unité socialiste… ». Cette résolution, qui fut admise à l’unanimité, écrit Vandervelde, n’exprimait pas un seul vœu. Elle donnait des directives. Elle adressait aux socialistes de tous les pays l’injonction impérieuse de se grouper en un seul parti, sur la base des principes établis par les Congrès internationaux. Et, comme chacun sait, ce mot d’ordre d’unification fut entendu. Vaillant et Jaurès y souscrivirent immédiatement. Le 25 avril 1905, au Congrès du Globe, l’unité était faite en France et , jusqu'à la guerre, il n’y eut plus, dans chaque pays (à l’exception de la Russie), qu’un seul parti socialiste, comme il n’y avait qu’un seul prolétariat et une seule Internationale ». (p. 156).

http://www.minkoff-editions.com/histoire/pages/histoire_de_la_iie__internationale.htm (20060924)