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Libération/Laurent Joffrin
Gaat Corsica Catalonië achterna? De verschillen.
Edited: 201712041813
De Barcelone à Ajaccio
La Corse comme la Catalogne ? Cela y ressemble, mais c’est très différent. Certes, les nationalistes ont remporté un succès éclatant en frisant la majorité absolue au premier tour de ces élections régionales (avec une très forte abstention, toutefois) ; certes, l’idée d’indépendance progresse sans cesse en Corse ; certes, les autonomismes et les dissidences émergent partout en Europe ; certes, la Corse n’est pas tout à fait en France (elle est loin, près de l’Italie, elle a gardé sa personnalité malgré l’annexion violente survenue un peu avant la Révolution) ; deux siècles d’intégration républicaine minée par le clientélisme clanique ne l’ont pas effacée comme tant de régions françaises.
Mais les différences sautent aux yeux. A l’inverse de la Catalogne, la Corse est plus pauvre que le reste du pays ; les aides venues de Paris jouent un rôle important dans son économie, même si elle n’est pas «sous perfusion», comme on le dit abusivement (son économie progresse, notamment grâce au tourisme) ; aussi bien, malgré le vote d’hier, personne ne peut affirmer que les Corses veulent couper les ponts avec la France ; il y faudrait un référendum, que les nationalistes sont loin d’avoir gagné d’avance pour la bonne raison qu’on peut parier, dans ce cas, sur une participation beaucoup plus importante ; enfin les vainqueurs, Talamoni et Simeoni, sont des indépendantistes… qui ne veulent pas l’indépendance. En tout cas pas maintenant. Ajaccio est loin de Barcelone…
Pas de panique républicano-patriote, donc. Le grand avantage dans cette affaire, c’est que le nationalisme corse a déposé les armes. Comme toujours, le terrorisme a échoué : c’est l’action politique qui permet aux revendications d’avancer. L’île n’est pas pacifiée pour autant : le banditisme y sévit à un niveau extravagant. Mais au moins, il n’y a plus d’attentats. Les nationalistes vont maintenant pousser les feux vers une plus grande autonomie, ce qui peut se comprendre : la majorité des grandes îles de la Méditerranée ont un statut à part. Langue corse, transfèrement des prisonniers, statut de résident corse : on va négocier. Les mots remplacent les balles, les orateurs sonores – il y a une éloquence corse, spécifique – prennent la suite des tueurs microcéphales. Dans cette approche réformiste, l’indépendance reste un mythe lointain qui laisse l’avenir ouvert. Si le triomphe nationaliste ne débouche pas sur une intolérance c oupable à l’égard de ce qui n’est pas corse (les musulmans, les pinzutti, les étrangers) et qu’on sent parfois dans les motivations des électeurs on aura progressé. Indépendance ou pas.
Et aussi
On dit parfois que les élections n’ont guère d’effet sur la marche des nations, que la politique n’a plus guère d’influence sur la société. En remportant son premier succès législatif, Trump démontre le contraire. Sa réforme fiscale, qui a passé l’obstacle du Sénat et devrait franchir sans trop de mal celui de la Chambre de Représentants, marquera l’histoire économique et sociale du pays.
Baisse de l’impôt sur les sociétés, simplification fiscale profitant d’abord aux plus hauts revenus : le capitalisme américain est exonéré massivement ; les plus riches seront à terme encore plus riches ; la lutte contre les paradis fiscaux est affaiblie. Au passage, Trump et les républicains ont dézingué un peu plus l’Obamacare (qui ressemble désormais à une peau de chagrin), ont autorisé les forages en Alaska et introduit quelques clauses protectionnistes bien senties. Les Etats-Unis, au terme de ce traitement de cheval, seront plus que jamais le continent des milliardaires et des inégalités. Trump est un Reagan isolationniste. Décidément, le clown de la Maison Blanche ne fait pas rire. Pendant la campagne, Trump devait aider la classe moyenne et les oubliés de la mondialisation : il vole au secours du capital et des classes supérieures. Le populisme, décidément, est le moyen le plus sûr de tromper le peuple.
Libération
USA/Hollywood: topproducer Harvey Weinstein beschuldigd van seksueel misbruik
Edited: 201710120923
Hoe kwetsbaar is een jonge actrice ... ?
Deze affaire brengt het gedrag van DSK in herinnering.
Voor de groten en de machtigen gelden andere normen. Dat gaat van hun seksueel fatsoen tot hun belastingaangifte.






Libération beschuldigt: de geplande fiscale hervormingen van Macron bevoordeligen vooral de superrijken
Edited: 201708300119
Libération
Trump wil nu ook militair ingrijpen in Venezuela
Edited: 201708121209
Delion Pierre, Coupechoux Patrick
Mon combat pour une psychiatrie humaine
Edited: 201608310817
Dans les quarante années qui ont suivi la Libération, notre pays a connu une révolution en psychiatrie. Pour la première fois, on a considéré les malades mentaux comme des êtres humains à part entière, et l’on a inventé une nouvelle psychiatrie que l’on a qualifiée de « désaliéniste » car elle entendait en finir avec l’asile et l’enfermement. La vie professionnelle de Pierre Delion, Professeur de psychiatrie, ancien chef du service de pédo-psychiatrie du CHRU de Lille, se confond avec cette révolution dont il a été l’un des principaux acteurs. Il la raconte ici, au cours d’un entretien, et son récit nous guide à travers cette période créatrice, pleine de contradictions et d’extraordinaires progrès. Il nous fait découvrir, de l’intérieur, que la psychothérapie institutionnelle, ancrée dans la révolution du secteur, constitue la psychiatrie, une discipline scientifique située au carrefour de la biologie, des neurosciences et des sciences humaines. Et nous apprend, de manière parfois saisissante, ce qu’est une pratique désaliénéniste dans la vie quotidienne pour expliquer que le soin, c’est la relation avec le patient, et que celle-ci ne se construit que si l’on est ouvert sur le monde. Cette psychiatrie existe, pour les adultes comme pour les enfants – en particulier les enfants autistes – : elle a été le combat de sa vie, comme le raconte son livre, et il est urgent de la défendre, parce qu’elle est en danger.
Paru le 31 août 2016. Essai (broché)
CPI
CONGO/Centrafrique: Jean Pierre Bemba schuldig bevonden aan misdaden tegen de menselijkheid en oorlogsmidaden - verkrachtingen centraal in deze zaak - Bemba als zakenpartner van Heineken
Edited: 201603212321
Aujourd’hui, le 21 mars 2016, la Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) a déclaré à l’unanimité Jean Pierre Bemba Gombo coupable au delà de tout doute raisonnable de deux chefs de crimes contre l’humanité (meurtre et viol) et de trois chefs de crimes de guerre (meurtre, viol et pillage). Ces crimes ont été commis lors de l’opération menée en République centrafricaine (RCA) du 26 octobre 2002 ou vers cette date jusqu’au 15 mars 2003 par un contingent du Mouvement de Libération du Congo (MLC). Jean Pierre Bemba faisait effectivement fonction de chef militaire exerçant une autorité et un contrôle effectifs sur les forces qui ont commis ces crimes.

La Chambre de première instance III est composée de Mme la juge Sylvia Steiner (Brésil), juge présidente, Mme la juge Joyce Aluoch (Kenya) et Mme la juge Kuniko Ozaki (Japon). En application du Statut de Rome et du Règlement de procédure et de preuve de la Cour, les parties, c’est-à-dire le Procureur et la Défense, ont 30 jours pour faire appel de la déclaration de culpabilité, auquel cas la question sera portée devant la Chambre d’appel, composée de cinq juges.


Er bestaat via het Congolese Bralima ook een Heineken-connectie:


Voir aussi le mémoire sur Bralima et Bracongo par Christophe Papy BUKASA KADIMA (2011)

zie ook het boek Heineken in Afrika
Libération
De hypocrisie: Frankrijk verleent 'légion d'honneur' aan kroonprins Saoedi-Arabië ... in alle discretie
Edited: 201603081148
"En Arabie Saoudite, tout se passe en coulisse, sauf quand un dirigeant se voit honoré à l’étranger, ce qui mobilise immédiatement la presse saoudienne. En France, tout se passe en principe sur la place publique, sauf lorsque le pouvoir s’emploie à voiler ce dont il est peu fier. C’est ce qui s’est passé avec la remise, dans la plus grande discrétion, vendredi par François Hollande, de la Légion d’honneur au prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Nayef, ce dont se sont immédiatement félicité les médias saoudiens."
... légion d'horreur ...

Benieuwd hoe Iran op dit nieuws reageert.

Hieronder de dynastie (gedeeltelijk):



Saoedische monarchie en erfopvolging 1932 tot heden
Piketty Thomas dans Libération
«Les réformes promises mais non tenues tuent l’idée même de démocratie»
Edited: 201601251001
Critique face au bilan du gouvernement, l’économiste déploie ses idées pour plus de justice sociale, et veut réorienter les politiques tant françaises qu’européennes.

Oui, il est possible de combattre les inégalités, en France et en Europe, ici et maintenant. Contrairement à ce que prétendent les conservateurs, il existe toujours des alternatives, entre la gauche et la droite, bien sûr, mais aussi entre plusieurs politiques de gauche, toutes respectables a priori, mais entre lesquelles il va falloir choisir. Pour redéfinir une alternative de gauche face à la droitisation ambiante, il faut commencer par débattre, au grand jour, de façon exigeante et rigoureuse : c’est la seule façon d’éviter que les décisions soient ensuite confisquées par d’autres.

Pour combattre les inégalités, il faut marcher sur deux jambes : il faut tout à la fois imposer une réorientation de la politique européenne, permettant de sortir de l’austérité et du dumping fiscal et social, et mettre en place en France les réformes progressistes qui s’imposent, dès maintenant, sans se servir de l’inaction européenne comme d’une mauvaise excuse.

La question européenne d’abord. On peut imaginer trois grandes séries de positions, avec toutes sortes de nuances : la recherche de meilleures politiques, dans le cadre des institutions actuelles ; la refondation démocratique et sociale de ces institutions ; la porte de sortie. Première position : certains pensent qu’il est possible, dans le cadre des institutions européennes actuelles, de relancer la croissance et l’emploi et d’améliorer graduellement la situation économique et sociale. C’est la thèse du gouvernement en place depuis 2012 et les résultats n’ont guère été probants. On peut toutefois plaider qu’il est possible de mieux faire à l’avenir et que réformer les traités ne sera pas simple. La seconde position, que je défends, est qu’il est possible et nécessaire, si l’on souhaite mener des politiques de progrès social en Europe, de renégocier le traité budgétaire de 2012. Il faut notamment y ajouter de la démocratie et de la justice. Le choix du niveau de déficit et de la politique de relance doit se faire suivant la règle de la majorité, dans un Parlement de la zone euro représentant tous les citoyens de façon égale et non pas en appliquant des critères budgétaires aveugles. Et il faut sortir de la règle de l’unanimité pour mettre en place un impôt commun sur les grandes sociétés et un minimum de justice fiscale. Si la France, avec l’Italie et l’Espagne (qui ensemble représentent 50 % du PIB et de la population de la zone euro), propose un projet précis, alors l’Allemagne (à peine plus de 25 %) devra accepter un compromis. Et si elle le refuse, alors la position eurosceptique sera irrémédiablement renforcée.

La troisième position, c’est précisément la porte de sortie : on constate l’échec de la zone euro et on envisage un scénario permettant de retrouver de la souveraineté monétaire et budgétaire. Cette position me semble prématurée : je pense qu’il faut d’abord donner une vraie chance à une refondation démocratique et sociale de la zone euro et de l’idée européenne. Mais je comprends l’exaspération. Ce débat ne doit pas être tabou à gauche : certains pays restés à l’extérieur de la zone euro, comme la Suède et le Danemark, mènent des politiques de progrès social au moins aussi performantes que les nôtres. Ils connaissent également les mêmes crises xénophobiques : ils ne font ni mieux ni moins bien, en quelque sorte. Aucun débat ne doit être interdit.

Les réformes progressistes en France, ensuite. Il en existe de nombreuses qui peuvent être menées immédiatement, quelle que soit l’issue des négociations européennes. Comme beaucoup de citoyens, je persiste à penser qu’il est possible de mettre en place un grand impôt progressif sur tous les revenus, prélevé à la source pour plus d’efficacité et de réactivité, individualisé pour favoriser l’égalité hommes-femmes et l’autonomie. Ce nouvel impôt pourrait également permettre de refonder le modèle de financement de notre protection sociale, qui repose trop lourdement sur les cotisations et la masse salariale du secteur privé. Il pourrait être complété par un grand impôt progressif sur le patrimoine, issu du rapprochement de la taxe foncière et de l’impôt sur la fortune, afin d’alléger la charge de ceux qui tentent d’accéder à la propriété et non plus de ceux qui possèdent déjà beaucoup. Mais, là encore, il existe plusieurs positions possibles, dont il va falloir débattre. Certains préféreront maintenir le quotient conjugal, d’autres souhaiteront conserver les cotisations actuelles, ou bien la proportionnalité de la CSG afin d’éviter qu’elle ne devienne elle aussi truffée de niches fiscales de toutes natures. On peut enfin penser qu’aucune réforme fiscale ambitieuse n’est possible et que prétendre le contraire est mentir.

Toutes ces positions sont respectables a priori, à condition toutefois de le dire précisément et clairement avant les élections. Et non de découvrir, après que les électeurs se sont exprimés, que les réformes promises sont impossibles à mettre en œuvre et qu’il faut se résoudre à augmenter la TVA, sans jamais l’avoir évoqué auparavant dans le débat public. Ces mensonges tuent l’idée même de démocratie. Au-delà de la fiscalité, il en va de même dans de multiples autres domaines, qui ne peuvent être qu’effleurés ici : formation, retraites, santé, démocratie sociale. Le système français d’enseignement supérieur est l’un des plus inégaux du monde : il est temps d’investir massivement dans les universités et de les réformer profondément, en conciliant égalité et liberté. Sur les retraites, il est possible d’unifier les régimes privés et publics pour mieux garantir les droits des nouvelles générations et adapter le système à la complexité de leurs trajectoires professionnelles. Les salariés doivent être par ailleurs mieux impliqués dans les stratégies des entreprises et leurs conseils d’administration : c’est la voie choisie en Suède et en Allemagne, cela marche bien mieux qu’ici et cela pourrait encore être amélioré. Sur toutes ces questions, il faut du débat, de la clarté, de la démocratie. C’est la condition pour recréer de l’espoir et sortir de l’ornière.


Kapitaal in de 21ste eeuw

Le Capital au XXIe siècle
News - Libération - Figaro - l'Humanité
Front National wint regionale verkiezingen in eerste ronde in 6 regio's - La 'reconquista' de Marine Le Pen
Edited: 201512062336
Le Figaro en L'Humanité gebruiken hetzelfde woord op hun frontpagina: 'le choc'. Toch is de uitslag geen verrassing. De Fransen hebben niet gestemd maar geschreeuwd.
Marine Le Pen spreekt van 'reconquérir la France', een onverholen verwijzing naar de 'reconquista'.
Sarkozy wil niet weten van gezamenlijk opkomen met de socialisten tijdens de tweede ronde.


wiki
Historique du Groupe Rossel - Le Soir
Edited: 201511111111
Historique
1887 : Pierre-Émile Rossel, avec trois amis, crée à Bruxelles un journal gratuit appelé "Le Soir".
1920 : « Rossel & fils » devient « Rossel & Cie ».
1921 : « L'Agence Rossel » (régie publicitaire) s'installe rue Royale à Bruxelles.
1957 : le siège social est installé 120 rue Royale à Bruxelles.
1966 : Rossel devient un groupe avec l'acquisition des titres de presse de «La Meuse» («La Meuse», «La Lanterne», «La Flandre libérale» et «Le Matin»).
1968 : acquisition des titres de presse de «La Gazette de Charleroi» («La Nouvelle Gazette» et «La Province»).
1970 : le groupe Rossel acquiert la marque «Vlan».
1983 : Robert Hersant entre au conseil d'administration du groupe.
1987 : Robert Hurbain succède à la présidence du groupe Rossel.
1987 : Socpresse (Robert Hersant, France) acquiert 40% du capital du groupe.
1987 : participation dans RTL Belgium (alors TVI SA) au travers d'Audiopresse.
1999 : constitution de la société Sud Presse SA (regroupant les titres La Meuse, La Capitale, La Nouvelle Gazette de Charleroi, et La Province).
2000 : Rossel met un premier pied dans « La Voix du Nord ».
2001 : Patrick Hurbain succède à Robert Urbain.
2003 : en Belgique, lancement du quotidien gratuit Metro en collaboration avec Concentra Media.
2004 : rachat avec De Persgroep de «l’Echo».
2004 : Sud Presse rachète Nord Eclair sur la Belgique.
2005 : prise de contrôle du groupe de presse «La Voix du Nord».
2005 : rachat avec De Persgroep de «De Tijd».
2005 : rachat des 40% du groupe détenus par la Souplesse.
2006 : Sudpresse lance l'hebdomadaire gratuit «7Dimanche ».
2006 : le groupe investit dans l’Internet en rachetant les sites de services www.netevents.be,www.ticketnet.be et www.cinenews.be.
2007 : Rossel déménage au 100 rue Royale à Bruxelles.
2007 : le groupe Vlan lance Fulai à Shanghai.
2007 : rachat du 1er site de rencontre en ligne belge www.rendez-vous.be et lancement d'un site consacré à l’automobile www.carchannel.be.
2008 : Rossel lance sa régie web interne.
2010 : le groupe Rossel acquiert Belgium-iPhone.
2011 : S²media rejoint le groupe Rossel.
2013 : acquisition des journaux français «l’Union», «l’Ardennais», «Est Eclair», «Libération Champagne», «l'Aisne Nouvelle» et de la radio «Champagne FM» auprès du groupe Hersant Media (GHM)4.
2014 : rachat de dix titres de presse à Lagardère Active, France, au sein du consortium 4B Media par Groupe Rossel et Reworld Media 5,6 : Psychologies magazine et Première reviennent à Rossel.
2015 : rachat de 50% de 20 Minutes, quotidien gratuit national français.
Libération 20150929
Burger King (groep Bertrand) koopt Quick
Edited: 201509291156
Daarmee komt dus een duopolie tot stand.
Je hebt dus de keuze: dik worden bij Burger King of bij McDonald's.
Libération 20150911
France: La justice rouvre l'enquête sur l'affaire Boulin
Edited: 201509111031
Résistant devenu avocat, Robert Boulin avait entamé une carrière politique en 1958 en devenant député gaulliste de Gironde puis maire de Libourne un an plus tard, constamment réélu jusqu’à sa mort. Mais ce sont surtout ses longues fonctions ministérielles entamées en 1961 qui l’ont fait connaître du grand public, en occupant différents postes dans les gouvernements Debré, Pompidou, Couve de Murville, Chaban-Delmas, Messmer et Barre. Nommé ministre du Travail par ce dernier en 1978, sa popularité avait alors nourri des rumeurs qui le désignaient comme «Premier ministrable» de Valéry Giscard d’Estaing.

Le 29 octobre 1979, quittant le ministère du Travail, il dépose des dossiers confidentiels dans son appartement de Neuilly-sur-Seine puis part en voiture pour une destination inconnue. Son corps sera retrouvé le lendemain matin dans 50 cm d’eau dans l’étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines (Yvelines). Officiellement, il se serait suicidé après avoir absorbé des barbituriques.
Michel Houellebecq
Dans une interview au «Guardian», Michel Houellebecq se dit effrayé par l'Islam et les musulmans.
Edited: 201509070959


source: Libération
Libération
Vanaf vandaag zijn voertuigen van meer dan 3,5 ton en daterend van voor 2001 verboden in Parijs.
Edited: 201509021053
Libération 20150816
L’inquiétant silence des plages de Tunisie
Edited: 201508161153
Depuis l’attentat de Sousse, lors duquel un homme a tué 38 personnes le 26 juin avant d’être abattu par la police, la ville d’Hammamet, au sud de Tunis, est désertée par les vacanciers.
BBC
Slave owners got compensation in GBR
Edited: 201507282303
The Slavery Abolition Act of 1833 formally freed 800,000 Africans who were then the legal property of Britain’s slave owners. What is less well known is that the same act contained a provision for the financial compensation of the owners of those slaves, by the British taxpayer, for the loss of their “property”. The compensation commission was the government body established to evaluate the claims of the slave owners and administer the distribution of the £20m the government had set aside to pay them off. That sum represented 40% of the total government expenditure for 1834. It is the modern equivalent of between £16bn and £17bn.


The compensation of Britain’s 46,000 slave owners was the largest bailout in British history until the bailout of the banks in 2009. Not only did the slaves receive nothing, under another clause of the act they were compelled to provide 45 hours of unpaid labour each week for their former masters, for a further four years after their supposed liberation. In effect, the enslaved paid part of the bill for their own manumission.


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Note LT: Note that Charlotte and Denis Plimmer, Slavery, The Anglo-American Involvement commented on these matters in 1973 (see our booknumber 23604). But we tend to forget willingly the disturbing tragedies of our history. Fact is that the rich always find ways to avoid losses or to be compensated for them by the state (the taxpayer). Historians should move ahead to indicate the redundant strategies and tactics of tax evasion and profitary by the upper class.
Libération 20150630
En collaboration avec WikiLeaks, «Libération» et «Mediapart» révèlent comment la NSA s'est penchée, dès 2002, sur les intérêts commerciaux français.
Edited: 201506301328
Après les écoutes politiques, l’espionnage économique. Les nouveaux documents publiés par WikiLeaks, en partenariat avec Libération et Mediapart, dévoilent l’ampleur des opérations menées par les services de renseignement américains contre les intérêts français. Cinq rapports de synthèse de l’Agence nationale de sécurité (NSA) montrent que des responsables et diplomates ont été espionnés entre 2004 et 2012, notamment Pierre Moscovici et François Baroin lors de leur passage à Bercy. Une stratégie offensive qui apparaît dans un document secret fixant les objectifs prioritaires des Etats-Unis dans le domaine économique. Baptisée «France : développements économiques» et datée de 2012, cette note constitue la doctrine de la NSA en la matière. Elle vise à recueillir toutes informations pertinentes sur les pratiques commerciales françaises, les relations entre Paris et les institutions financières internationales, l’approche des questions liées au G8 et au G20 ou encore les grands contrats étrangers impliquant la France. Ce dernier point, un des plus sensibles, est détaillé dans une sous-section intitulée «Contrats étrangers-études de faisabilité-négociations». Il s’agit de récupérer toutes les informations possibles sur les contrats d’envergure impliquant des entreprises françaises, notamment ceux dépassant les 200 millions de dollars. Des révélations qui risquent de jeter un froid sur les négociations autour du Tafta, le traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis, dont le prochain round est prévu mi-juillet, à Bruxelles. La plupart des secteurs stratégiques sont visés par la NSA : technologies de l’information, électricité, gaz, pétrole, nucléaire, transports, biotechnologies, etc. Toutes les informations recueillies sont ensuite partagées avec les principales administrations américaines : département de la Sécurité intérieure, département du Commerce, département de l’Energie, agence de renseignement de la Défense, Réserve fédérale, Trésor et même commandement des forces américaines en Europe. Jamais la preuve d’un espionnage économique massif de la France, orchestré au plus haut niveau de l’Etat américain, n’avait été établie aussi clairement.
Libération 20150623
NSA sans scrupules. Top Secret
Edited: 201506232328
Une série de documents que publie Libération en collaboration avec WikiLeaks révèle que ce sont trois présidents successifs, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, et François Hollande — et certains de leurs collaborateurs — qui ont été espionnés, sur une période allant au moins de 2006 à mai 2012, juste après l'installation à l'Elysée de François Hollande.

Les cinq rapports d'analyse que Libé publie émanent de la NSA. Ils sont tous classifiés «Top Secret».
Libération 20150619
Une commission chargée par le Parlement grec d’établir un audit des finances du pays estime que les plans d’aide des institutions internationales n’avaient pas vocation à sauver Athènes, mais seulement les banques étrangères.
Edited: 201506221119
Libération 20150615
Les exportations d'armement de la France entre 2010 et 2014
Edited: 201506150946
L'Arabie Saoudite leader, bon pour 7.990 millions d'euros. Qui dit mieux ?

Libération 20150506
Burundi: La Cour constitutionnelle a autorisé Pierre Nkurunziza à se représenter. De quoi raviver la colère des manifestants, violemment réprimés depuis une semaine.
Edited: 201505061319
de Pradel de Lamase, Paul (1849-1936)
Le Pillage des biens nationaux. Une Famille française sous la Révolution
Edited: 201504070912
L'extrait qui fait suite, est tiré de l'ouvrage de Paul de Pradel de Lamase (1849-1936), "Le Pillage des biens nationaux. Une Famille française sous la Révolution". Il illustre une bien courte partie de la vie du château d'allassac (mais pas que lui) sur lequel je faisais quelques recherches.

Malgré le caractère "conséquent" de la citation, j'ai tenu pourtant à garder ce chapitre intact et complet car sa richesse et son contenu donne un éclairage très particulier, que je n'ai pas souvent rencontré, de la révolution Française dans son ensemble et une vue précise de l'agonie du château d'allassac.

Il me semble évident qu'une certaine forme de partialité concernant la période révolutionnaire se dégage de ce texte, même si les faits exposés semblent avoir été vérifiés et prouvés, il n'en reste pas moins que les actions décrites mettent surtout l'accent sur le vandalisme de la révolution, et laissent plus largement sous silence les motivations souvent justifiées de certains de sortir d'un régime que nous n'avons toutefois jamais vraiment quitté. N'ayant pas souvent sous les yeux la vision qua pu avoir l'auteur il m'a semblé interessant de la partager.

A plusieurs reprises lors de la lecture, l'auteur se livre à des analyses qui semblent pertinentes et il sait mettre en avant les arguments que nous utiliserions encore aujourd'hui. De même, une fois passé le vocabulaire tranchant qu'il utilise pour qualifier certains groupes on découvre une personnes avisée et clairvoyante sur la nature humaine.

Pour le reste, la description des biens et de l'histoire de leur disparition est une pure merveille de rédaction et de précision qu'il m'est difficile de couper. Jugez en par vous même :

La curée

Le plus important est fait; la famille de Lamase est en exil; ses grands biens sont privés de l'oeil du maître ; il s'agit maintenant de les priver du maître lui même, de les nationaliser, en un mot. Pour cet objet, il n'y a plus qu'à laisser le plan révolutionnaire se développer dans toute sa beauté. Ce plan est simple : les propriétaires dont la fortune est adjugée d'avance aux affiliés sont d'abord contraints de sortir de France ; on les empêchera ensuite d'y rentrer; on les punira de la confiscation pour être sortis ou pour n'être pas rentrés, et le tour sera joué.

L'Assemblée Constituante accomplit en deux ans la première partie du programme. Elle provoque le désordre, elle encourage l'émeute, l'assassinat et le pillage; elle renverse les lois et coutumes établies depuis des siècles; elle anéantit les parlements et les anciennes juridictions indépendantes; elle les remplace par des tribunaux dont les juges sont à la nomination du pouvoir politique, par conséquent à sa dévotion. Toutes les institutions garantissant la vie et les propriétés des sujets du roi sont supprimées en théorie quand cette assemblée de malheur passe la main à la Législative, au mois d'octobre 1791. Les bons citoyens ne peuvent plus se faire aucune illusion. Le roi, avili et sans force, est incapable de les protéger; plus de cent mille familles vont chercher à l'étranger le minimum de protection auquel a droit tout homme civilisé.

Il ne faut qu'un an à la Législative pour exécuter la deuxième partie du programme, pour ouvrir l'ère des injustices les plus criantes, des scélératesses les plus effrontées.

Quand elle aura terminé son oeuvre, toutes les victimes désignées seront solidement ligotées; la Convention et le Directoire n'auront plus qu'à frapper dans le tas, les yeux fermés. Il ne sera même plus nécessaire de disposer de tribunaux dociles pour priver les citoyens de leur liberté, de leur fortune, au besoin de leur tête. Celle-ci sera parfois à la discrétion des geôliers qui s'amuseront à massacrer vingt-cinq ou trente mille prisonniers dans les premiers jours de septembre 1792; les survivants, on les laissera mourir de faim au fond des geôles puantes, ou on les guillotinera. Le résultat sera le même. Ni les uns ni les autres ne viendront réclamer leurs biens, et c'est le seul point essentiel.

J'ai dit que la Législative avait rétabli la loi de confiscation et aboli le droit naturel d'aller et de venir dont les Français avaient toujours joui.

L'acte d'émigration ayant passé « crime » digne de mort et de confiscation, l'heure avait sonné en Limousin de faire main basse sur le patrimoine du plus incontestablement riche et du plus bienfaisant seigneur de la contrée. Dès le mois de septembre 1792, mon bisaïeul fût inscrit sur la liste des émigrés. De quel droit ? Ses bourreaux ignoraient le lieu de sa retraite et ils ne firent aucune démarche pour la découvrir. M. de Lamase vivait à l'écart; dès que les jours devinrent très sombres, il avait pris un correspondant à Strasbourg, et toutes les lettres qu'il fit parvenir de sa retraite à ses compatriotes sont datées de cette ville alors française. Les prescripteurs devaient présumer qu'il n'avait pas franchi la frontière .

En l'inscrivant, sans plus ample informé, sur les tablettes de l'émigration, les administrateurs du district d'Uzerche, préjugeant le « crime » sans le constater, commettaient une première forfaiture. Je la signale ici pour mémoire, le chapitre suivant devant établir que le « coupable » ne fut jamais émigré, au sens que les lois homicides de l'époque attachaient à ce mot.

Les scellés furent apposés sur ses meubles et ses biens-fonds placés sous séquestre. C'était la première formalité de la dispersion aux quatre vents d'une fortune acquise par dix générations, au prix de mille efforts d'intelligence et d'économie.

Deux des frères de Jean de Lamase et un de ses fils, qui tous trois étaient restés dans leur province ou y étaient revenus, essayèrent d'obvier aux effets désastreux de cette mesure préparatoire en opposant à son exécution des moyens dilatoires, soit en revendiquant leur légitime sur les héritages, soit en se faisant nommer séquestres de quelques domaines, soit encore en rachetant aux enchères les meubles auxquels ils étaient particulièrement attachés.



Pauvres moyens ! Au jeu de l'intrigue les honnêtes gens en lutte avec les malfaiteurs ont toutes chances de succomber, car il est écrit depuis trois mille ans que « les enfants des ténèbres sont mieux avisés que les enfants de lumière dans la conduite des affaires temporelles ».

On le fit bien voir à ces infortunés. Les persécutions qu'ils endurèrent sur place furent parfois plus amères que celles de l'exil. Ils furent aussi bien et aussi complètement volés que le chef de famille... et bernés, par-dessus le marché ; ce qui est plus humiliant que d'être assassiné.

Quand on voulut mettre en vente les immeubles séquestrés, aucun acquéreur sérieux ne se présenta, tout d'abord.

C'était au commencement de 1793. Les fermiers seuls auraient eu l'audace de s'approprier les terres qu'ils avaient le cynisme de faire valoir, pour le compte de la nation; mais comme ils ne croyaient point à la durée de l'orgie; comme, d'autre part, ils ne payaient au département qu'un prix de fermage dérisoire, ils préféraient de beaucoup profiter de l'aubaine pour épuiser les champs et les vignes, en tirer le plus possible de revenus annuels et mettre ces revenus, convertis en numéraire, à l'abri des retours de la fortune.

Les paysans, les vrais, ceux qui mangent leur pain à la sueur de leur front, éprouvaient une horreur invincible à se souiller d'un vol perpétré à la face du soleil.

Leur conscience était restée et reste encore foncièrement respectueuse de la propriété d'autrui. Il existait, sur la question, un précédent qui leur fait trop d'honneur pour que je m'abstienne de le raconter ici où il trouve naturellement sa place.

Vers le commencement du seizième siècle, un Pérusse des Cars avait consumé sa fortune en fondations d'hôpitaux et d'autres bonne oeuvres. Afin de subvenir aux besoins de ses onéreuses créations, il avait hypothéqué la part de patrimoine que la loi lui interdisait formellement d'aliéner, sous n'importe quelle forme.

Ses dettes étaient donc nulles légalement ; mais le pieux seigneur n'entendait point rendre des créanciers confiants victimes de libéralités exagérées. En un testament admirable de piété et d'honneur il rendit compte à ses enfants de la situation, les suppliant, en vue du repos de son âme, de tenir pour bons et valables les engagements prohibés qu'il avait pris.

Ceux-ci cherchèrent à se conformer à ses désirs, mais ils rencontrèrent, pour l'exécution, une résistance opiniâtre dans la volonté des créanciers qui ne voulaient pas être payés et dans le refus des habitants d'acheter les terres qui servaient de gages aux créances. De guerre lasse, les des Cars abandonnèrent les domaines engagés, purement et simplement.

L'un de ceux-ci consistait en une vaste prairie attenant au fief de Roffignac. Pendant cent ans et plus cette prairie resta close comme lieu sacré, tabou. La cloture tomba enfin d'elle-même et l'enclos devint, par la force de l'habitude, bien communal où chacun menait, à son gré, paître son bétail ; c'était, plutôt qu'un bien communal, une prairie nullius. Elle a traversé même la révolution dans ces conditions, et ce n'est qu'après 1860 qu'elle a trouvé un acquéreur, lequel a déposé le prix d'achat dans la caisse municipale.

Si les vrais paysans persistaient dans leur aversion du bien d'autrui, les autres, les petits bourgeois des environs et les passe-paysans, pour qui la révolution semblait avoir été faite, témoignaient encore de la méfiance.

Les propriétés de mon arrière-grand-père étaient d'ailleurs offertes en bloc, et j'ai pu me convaincre qu'à cette époque, il en avait été de même dans presque toute la France.

En refusant de morceler les latifundia, la république montrait ainsi qu'elle entendait ne rien faire pour le menu peuple et qu'elle désirait simplement présider à la substitution de riches par d'autres riches... Mais allez faire comprendre cette claire vérité aux malheureux enivrés des mots sonores de Liberté et d'Egalité !...

En attendant que la Convention autorisât le morcellement, d'abord en gros lots, puis en lots minuscules, on s'attaqua aux divers mobiliers qui garnissaient les châteaux ou les simples maisons de l'exilé.

Je ne m'occuperai que du mobilier de Roffignac et de celui d'Uzerche.

L'invasion de Roffignac, le 25 janvier 1790, par les émeutiers et les gardes nationaux de Brive, complices du désordre et du pillage, avait considérablement détérioré les richesses amoncelées dans l'antique demeure. Les procès-verbaux officiels, rédigés quelques jours après l'événement, ne parlent que de placards éventrés, d'étoffes lacérées, de barriques de vin et d'eau-de-vie défoncées, de glaces brisées, et sont muets d'ailleurs sur le nombre et la nature des meubles emportés, quoiqu'il fût notoire que chacun des envahisseurs en eût pris à sa convenance, sans être le moins du monde inquiété !

Les chaumières des environs et aussi nombre de maisons bourgeoises s'étaient largement approvisionnées de lits, de couvertures, de draps, de serviettes, de fauteuils, de chaises, de tableaux de prix et de miniatures représentant de petits amours devant lesquels les femmes des voleurs s'agenouillaient pieusement, les prenant pour des Enfants Jésus.

Cependant la conscience des paysans se tourmente facilement ; elle est plus craintive que celle des messieurs ; la peur d'un retour offensif de la justice humaine les talonnait. Ils se défirent, moyennant quelques sous, des objets de valeur qu'ils étaient d'ailleurs incapables d'apprécier.

Les beaux meubles ne tardèrent pas à orner les logis bourgeois de la contrée ; ce fut bientôt un luxe à la mode, parmi les familles comme il faut et inclinées dans le sens de la révolution, de se faire honneur d'objets artistiques ayant appartenu bien authentiquement au château de Roffignac.

Cette mode n'est pas tout à fait éteinte au bout d'un siècle révolu.

Je sais un grand prêtre du droit, aujourd'hui mort, forcé de son vivant, — fait unique dans les annales de son Ordre — de vendre sa charge pour y avoir exécuté des tours de sa façon, qui s'est rendu acquéreur, au prix de 400 francs, d'une vaste armoire armoriée et sculptée, laquelle vaut vingt fois plus, au cours actuel des meubles anciens. Mais un de ses parents pauvres la détenait, et il a saisi l'occasion de faire la bonne affaire, à ses dépens et aux miens. Car ce meuble m'appartient toujours, il n'y a pas de révolution qui tienne.

Si je m'étais avisé pourtant de la réclamer à ce ruffian, il m'aurait répondu certainement que « possession vaut titre. »

Nous verrons bien !

Quoique découronné de ses pièces les plus belles et les plus apparentes, le mobilier de Roffignac, où l'utile était mêlé au somptueux, avait de quoi satisfaire encore bien des cupidités et bien des curiosités.

L'administration républicaine en jugea ainsi, espérant que les amateurs se présenteraient aussi nombreux que les acquéreurs des biens-fonds se faisaient rares. Voler un meuble ne semble pas, en effet, aussi coupable ni surtout aussi accusateur que voler un champ. Le meuble se détruit à l'usage, et quand il est usé il n'en est plus question ; un champ reste, au contraire, et le blé qu'il produit chaque année reproche son crime au larron, et ceci à perpétuité.

Le calcul était juste. On commença par le mobilier d'Uzerche. Celui-ci était intact ou semblait intact, car je dirai tout à l'heure ce qu'il y manquait d'essentiel.

Il fut divisé en huit cent soixante lots, sauf légères erreurs dans mes additions,car j'ai la nomenclature sous les yeux et je tiens à être précis. Ces huit cent soixante lots furent adjugés pour la somme totale de 7.083 livres 8 sols 3 deniers.

Cette vente, présidée par le citoyen Roume,semble avoir été effectuée en un seul encan, le 25 mars 1793, ce qui montre à quel point on avait hâte d'en finir avec cette opération véreuse.

Les prix s'en ressentirent. Les acheteurs payant en assignats, et les assignats étant tombés déjà à ce moment à 50 p. 100 de leur valeur nominale, il convient de fixer à 3.500 francs environ la somme réellement perçue par le Trésor.

Quant à l'estimation véritable de tous ces objets, dont la possession allait embellir et empoisonner tant de maisons, on s'en fera une idée quand j'aurai noté que deux fauteuils en bon état et recouverts de velours d'Utrecht furent vendus 8 livres en assignats; et une excellente bergère 10 livres de la même monnaie.

En évaluant à 50.000 francs le prix marchand de notre mobilier meublant d'Uzerche, je crois rester au-dessous de la vérité.

Que de noms on relève dans cette longue liste d'acheteurs, qui seraient étonnés de s'y voir couchés tout vifs ! Mais il me plaît d'être discret.

Il est d'ailleurs probable, qu'un certain nombre d'entre eux, obligés de donner des gages de civisme, avaient, en s'appropriant certains objets, la bonne intention de les rendre plus tard au légitime possesseur et même de s'en faire accroire à ses yeux, au cas où la contre-révolution eût été victorieuse et où M. de Lamase serait revenu en maître.

Mais voilà ! Le contraire s'est produit et l'enfer est pavé de bonnes intentions. Presque tous ces enchérisseurs ont pensé que ce qui est bon à prendre est bon à garder... et ils ont tout gardé! Peut-être en est-il encore, parmi leurs descendants, qui se couchent dans nos draps et s'essuient avec nos serviettes, tant, dans les anciennes maisons, le linge était abondant et de qualité durable.

Je ne connais, dans l'espèce, que deux cas de restitution.

En 1837, un de mes grands-oncles, accablé par l'âge, désira mourir sinon dans le lit, du moins dans le fac-similé du lit à baldaquin où il était né. Il connaissait le paroissien qui, moyennant 17 livres 10 sols, se l'était approprié et, depuis un demi-siècle, y étendait tous les soirs ses membres maintenant engourdis par la vieillesse.

Mon oncle lui demanda par lettre de permettre à son ébéniste d'en prendre le dessin et la mesure. Le bonhomme, qui était devenu dévot, non par crainte de dieu mais par peur du diable, répondit en envoyant l'objet et ses accessoires, regrettant que tout cela ne fût plus très neuf. J'ajoute qu'il restituait un vieux lit, mais qu'il retenait une terre importante qui n'avait pas vieilli.

En 1910, un pauvre artisan d'Uzerche l'a imité, en rendant spontanément un papier de famille; c'est un diplôme de l'Université de Bordeaux, concernant un de mes ancêtres; ce parchemin n'a aucune valeur, même à mes yeux; le geste ayant été honnête, je tiens à le noter.

L'opération de la vente d'Uzerche s'étant effectuée sans trop de scandale, on procéda à celle de Roffignac, mais celle-ci fut singulièrement plus longue et ne dura pas moins de dix décadis consécutifs.

La valeur en était beaucoup plus importante, tellement importante que le citoyen Lavergne, commissaire du district de Brive, vint s'installer au château pour y diriger l'encan et y vivre grassement aux frais de la princesse, assisté des citoyens Chicou et Deyzat.

Commencées le 1er septembre, les enchères ne furent terminées qu'en décembre et produisirent un total d'environ 50.000 livres en assignats, équivalant à un peu plus de 25.000 en numéraire, ce qui porte la valeur marchande aux alentours de 300.000.

Et une bonne partie de la marchandise avait été abîmée par le passage des barbares.

Les réflexions suggérées par les opérations effectuées à Uzerche s'imposent au sujet de celles d'Allassac. J'userai d'une égale discrétion en ce qui concerne les noms des profiteurs d'occasion, évidemment plus nombreux... cinq ou six cents ! Je ne me permettrai qu'une observation au point de vue de l'art.

Mon arrière-grand-père, jaloux de moderniser Roffignac et de lui imprimer le cachet de distinction alors à la mode, avait orné l'escalier d'honneur d'une rampe magnifique en fer forgé. Ce chef-d'oeuvre était calqué exactement sur la rampe du palais ducal de Nancy qui passait pour une merveille de ferronnerie et qui est réputée de nos jours encore pour une chose remarquable. Les brutes officielles la cassèrent en vingt et un morceaux et la subdivisèrent en autant de lots qu'achetèrent vingt et une autres brutes sans épithète.

Qu'ont-ils fait de ces lots ? Quelques-uns sans doute portèrent les leurs au forgeron qui dut les transformer en instruments aratoires. Mais j'en soupçonne d'autres, déjà messieurs quoique sans-culottes, de les avoir gardés jusqu'à des temps plus calmes pour les revendre à bénéfice, car la belle orfèvrerie de fer a toujours été prisée des connaisseurs.

Je ne dois pas terminer ce rappel de la venté nationale de nos mobiliers sans faire une constatation d'ordre général, car elle s'applique à toutes les rapines du même genre, sur toute la surface du territoire de la république.

Dans les inventaires interminables qui défilent sous mes yeux, je vois bien aligner des lits, des draps, du linge, des fauteuils, des canapés, des chaises, des pots de chambre, des balais, des bahuts, des bois de bibliothèques, des ustensiles de ménage et de cuisine, etc., etc.; je ne vois jamais figurer de bijoux, d'argenterie, de tableaux et de livres précieux. Et Dieu sait si mon arrière-grand-père était fourni de ces objets de luxe, aussi bien d'ailleurs que la plupart des châtelains, des bourgeois et même des campagnards aisés de son temps ! Rien que son argenterie de table représentait une fortune. Et cependant on ne met en vente ni un seul couvert ni un seul plat d'argent. Tout cela est évanoui. L'invasion bestiale des émeutiers de Roffignac a mutilé et brisé des meubles qui se voient, des pendules, des glaces, laissant intacts l'or et l'argent rangés dans des coffres qu'ils ont négligé d'éventrer. Mais à l'invasion des rustres en blouse et en sabots ont succédé plusieurs invasions de gens bien mis et bien chaussés, qui, sous prétexte d'apposition de scellés ou de formalités d'inventaires, ont clandestinement pénétré dans les riches demeures, fracturant les serrures et emportant le solide; tout ce qui, sous un volume médiocre, représente la forte somme réalisable à toute heure et dont personne ne s'avise de demander compte. Ils laissent les miettes du festin au menu peuple, fabriquent ainsi des milliers de complices et, grossissent la responsabilité de ces complices, dans le but de les déterminer à persister à jamais dans l'hérésie révolutionnaire ; ils se dissimulent dans l'ombre et s'emparent de l'or et de l'argent, sûrs que la possession de ces métaux les mettra à l'abri des réclamations futures; car l'argent ni l'or ne portent avec eux la marque du possesseur légitime, ou, s'ils la portent, il est facile de l'effacer.

Ce phénomène, encore une fois, s'est produit partout, d'abord secrètement, puis ouvertement, à la face du soleil. Les grands guillotineurs forcent les détenteurs de numéraire et d'orfèvrerie à les déposer, sans reçu, entre leurs mains. Ils volent les calices et les ciboires des églises, brûlent les chapes sacerdotales pour en extraire les fils précieux.

Fouché, après son proconsulat de Nevers, entasse les produits métalliques de ses exploits dans quatre fourgons qu'il expédie tranquillement vers sa maison de Paris. Lequinio fait faire des perquisitions domiciliaires à Rochefort et remplit trois tonnes d'écus de six livres, qui constituent ses petits profits. On verra plus loin qu'on allait jusqu'à fouiller dans les poches pour en extraire la monnaie.

Cette raréfaction de l'or et de l'argent, opérée par les chefs de la révolution et à leur avantage exclusif, produisait fatalement la disette, laquelle occasionnait les accaparements du blé et, finalement, déterminait la banqueroute. Ces trois dénouements, faciles à prévoir, devaient être trois nouvelles sources de lucre pour les bandits. Ils les escomptaient, et ce calcul odieux n'est pas un des côtés les moins intéressants de la philosophie révolutionnaire.

La France, on ne saurait trop insister sur cette vérité, possédait cinq milliards de métaux d'échange en 1789, beaucoup plus proportionnellement qu'aujourd'hui, étant donnés les besoins décuplés du commerce. La moitié de ce trésor national était monnayée; l'autre était convertie en objets d'art. Cette joaillerie était la réserve de la France, car, dans un besoin pressant de l'Etat, ses détenteurs n'hésitaient jamais à la porter au trésor public pour y être traduite en numéraire.

La révolution n'avait pas sévi trois ans qu'il ne circulait plus en France une seule pièce d'or et d'argent, et qu'on ne mangeait plus que dans des assiettes de faïence avec des fourchettes de fer.

Les divers hôtels des Monnaies, autrefois et depuis si actifs, tombèrent en sommeil comme les Loges. C'est à peine s'il a été frappé, de 1790 à 1801, pour quinze millions de numéraire jaune et blanc. La frappe du billon, dont la valeur intrinsèque est insignifiante, fut seule intarissable, comme l'impression des assignats.

Où avaient donc passé ces cinq milliards ? Evidemment dans les poches des chefs de la conspiration.

Aussitôt l'ordre matériel rétabli et la Banque de France instituée, on vit s'engouffrer dans ce réservoir national tous les métaux précieux naguère introuvables. Après les avoir liquidés les fripons éprouvaient le besoin de les solidifier à nouveau ("Sarepta dicitur Gallia, ubi metallis rapiendis et liquandis" Exégèse rabbinique de la Bible). Si, de 1790 à 1802, la Monnaie n'a fabriqué que quinze millions de pièces métalliques, elle en a jeté en circulation pour plus de quatre milliards dans les dix années qui suivent.

Il semble bien que voler soit le propre de l'homme, presque autant que forniquer. Il faut une grande vertu naturelle et beaucoup de religion pour résister à la tentation de pratiquer ces deux vices, quand le diable les présente dénués de danger et abrités contre la honte.

En 1793 vertu et religion étaient également bafouées.

Quand les gens demi-honnêtes eurent compris qu'on pouvait, en prenant quelques précautions légales, s'approprier le mobilier d'autrui, sans éprouver de trop cuisants remords et sans être montrés au doigt par le voisin aussi peu innocent qu'eux-mêmes, ils estimèrent que la prise de possession des maisons et des terres du prochain ne tirerait pas beaucoup plus à conséquence.

Il se présenta donc des acquéreurs pour concourir aux adjudications des biens-fonds.

On avait vite renoncé à former des lots considérables auxquels seuls auraient pu prétendre les gros bonnets du pays, du moins ceux qui ne refusaient point de se déshonorer mais prétendaient y mettre des formes.

Il convenait donc de laisser les paysans s'engager les premiers dans cette opération malhonnête. Ils en auraient la honte et, plus tard, on s'arrangerait pour racheter leurs petites parcelles, d'autant plus aisément que les cahiers des charges contenaient une clause de rescission de vente en cas de non-paiement dans les délais stipulés. En outre, il fallait payer comptant le premier dixième de l'adjudication; c'était un moyen de vider à fond les bas de laine des cultivateurs et de « liquider » tous les métaux de France, jusqu'au dernier louis, jusqu'au dernier écu de six livres, conformément au programme.

D'ailleurs, le conventionnel Cambon, le receleur en chef de tous les biens volés, criait misère. Les biens, dits nationaux, étaient les gages des assignats et les assignats baissaient, baissaient toujours.

La Convention ordonna alors de diviser les latifundia en plusieurs lots, de vendre chaque parcelle à n'importe quel prix et d'accorder aux acheteurs de grandes facilités de paiement.

En ce qui concerne les domaines de mon arrière-grand-père, les administrateurs de la Corrèze décidèrent qu'il serait politique de commencer par la mise en vente d'une vaste prairie qui s'étendait au pied de sa maison patrimoniale d'Uzerche, et qui, par sa situation en contre-bas des anciens remparts, était d'une fécondité rare. Constamment arrosée par la Vézère et engraissée par les eaux de la ville, elle excitait la convoitise des sans-culottes peu délicats.

La prairie, d'une contenance de 24.800 toises carrées d'après l'inventaire officiel, c'est-à dire de dix hectares environ, fut divisée en huit lots.

Sept furent vendus le 19 ventôse de l'an II, ce qui correspond au 9 mars 1794.

Oh ! par cher. Cette propriété, qui vaut certainement aujourd'hui plus de 100.000 fr. en bloc, pouvait être évaluée à cette époque 60.000 livres. Elle fut cédée aux amateurs pour le prix de 15.925 fr.

Un peu plus du quart, dira-t-on. Il est donc exagéré de prétendre que les biens nationaux ont perdu sur le marché 95 p. 100 de leur valeur.

Attendez ! Le prix de 15.925 francs existe bien sur le papier officiel, mais la somme effectivement versée au Trésor fut réduite au chiffre plus modeste de 1.218 fr. 55. La dépréciation réelle subie par notre prairie d'Uzerche fut donc de 98 p. 100.

Par quel miracle d'opération mathématique et de rouerie fiscale en est-on arrivé à ce résultat fantastique ?

Oh ! bien simple. Les acquéreurs avaient la faculté de se libérer en assignats reçus à leur taux nominal, et ils en usaient avec d'autant plus d'enthousiasme que l'assignat était déjà tombé au commencement de 1794 à 40 p. 100 de sa valeur fiduciaire ; mais ils avaient aussi le droit d'anticiper les payements fixés à dix échéances annuelles, toutes égales.

Ils en usèrent de même ; cependant ce ne fut point par excès de zèle.

Je prends comme exemple l'individu qui se rendit adjudicataire du lot n° 1 au prix officiel de 2.400 francs. Le jour de l'enchère il versa deux cent quarante livres en assignats, soit quatre-vingt-dix francs convertis en numéraire. L'année suivante, cent francs d'assignats ne valaient plus que vingt francs. Il donna encore deux cent quarante livres, soit cinquante francs en numéraire. Au commencement de 1796, la troisième année de l'acquisition, un vent de ruine soufflait sur toute la France. On achetait couramment mille livres en assignats avec un louis d'or authentique ou avec quatre écus de six livres.

Tous les acheteurs du pré Lamase jugèrent le moment favorable pour anticiper les payements. Ils acquittèrent huit annuités d'avance. L'adjudicataire du premier lot paya donc les 1.920 francs qu'il devait encore en monnaie de singe, je veux dire avec huit ou dix écus de six livres, en sorte que sa nouvelle propriété, si elle lui coûta son honneur et peut-être le salut de son âme, ne l'appauvrit que de 161 fr. 55, pas même la valeur de la moitié d'une récolte de foin.

Cette spéculation était à la portée de toutes les intelligences. Parmi les soixante-dix à quatre-vingts voleurs de nos immeubles je n'en ai remarqué qu'un seul n'ayant pas su profiter de l'occasion. C'était un sot qui paya cher sa sottise. En effet, vers la fin de 1796, les grands chefs de la révolution, ayant jugé que la vaste escroquerie des assignats avait procuré le maximum de profit qu'ils pouvaient raisonnablement en attendre, décrétèrent leur première banqueroute. Disqualifiant eux-mêmes les quarante-sept milliards de petits papiers revêtus de leurs signatures, ils décidèrent que ceux-ci ne seraient plus reçus, à aucun taux, dans aucune caisse publique. Il fallut payer en numéraire et bon nombre d'acheteurs de biens nationaux en étant démunis furent déchus de leur acquisition. Le vol leur coûta au lieu de leur rapporter, et beaucoup de paysans apprirent à leurs dépens qu'il en cuit parfois de s'acoquiner avec les fripons des villes.

Les bourgeois et les gentilshommes dévoyés attendaient ce moment-là pour reprendre, à meilleur marché encore qu'en 1793 et 94, les parcelles qu'on avait abandonnées aux miséreux et arrondir les gros lots dont ils étaient déjà nantis. Ce mouvement tournant et enveloppant leur fut facilité par le gouvernement du Directoire qui décida dès lors qu'on ne mettrait plus les biens nationaux aux enchères mais qu'on les céderait de gré à gré.

On peut imaginer la nouvelle gabegie à laquelle donna lieu cette mesure.

Voici pourquoi les latifundia, qu'on ne voulait plus souffrir aux mains des nobles, se reconstituèrent entre les griffes des clercs d'huissiers, hommes de loi, secrétaires de mairie, magisters de villages, prêtres défroqués et autres espèces qui composèrent l'immense majorité des gros acheteurs, et dont quelques-uns ont fait souche d'honnêtes gens, défenseurs du trône, de l'autel, surtout partisans irréductibles du principe sacro-saint de la propriété. Leurs descendants croiraient manquer à toutes les traditions de la chevalerie s'ils n'ornaient point leurs noms de la particule, s'ils ne le flanquaient point même parfois d'un titre ronflant.

Cette note historique et philosophique m'a éloigné un peu du sujet principal du chapitre. Aussi bien, dois-je supposer que les digressions de cette nature offrent un intérêt plus général que la nomenclature un peu sèche des biens ravis, alors même que j'imprimerais tout vifs les noms des personnages qui ne rougirent pas de s'enrichir de ces dépouilles, noms qui sont au bout de ma plume mais qui n'en sortiront pas encore. Il me suffit, pour l'instant, de troubler leurs héritiers dans une possession... moralement irrégulière.

Je me suis étendu assez longuement sur la vente de la prairie d'Uzerche, afin de mettre à nu les procédés de liquidation de l'époque révolutionnaire, et pour expliquer pourquoi l'immense vol des biens nationaux ne constitua finalement qu'une opération financière des plus médiocres. Cinq cent quarante millions seulement sont tombés dans les poches du détrousseur en chef, Cambon, et l'on estime à vingt-cinq milliards la valeur marchande des propriétés qui furent confisquées, soit huit milliards au clergé tant régulier que séculier, quinze milliards aux émigrés et deux milliards aux décapités. Cela fait à peine du 3 p. 100, moins que les brocanteurs louches ne donnent aux cambrioleurs et moins que les banqueroutiers frauduleux qui se respectent, après fortune faite, n'attribuent à leurs clients.

Il semble d'ailleurs que ce soit un prix fait. Le milliard des congrégations, je l'ai dit dans la préface, ne produit que trente millions, soit 3 p. 100 de l'estimation, et les prolétaires septuagénaires n'en tirent pas plus de profit que les pauvres de 93 n'ont tiré de revenant-bon de la spoliation des nobles et des prêtres. C'est le métier des déshérités de la fortune d'être toujours dupes.





Si le pré Lamase n'a procuré que 1.218 fr. 55 net au Trésor, la belle terre de Roffignac a rapporté moins encore proportionnellement. En 1789, elle était estimée un million environ. Sa valeur s'est beaucoup accrue depuis, tant à cause de la bonification de la culture qu'en raison de l'exploitation d'ardoisières d'un excellent rapport (Ces ardoisières sont exploitées par une société en actions, en sorte qu'un nombre notable de mes compatriotes se partagent nos trésors souterrains. On trouve parmi les actionnaires, non seulement la quantité mais parfois aussi la qualité, je veux dire certains noms qu'on aimerait autant ne pas rencontrer sur la liste). Jusqu'en 1796 c'est à peine si l'on en avait détaché quelques lambeaux, achetés par des paysans ambitieux d'agrandir le champ dont ils étaient riverains. En 1795 on divisa le bloc en quatre lots qui furent acquis par trois petits bourgeois d'Allassac et un ancien valet de chambre du château. Celui-ci consacra à l'accomplissement de sa mauvaise action les économies de ses gages; ce qui constitua un placement avantageux, car ses descendants vivent encore sur la terre plantureuse acquise ainsi par l'ancêtre, en bons rentiers, craignant Dieu et les gendarmes. Je respecte leur quiétude en ne les nommant pas. Par charité je tais aussi le nom de ses trois camarades qui expièrent, de leur vivant, par des fins lamentables, leur faute jugée par Dieu impardonnable en ce monde.

Les quatre gros lots et les petits furent adjugés au prix global de 252.000 livres, payées sur-le-champ ou en deux termes, avec des assignats valant un louis les mille livres, — mettons deux pour faire bonne mesure — ce qui ramène la somme versée au Trésor au maximum de dix ou douze mille livres — un peu plus de 1 p. 100.

La terre de Vignols fut divisée en neuf lots. L'un d'eux fut généreusement abandonné à mon grand-père qui, n'ayant pas émigré, avait droit au quart des biens de son père, c'est-à-dire au septième du quart, puisqu'il ne représentait qu'un septième de la descendance. Mais on lui rogna quand même ce vingt-huitième de portion. Après ventilation, il n'obtint qu'une maison d'habitation et une quinzaine d'hectares de prés, terres, bois et vignes. Il dut s'en contenter, car il y allait de la vie de protester, et j'ignore s'il ne fut pas même contraint de dire merci! Coûte que coûte, il importait de sauver du naufrage universel ce lopin de l'héritage des Maulmont, l'illustre famille qui a eu l'honneur de donner deux papes à l'Église, Clément VI et Grégoire XI.

Les terres possédées sur le territoire de la ville d'Uzerche, y compris la prairie Lamase, furent adjugées au prix total de 262.000 livres, qui rapportèrent à Cambon dans les trente mille francs ; ce qui fait presque du 9 p. 100 sur l'adjudication; mais pour obtenir la valeur réelle il faut, comme dans les autres cas, multiplier 262.000 par 4.

Dans la commune de Vigeois, huit cents hectares environ, subdivisés en vingt-cinq ou vingt-six domaines et constituant cinq seigneuries, Roupeyroux, Haute et Basse-Mase, Charliac, Charliaguet et La Nauche évitèrent le morcellement à l'infini. Il semble que chacune de ces propriétés ait été adjugée à un seul enchérisseur, et les prix atteints furent relativement élevés. C'est ainsi qu'on paya la Haute-Mase 31.000 livres et la Basse-Mase 32.000. La Nauche fut adjugée à un métayer, nommé Lacroix, qui emprunta à un usurier l'argent qu'il jugeait utile à la faisance-valoir. Au bout de deux ans le prêteur le fit exproprier, et Lacroix, sans ressources, se fit bandit et coupeur de routes, estimant ce métier plus honorable que celui de voleur de biens. Les gendarmes le massacrèrent dans un chemin creux, en 1799, au cours d'une de ses expéditions nocturnes. Un des domaines de Charliac fut laissé à mon grand-père, soit disant pour compléter, avec les quinze hectares de Vignols, la part de sa légitime.

Le reste de la propriété de Charliac fut morcelé, mais les divers acquéreurs subirent, plus ou moins, la fâcheuse destinée de Lacroix. Leurs premiers successeurs ne furent pas plus heureux. Quand les drames parurent oubliés, un spéculateur patient fit masse de tous les morceaux et en constitua, en les joignant à la terre et au château de la Nauche, une des plus belles propriétés du pays.

Le Roupeyroux fut adjugé à un ancien huissier, le nommé B..., celui-là même qui a rendu en 1837 le lit à baldaquin. Il l'a transmis à ses enfants et c'est maintenant son petit-gendre qui l'occupe, quand il n'occupe pas au tribunal.

Le domaine de Fleyniat à Lagraulière fut adjugé au prix officiel de 25.000 livres. Les beaux et nombreux domaines de Perpezac-le-Blanc, de Perpezac-le-Noir, d'Orgnac, de Voutezac, du Lonzac, etc., furent vendus à des aigrefins dont j'ai la liste (Un des acquéreurs, sans le sou, se porta adjudicataire d'un domaine pour le prix de 30.000 livres. II courut à sa nouvelle propriété, en détacha une paire de boeufs et s'empressa de les vendre à la foire voisine au prix de 40.000 livres en assignats. Il en donna 30.000 au fisc, et avec le reste acheta deux veaux. Je défie bien les apologistes les plus déterminés de la révolution de démontrer qu'une propriété constituée de cette façon repose sur des bases inébranlables.).

Je me dispense de la divulguer; mais j'exprime un regret cuisant en songeant à la perte de la terre de Montéruc, au demeurant d'assez mince valeur. Elle nous venait des Roffignac qui la tenaient eux-mêmes, par suite de trois alliances consécutives, du cardinal Aubert de Montéruc, neveu du pape Pierre Aubert des Monts, connu dans l'histoire sous le nom d'Innocent VI (1352-1362) (Si Montéruc n'avait pas grande importance, en tant que terre régie par le seigneur, elle en avait une inappréciable par le nombre des redevances auxquelles étaient astreints les habitants du pays. Je n'ai pas compté moins de trois cents de ces tributaires, payant qui une géline, qui une douzaine d'oeufs, ou une gerbe de blé ou une gerle de vin, etc. Ces redevances ou servitudes provenaient de ventes régulières ou de donations à titre légèrement onéreux; elles servaient à maintenir un lien très ténu mais indéchirable entre le maître primitif et les familles de ses anciens tenanciers ; c'était un rappel de propriété. En détruisant tous ces titres dans la fatale nuit du 4 août, l'Assemblée Constituante a donc commis un attentat contre le bien d'autrui, premier crime qui a facilité les autres.).

Avant de clore ce chapitre des spoliations, il est juste de consacrer quelques pages à la destinée du château de Roffignac, dont les conjurés du Bas-Limousin ne pouvaient considérer l'aspect majestueux sans qu'une basse envie ne pénétrât leurs âmes cupides et n'échauffât la haine qu'ils avaient vouée au châtelain.

Aucun cependant n'avait osé l'acheter pour s'y prélasser en maître. Même aux heures de complet bouleversement et de travestissement de toutes les conditions sociales, les usurpateurs les plus osés reculent devant certains ridicules.

En sus des quatre gros lots du bloc domanial, il existait une réserve assez importante entourant la demeure seigneuriale. L'administration de l'enregistrement l'avait affermée à un sans-culotte qui était, en même temps, un sans-soutane, car c'était un prêtre défroqué (J'ai longtemps cru que ce malheureux était le curé d'Allassac, mais des renseignements plus précis m'ont appris qu'il était curé d'une paroisse voisine où nous avions aussi des biens. Le scandale reste d'ailleurs le même.).

Cet apostat y faisait bombance tandis qu'une affreuse disette sévissait sur toute la contrée, et il s'efforçait de donner tous les jours des gages de plus en plus irrécusables de son sans-culottisme. Les novices du crime ont toujours peur de n'y être point enfoncés assez profondément pour étouffer leur conscience et pour donner aux professionnels des preuves suffisantes de leur sincérité. Ce double sentiment explique pourquoi les plus forcenés terroristes furent généralement des prêtres ou des ex-dévots.

Le spectre du vieil exilé, dont il dévorait audacieusement les revenus, hantait ses rêves. Il lui aurait volontiers fait couper le cou, mais la victime était hors de portée. Ne pouvant lui prendre la tête, il résolut de s'en prendre à son château et de détruire ainsi une demeure de gens de bien.

La démolition de Roffignac ne pouvait rien rapporter à personne. Le peuple criait la faim : on lui offrait des pierres. Il paraît que le système a du bon puisqu'il réussit encore quelquefois.

Quand l'ex-curé proposa à la municipalité de la commune d'Allassac de découronner le château, celle-ci fut choquée qu'il prît une initiative aussi radicale. L'apostat menaça alors les officiers municipaux de porter contre eux une accusation de modérantisme. Epouvantés, ils le supplièrent de faire du moins les choses régulièrement, de présenter une requête officielle sur laquelle ils prendraient une délibération conforme à ses désirs. Le déprêtrisé s'exécuta, mais comme c'était un prévoyant de l'avenir le texte de sa pétition a totalement disparu.

Il reste pourtant les procès-verbaux des actes officiels auxquels donna lieu ce document.

C'est d'abord le récit des événements qui provoquèrent la première réunion du conseil municipal d'Allassac :

La pétition avait été transmise par l'intermédiaire de deux jacobins de la commune et renvoyée à une commission; mais sans attendre que la municipalité eût statué sur sa demande, l'apostat avait ameuté deux fois le peuple, et le peuple avait menacé de procéder sans autorisation à la démolition. On l'avait calmé en le « pérorant », et en promettant d'envoyer sur-le-champ deux commissaires à Brive, chargés de solliciter des administrateurs du district, « seuls investis du pouvoir d'ordonner la destruction d'un bien national, la permission d'abattre Roffignac ».

Manifestement, les officiers municipaux ne cherchaient qu'à gagner du temps. Mais ils n'avaient pas eu la main heureuse dans le choix des commissaires expédiés au district de Brive. L'un de ceux-ci, fesse-mathieu de la localité, était capable de marcher sur le cadavre de son père pour parvenir à faire parler de lui.

Les bruits les plus sinistres couraient sur l'autre, tout jeune homme, étranger au pays. Il y était apparu depuis six mois à peine, amené de très loin par un marchand roulier qui, le sachant réfractaire à la conscription, l'avait caché dans le chenil de sa carriole pour le dérober aux recherches des gendarmes. On assurait que, levantin d'origine et conduit en France par un officier de marine qui l'avait fait instruire, il avait livré son libérateur au bourreau. Audacieux et bavard intarissable, il n'avait pas tardé à prendre la tête des sans-culottes du pays, et les honnêtes gens le redoutaient.

La municipalité d'Allassac lui avait donné, ainsi qu'à son collègue, l'instruction secrète de rapporter à tout prix un arrêté du district de Brive prescrivant de surseoir indéfiniment à la démolition du château.

Par la lecture de l'arrêté qui suit on va voir comment les deux drôles s'étaient acquittés de cette mission de confiance.

Je passe sur les préliminaires, rappelant la pétition du mauvais prêtre R...

"L'administration du district, n'entendant pas contrarier la voix du peuple pour la démolition du cy-devant château de Roffignac, déclare recommander à la loyauté du peuple de la Commune d'Allassac la conservation du mobilier et des denrées, tant en vins qu'en grains, qui sont dans les bâtiments de ce cy-devant château, dont le peuple serait responsable tant collectivement qu'individuellement, en cas de dilapidation ou dégradation; sous la même responsabilité, de pourvoir à la sûreté des dits objets, soit par le moyen des scellés sur les portes des bâtiments qui les contiennent, s'ils ne doivent pas être démolis, soit par le déplacement, s'il y a lieu, après en avoir préalablement constaté les quantités et qualités par un procès-verbal énumératif régulièrement fait, avec recommandation expresse à la dite municipalité de prendre toutes les autres mesures de précaution que sa prudence lui suggérera suivant les circonstances, pour la conservation des dits objets.

Fait au conseil d'administration du district de Brive, le 1er germinal, an II, de la Rép. fr., une et indivisible.

Suivent cinq signatures."

Il n'y avait plus qu'à s'exécuter et, dès le lendemain, la municipalité d'Allassac faisait procéder à la nomenclature du mobilier restant encore dans le château.

Cet inventaire n'offre point par lui-même grand intérêt ; il témoigne seulement de l'inquiétude des malheureux obligés de le dresser et des précautions qu'ils prennent pour accroître, le plus possible, le nombre des responsables. Neuf signatures, en effet, sont apposées au bas de ce long document, et l'une d'elles a même été, ultérieurement, grattée frénétiquement. A ces neuf noms sont ajoutés ceux de douze commissaires désignés pour surveiller les travaux de la démolition et prendre garde que les matériaux ne soient point détériorés. Tout le long du papier, ces infortunés officiers municipaux protestent qu'ils agissent ainsi à leur corps défendant.

La destruction méthodique dura quatorze jours, du 4 au 18 germinal de l'an II. La population, que les citoyens R... et X... avaient représentée comme désireuse d'accomplir au plus vite cet acte de vandalisme, fit preuve, au contraire, d'une remarquable tiédeur, et il fallut menacer les paysans poulies forcer à coopérer à l'enlèvement gratuit et obligatoire de pierres qui ne serviraient plus à rien. Beaucoup se demandaient si c'était pour aboutir à pareil résultat qu'on avait supprimé la corvée avec tant de fracas (la corvée avait été abolie en Limousin par Turgot, dès 1761 ; elle le fut également pour toute la France en 1789, non seulement la corvée seigneuriale mais encore la corvée publique, autrement dite « prestation ». Elle fut rétablie le 20 prairial an II, sous le nom de réquisition, et dans les conditions les plus abusives, puisque les citoyens furent contraints de travailler les uns pour les autres, sous peine de déportation).

Les tyranneaux des départements trouvèrent moyen d'exaspérer encore l'arbitraire de la Convention. J'ai sous les yeux une circulaire des administrateurs d'Uzerche adressée par eux à tous les maires du district en leur transmettant le décret du 20 prairial. A la peine de déportation édictée par la Convention contre les ouvriers agricoles qui se déroberaient à l'obligation de la corvée, ils substituent, de leur propre autorité, la menace de la guillotine, et ce n'était point un vain épouvantail ; le men-

Enfin la partie du château condamnée à mort était tombée le 18 germinal, comme le constate une pièce officielle datée de ce jour et revêtue de la signature du maire et de deux de ses officiers municipaux. Le défroqué requis de signer également s'y refusa avec énergie. Ce n'était pas seulement un misérable, c'était un roué. On ne peut rien invoquer contre une signature authentique, mais on peut toujours nier avoir participé à un acte criminel quand la culpabilité ne laisse pas de témoignages décisifs.

Toujours harcelé par l'esprit de prudence, il ne voulait pas se rendre acquéreur des restes du château et des jardins, quoiqu'on lui offrit le tout à vil prix. Cependant; il fallait que le décret des Loges fût exécuté. Mes parents, quoi qu'il advînt, ne devaient pas rentrer en maîtres dans leur vieille demeure, même en ruinés, et c'est pour cette raison — rien que pour cette raison — qu'on les fit languir dix-huit mois à Paris.

Un petit bourgeois d'Allassac se laissa tenter, en 1802, par l'esprit de Spéculation.

Il morcela les terrains aplanis par la démolition de germinal, an II, ainsi que les beaux jardins escarpés qui grimpaient jusqu'au mur d'enceinte de là petite ville. On a construit sur ces emplacements des masures, maintenant lamentables de vétusté;

Le corps du château, en dépit de son émasculation vandalique, gardait encore belle apparence avec sa tour carrée centrale décapitée, abritant à droite et à gauche deux corps de logis.

N'en pouvant rien tirer et n'osant l'habiter de peur d'être l'objet des moqueries de ses concitoyens, le premier spéculateur le céda à un second.

Celui-ci emprunta de l'argent à un homme qui avait le plus grand intérêt moral à faire disparaître les derniers témoins muets de ses hypocrisies d'antan.

Cet homme n'eut garde de faire exproprier son débiteur, mais il avait assez d'influence sur le conseil municipal pour le déterminer à acheter le monument, sous le prétexte de bâtir une maison d'école. Le marché fut conclu. Le créancier commença naturellement par se rembourser avec les deniers publics; puis Roffignac fut rasé et la maison d'école, telle qu'on la voit encore aujourd'hui, a été construite sur les fondements du château.

En l'édifiant on avait évité, par motif d'économie, de défoncer les caves voûtées qui témoignaient toujours de l'importance et de la solidité des antiques constructions.

En 1897, la municipalité d'Allassac, composée d'ailleurs de braves gens, gênée par ces voûtes pour ses opérations de voirie, en décréta l'effondrement ainsi que la suppression d'une porte gothique, dernier reste des fortifications de la petite ville.

...etiam periere ruinae.

Il n'y a plus rien !... rien de ce Roffignac qui fut, suivant les traditions les mieux accréditées, le berceau du christianisme dans les Gaules; qui aurait abrité saint Martial; qui, sûrement, a donné l'hospitalité au pape Innocent VI, à quatre rois de France, au duc d'Anjou, vainqueur de Jarnac et de Moncontour, à Henri IV, au duc de Bouillon et à son illustre fils, le maréchal de Turenne, à nombre d'autres personnages éminents;... qui avait étendu, à travers les siècles, son ombre bienfaisante sur toute la contrée.

Il existe encore à Allassac une grosse tour ronde ayant toujours dépendu du fief seigneurial. Edifiée par Pépin le Bref, lors de ses guerres contre les aquitains, elle est d'une allure imposante et constitue un beau joyau pour son propriétaire, — sans utilité pratique d'ailleurs.

Elle n'avait pas été vendue et, depuis 1814 jusqu'en 1846 environ, mon grand-père et ses frères avaient exigé de la ville d'Allassac un fermage de deux francs, établissant leur droit de propriété et interrompant la prescription. A cette dernière date, le maire du lieu, sous couleur d'ardente amitié, confia à mon père, avec des tremblements dans la voix, qu'il aurait la douleur de lui faire un procès au nom de la commune, s'il ne renonçait pas à sa rente de quarante sous. Mon père, qui n'était pas processif, céda.

Je fais mention de cette tour parce que les voyageurs la remarquent dans le trajet du chemin de fer de Paris à Toulouse, dominant la plaine, et parce que je ne dois rien oublier de nos revendications.

On l'avait rendue à mon arrière-grand-père, après le décret d'amnistie de 1802, mais il n'en pouvait rien faire.

On lui avait aussi rendu sa maison d'Uzerche, mais dans quel état ?

Diminuée des trois quarts comme son château de Roffignac. Pendant la période jacobine, l'administration d'Uzerche avait, elle aussi, pris un arrêté prescrivant de la démolir sous prétexte qu'elle affectait les allures d'une forteresse et qu'elle flanquait la porte « Pradel », ce qui constituait évidemment une double injure à la liberté.

Ce qu'on voit maintenant de notre vieille demeure ne représente pas même l'ombre de son aspect d'autrefois, quand elle était rapprochée du mur d'enceinte, ornée de tours à ses quatre angles, entourée de murs et de fossés, rendant l'accès de la ville presque impraticable à l'ennemi.

Il est extrêmement probable qu'elle avait été bâtie par mon premier ancêtre limousin, Géraud ; son style architectural est indiscutablement du quinzième siècle, comme on peut s'en assurer par la photographie publiée ci-contre, qui reproduit une gravure ancienne conservée à la mairie d'Uzerche.

La partie de la maison laissée debout, et servant autrefois de communs, avait été convertie en prison où l'on entassa, sous la Terreur, les femmes suspectes du district, et Dieu sait si elles étaient nombreuses !

C'est à cause de cette particularité qu'elle n'avait pas été mise en vente et qu'elle fit retour à son légitime possesseur, mais aussi nue qu'au jour lointain où le maître « ès-art maconnerie » l'avait livrée à son premier propriétaire.

Impossible en 1802 d'acheter des meubles, faute d'argent; donc, impossible de l'habiter.

Mes parents furent réduits à accepter l'hospitalité de l'un de leurs proches.

Ces deux vieillards, qui avaient été les rois de leur pays, rois par l'opulence et la dignité de leur vie, rentrèrent chez eux dénués des ressources les plus élémentaires. La révolution les avait contraints à cette détresse, parce qu'ils auraient commis le crime d'émigration, inexistant en droit pur et rayé expressément du code au mois de septembre 1791.

Le plus étrange, c'est que ce crime, même entendu et interprété dans le sens le plus révolutionnaire, mon arrière-grand-père ne l'a jamais commis.

Titre : Le Pillage des biens nationaux. Une Famille française sous la Révolution
Auteur : Pradel de Lamase, Paul de (1849-1936)
Éditeur : Perrin (Paris)
Date d'édition : 1912
Charlie Hebdo
Libération acceuille Charlie
Edited: 201501090932
La rédaction de Charlie Hebdo a accepté l’invitation de Libération à poursuivre leur travail dans ses locaux.
LuxLeaks
Edited: 201412151152
«Libération» a recueilli en exclusivité le témoignage du Français Antoine Deltour, mis en examen vendredi pour avoir diffusé des documents sur l’optimisation fiscale des multinationales au Luxembourg.​
Libération 20141203
Bophal il y a 30 ans
Edited: 201412031205
La catastrophe industrielle la plus meurtrière de l’histoire a contaminé durablement les sols et la nappe phréatique.
«Réveillez-vous !»«Les voisins tapaient à la porte. Mais il était trop tard. Quand j’ai ouvert, j’ai vu le nuage blanc arriver, se souvient Rehana Bee, âgée de 16 ans à l’époque. Pendant toute la nuit, j’ai vomi. Mon ventre et mes yeux brûlaient, comme si on y avait mis le feu.» Pendant la journée du lendemain, le 3 décembre 1984, Rehana Bee vit ses deux parents et son frère de 3 ans mourir, intoxiqués par ces tonnes de gaz échappés de l’usine de pesticides d’Union Carbide, située à 300 mètres de leur quartier ...
IS
ISIS/DAESH onthoofdt Amerikaanse hulpverlener Peter Kassig. Volgens De Standaard werden er ook 14 Syrische soldaten gedood. Volgens Libération waren het er 18.
Edited: 201411170904
Thomas Piketty dans Libération 20140903
La pensée économique
Edited: 201409040125
«Il y a un risque d’appauvrissement de la pensée économique. Quoi qu’on en dise, on n’écrit pas de la même manière sur l’économie qu’on soit à New York, Paris ou Madrid», estime-t-il, assurant que la discipline est en France plus connectée aux sciences sociales (histoire, sociologie...). Commentaire LT: qu'en dirait Chomsky?
BRAECKMAN Colette
Fortunes et infortunes de Jean Pierre Bemba: un témoignage personnel
Edited: 201011250908
Catégorie
actualité, commentaire
Alors que les témoins se préparent à défiler au procès Bemba où ils décriront les atrocités commises par les troupes du MLC, qu’on nous permette d’évoquer quelques souvenirs personnels, datant des années 2002- 2003.
Jusqu’en 1998, Jean-Pierre Bemba était surtout un homme d’affaires issu du sérail mobutiste (son père, Bemba Saolona était le « patron des patrons » et il était considéré comme l’un des gestionnaires de la fortune de Mobutu) et lui-même avait été très proche du « Guide ». Ce passé de jeune homme privilégié, qui avait fait en Belgique de bonnes études d’économie, ne pouvait que nourrir l’hostilité quasi congénitale de JP emba à l’égard de Laurent Désiré Kabila, l’ancien maquisard venu de l’Est, l’irréductible adversaire de Mobutu.
C’est donc sans trop se forcer qu’en 1998, Jean-Pierre Bemba accepta de prendre la tête d’un mouvement politico militaire, le MLC, (Mouvement pour la libération du Congo) bien décidé qu’il était à chasser Kabila par les armes. A l’époque, le Rwanda et l’Ouganda qui avaient porté au pouvoir l’homme de la « zone rouge », le maquis que Kabila avait entretenu du côté de Fizi, étaient résolus à corriger leur erreur d’appréciation : ils avaient cru soutenir un pantin dont ils tireraient les ficelles, ils découvraient un politicien retors décidé à reconquérir son indépendance ! En août 1998, après avoir échoué à renverser Kabila lors d’un coup d’Etat éclair, les alliés d’hier entreprirent de soutenir des « proxies », des mouvements congolais alliés, qui allaient entamer la lutte armée et s’emparer de vastes portions du territoire : le plus puissant d’entre eux, le RCD Goma (Rassemblement congolais pour la démocratie) contrôla rapidement une vaste zone s’étendant du « grand nord » congolais jusqu’au nord Katanga tandis que le MLC, sans jamais réussir à s’emparer de Mbandaka la capitale s’empara de l’Ituri et de l’Equateur, installant son quartier général à Gbadolite, l’ancien fief de Mobutu.
C’est là qu’en 2002 nous avions brièvement rencontré Jean-Pierre Bemba. A l’époque, sa fortune avait changé, la guerre éclair s’était transformée en guerre de position, Kabila père avait été assassiné et remplacé par son fils Joseph. Ce dernier avait conquis les bonnes grâces des Occidentaux et s’efforçait de relancer les négociations de paix.
En outre, les alliés ougandais, qui, au début, avaient soutenu l’effort de guerre du MLC, militairement et financièrement, avaient pris leurs distances, les généraux proches de Museveni se contentant de contrôler les réseaux commerciaux. A Gbadolite, cette capitale plantée dans la jungle, où l’ancien palais de Mobutu avait été pillé et dépiauté, les cadres du MLC semblaient un peu seuls, rêvant, sans trop le dire, d’un jour retrouver le chemin de Kinshasa.
Les plantations de café, dont certaines appartenaient à la famille Bemba, n’avaient pas été relancées, la ville présentait une allure d’abandon. Les proches de Bemba, même s’ils tentaient de faire bonne figure, portaient des signes visibles d’appauvrissement, costumes élimés, chaussures usées ; certains d’entre eux semblaient malades et amaigris. Quant aux soldats, c’était pire encore : à tout moment, ils nous apostrophaient en rue, en disant « maman j’ai faim, donne moi de l’argent » et même les gardes personnels de Bemba semblaient affamés ! Ce fut d’ailleurs la première question que je posai au « chairman » lorsqu’il apparut : « pourquoi ne payez vous pas vos troupes ? » Il eut alors une réponse empreinte de morgue très mobutiste : « mais madame, ils sont ici par idéal. Si je les payais, vous diriez qu’ils sont des mercenaires… »
A l’époque, il était clair que les finances s’épuisaient, que les principales sources de revenu provenaient de la vente de diamants provenant de la province de l’Equateur, des diamants qui étaient mis sur le marché à Bangui, grâce à l’appui du président centrafricain de l’époque Ange Patassé. Ce dernier, certes, avait remporté les élections, mais il faisait face à l’hostilité des Français qui ne lui pardonnaient pas de s’être rapproché du colonel Kaddhafi et qui voulaient le remplacer par François Bozizé qui était, lui, soutenu par le président tchadien Idriss Deby.
Alors que la cavalcade militaire de Bozize et de ses alliés tchadiens commençait à l’Est du pays, Ange Patassé fit appel à son allié Bemba, lui demandant d’envoyer à Bangui un « corps expéditionnaire ».
Le président du MLC ne pouvait pas refuser ce service : depuis Gbadolite, Bangui représentait la seule porte de sortie vers le monde extérieur, le seul lieu où les diamants pouvaient être commercialisés, par où les délégations pouvaient transiter.
Des troupes du MLC furent alors mises à la disposition du président centrafricain, qui représentait l’autorité légitime dans le pays voisin ; des officiers du MLC, le colonel Hamuli et le colonel Mustafa, accompagnaient les troupes, dont ceux que l’on appellera plus tard « les Banyamulenge de Bemba » tous étant placés sous le commandement du chef d’état major centrafricain.
Lorsqu’après la défaite de Patassé et la victoire de Bozize, (qui allait plus tard être légitimé par des élections) nous découvrîmes Bangui ravagée par la guerre, les hommes de Bemba avaient laissé un souvenir de terreur : ce soldats, dont beaucoup étaient originaires de la province de l’Equateur, s’étaient comportés comme en terrain conquis, rattrapant soudain des années de privations et de disette. Ils avaient pillé, volé, massacré des civils, s’étaient emparés des femmes, les avaient violées et, aux yeux de la population, ils représentaient une force d’occupation honnie, qui ne respectait rien, pas même l’enceinte diplomatique de l’ambassade de France, où des exactions avaient été commises au vu et au su des diplomates présents.
Pendant que leurs troupes faisaient régner la terreur à Bangui, Jean-Pierre Bemba et ses compagnons songeaient à leur avenir politique : à Sun City en Afrique du Sud, les négociations avaient commencé, les cadres du MLC discutaient de la formule qui allait régir la transition, le « un plus quatre », où la présidence demeurait entre les mains de Joseph Kabila, tandis que Bemba et un représentant du RCD Goma se partageaient deux des quatre postes de vice présidents. Si à Sun City, le « chairman » n’avait rien perdu de sa superbe et demeurait convaincu de son destin national, ses compagnons de route étaient moins farauds ; désargentés, ils étaient obligés d’accepter la « générosité » des hommes de Kabila, qui, eux, disposaient d’un budget spécial destiné à « soulager » leurs “frères” et compatriotes. Dans l’ombre, de futures défections se préparaient ainsi discrètement et, loin des médiateurs internationaux, les Congolais mettaient en place leurs propres arrangements.
Peut-on imaginer que Bemba, qui, entre Gbadolite et Sun City, négociait la fin de la guerre, la réunification du pays et songeait surtout à garantir son futur poste de vice président en charge de l’Ecofin (économie et finances), se souciait de donner des ordres à ses troupes détachées à Bangui, suivait leurs mouvements jusqu’à être tenu pour responsable de leurs crimes ? C’est ce que le procureur Moreno Ocampo devra démontrer.
En attendant, les officiers qui encadraient le corps expéditionnaire du MLC ont été incorporés dans les Forces armées congolaises, le chef d’état major centrafricain ne fait l’objet d’aucune inculpation, pas plus que l’ex président Ange Patassé.
L’établissement de la chaîne de commandement est un thème suivi avec passion au Congo, où les exemples d’atrocités commises par des « corps expéditionnaires » étrangers ne manquent pas : les Angolais firent régner la terreur dans le Bas Congo lorsqu’ils intervinrent en août 1998, pratiquant viols et pillages, Rwandais et Ougandais en 2000, se disputant le contrôle des comptoirs de diamants, firent tomber une pluie de bombes sur Kisangani, tandis que les atrocités commises dans l’Est du Congo par des troupes sous commandement rwandais ont alimenté le fameux « mapping report de l’ONU », dont on se demande toujours quelle suite lui sera donnée…
Fulgence ALITRI TANDEMA
Les relations entre la république démocratique du Congo et ses voisins après l'avènement de l'AFDL ( Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo). Contraintes des enjeux géostratégiques et recherche d'une paix durable
Edited: 200506301437
Université de Kinshasa RDC - Diplôme d'études approfondies en droits de l'homme, Option: prévention, médiation et gestion des conflits 2005

HORNE Alistair
Seven Ages of Paris
Edited: 200207160952


In this luminous portrait of Paris, celebrated historian Alistair Horne gives us the history, culture, disasters, and triumphs of one of the world’s truly great cities. Horne makes plain that while Paris may be many things, it is never boring.

From the rise of Philippe Auguste through the reigns of Henry IV and Louis XIV (who abandoned Paris for Versailles); Napoleon’s rise and fall; Baron Haussmann’s rebuilding of Paris (at the cost of much of the medieval city); the Belle Epoque and the Great War that brought it to an end; the Nazi Occupation, the Liberation, and the postwar period dominated by de Gaulle--Horne brings the city’s highs and lows, savagery and sophistication, and heroes and villains splendidly to life. With a keen eye for the telling anecdote and pivotal moment, he portrays an array of vivid incidents to show us how Paris endures through each age, is altered but always emerges more brilliant and beautiful than ever. The Seven Ages of Paris is a great historian’s tribute to a city he loves and has spent a lifetime learning to know.
Che Guevara
Che Guevara: laatste speech in Algiers; vermeldt België als neocolonialistisch land; Congo
Edited: 196502242001
Spoken: February 24, 1965
First Published:
Source: The Che Reader, Ocean Press, © 2005.
Translated: unknown.
Transcription/Markup: Ocean Press/Brian Baggins

This speech was delivered at the Second Economic Seminar of Afro-Asian Solidarity. The conference, held in Algiers, Algeria, was attended by representatives from 63 African and Asian governments, as well as 19 national liberation movements. The meeting was opened by Algerian President Ahmed Ben Bella. Cuba was invited as an observer to the conference, and Guevara served on its presiding committee.

Cuba is here at this conference to speak on behalf of the peoples of Latin America.[19] As we have emphasized on other occasions, Cuba also speaks as an underdeveloped country as well as one that is building socialism.

It is not by accident that our delegation is permitted to give its opinion here, in the circle of the peoples of Asia and Africa.[20] A common aspiration unites us in our march toward the future: the defeat of imperialism. A common past of struggle against the same enemy has united us along the road.

This is an assembly of peoples in struggle, and the struggle is developing on two equally important fronts that require all our efforts. The struggle against imperialism, for liberation from colonial or neocolonial shackles, which is being carried out by means of political weapons, arms, or a combination of the two, is not separate from the struggle against backwardness and poverty. Both are stages on the same road leading toward the creation of a new society of justice and plenty.

It is imperative to take political power and to get rid of the oppressor classes. But then the second stage of the struggle, which may be even more difficult than the first, must be faced.

Ever since monopoly capital took over the world, it has kept the greater part of humanity in poverty, dividing all the profits among the group of the most powerful countries. The standard of living in those countries is based on the extreme poverty of our countries. To raise the living standards of the underdeveloped nations, therefore, we must fight against imperialism. And each time a country is torn away from the imperialist tree, it is not only a partial battle won against the main enemy but it also contributes to the real weakening of that enemy, and is one more step toward the final victory. There are no borders in this struggle to the death. We cannot be indifferent to what happens anywhere in the world, because a victory by any country over imperialism is our victory, just as any country's defeat is a defeat for all of us. The practice of proletarian internationalism is not only a duty for the peoples struggling for a better future, it is also an inescapable necessity.

If the imperialist enemy, the United States or any other, carries out its attack against the underdeveloped peoples and the socialist countries, elementary logic determines the need for an alliance between the underdeveloped peoples and the socialist countries. If there were no other uniting factor, the common enemy should be enough.[21]

Of course, these alliances cannot be made spontaneously, without discussions, without birth pangs, which sometimes can be painful. We said that each time a country is liberated it is a defeat for the world imperialist system. But we must agree that the break is not achieved by the mere act of proclaiming independence or winning an armed victory in a revolution. It is achieved when imperialist economic domination over a people is brought to an end. Therefore, it is a matter of vital interest to the socialist countries for a real break to take place. And it is our international duty, a duty determined by our guiding ideology, to contribute our efforts to make this liberation as rapid and deep-going as possible.

A conclusion must be drawn from all this: the socialist countries must help pay for the development of countries now starting out on the road to liberation. We state it this way with no intention whatsoever of blackmail or dramatics, nor are we looking for an easy way to get closer to the Afro- Asian peoples; it is our profound conviction. Socialism cannot exist without a change in consciousness resulting in a new fraternal attitude toward humanity, both at an individual level, within the societies where socialism is being built or has been built, and on a world scale, with regard to all peoples suffering from imperialist oppression.

We believe the responsibility of aiding dependent countries must be approached in such a spirit. There should be no more talk about developing mutually beneficial trade based on prices forced on the backward countries by the law of value and the international relations of unequal exchange that result from the law of value.[22]

How can it be “mutually beneficial” to sell at world market prices the raw materials that cost the underdeveloped countries immeasurable sweat and suffering, and to buy at world market prices the machinery produced in today's big automated factories?

If we establish that kind of relation between the two groups of nations, we must agree that the socialist countries are, in a certain way, accomplices of imperialist exploitation. It can be argued that the amount of exchange with the underdeveloped countries is an insignificant part of the foreign trade of the socialist countries. That is very true, but it does not eliminate the immoral character of that exchange.

The socialist countries have the moral duty to put an end to their tacit complicity with the exploiting countries of the West. The fact that the trade today is small means nothing. In 1959 Cuba only occasionally sold sugar to some socialist bloc countries, usually through English brokers or brokers of other nationalities. Today 80 percent of Cuba's trade is with that area. All its vital supplies come from the socialist camp, and in fact it has joined that camp. We cannot say that this entrance into the socialist camp was brought about merely by the increase in trade. Nor was the increase in trade brought about by the destruction of the old structures and the adoption of the socialist form of development. Both sides of the question intersect and are interrelated.

We did not start out on the road that ends in communism foreseeing all steps as logically predetermined by an ideology advancing toward a fixed goal. The truths of socialism, plus the raw truths of imperialism, forged our people and showed them the path that we have now taken consciously. To advance toward their own complete liberation, the peoples of Asia and Africa must take the same path. They will follow it sooner or later, regardless of what modifying adjective their socialism may take today.

For us there is no valid definition of socialism other than the abolition of the exploitation of one human being by another. As long as this has not been achieved, if we think we are in the stage of building socialism but instead of ending exploitation the work of suppressing it comes to a halt — or worse, is reversed — then we cannot even speak of building socialism.[23] We have to prepare conditions so that our brothers and sisters can directly and consciously take the path of the complete abolition of exploitation, but we cannot ask them to take that path if we ourselves are accomplices in that exploitation. If we were asked what methods are used to establish fair prices, we could not answer because we do not know the full scope of the practical problems involved. All we know is that, after political discussions, the Soviet Union and Cuba have signed agreements advantageous to us, by means of which we will sell five million tons of sugar at prices set above those of the so-called free world sugar market. The People's Republic of China also pays those prices in buying from us.

This is only a beginning. The real task consists of setting prices that will permit development. A great shift in ideas will be involved in changing the order of international relations. Foreign trade should not determine policy, but should, on the contrary, be subordinated to a fraternal policy toward the peoples.

Let us briefly analyze the problem of long-term credits for developing basic industries. Frequently we find that beneficiary countries attempt to establish an industrial base disproportionate to their present capacity. The products will not be consumed domestically and the country's reserves will be risked in the undertaking.

Our thinking is as follows: The investments of the socialist states in their own territory come directly out of the state budget, and are recovered only by use of the products throughout the entire manufacturing process, down to the finished goods. We propose that some thought be given to the possibility of making these kinds of investments in the underdeveloped countries. In this way we could unleash an immense force, hidden in our continents, which have been exploited miserably but never aided in their development. We could begin a new stage of a real international division of labor, based not on the history of what has been done up to now but rather on the future history of what can be done.

The states in whose territories the new investments are to be made would have all the inherent rights of sovereign property over them with no payment or credit involved. But they would be obligated to supply agreed-upon quantities of products to the investor countries for a certain number of years at set prices.

The method for financing the local portion of expenses incurred by a country receiving investments of this kind also deserves study. The supply of marketable goods on long-term credits to the governments of underdeveloped countries could be one form of aid not requiring the contribution of freely convertible hard currency.

Another difficult problem that must be solved is the mastering of technology. [24] The shortage of technicians in underdeveloped countries is well known to us all. Educational institutions and teachers are lacking. Sometimes we lack a real understanding of our needs and have not made the decision to carry out a top-priority policy of technical, cultural and ideological development.

The socialist countries should supply the aid to organize institutions for technical education. They should insist on the great importance of this and should supply technical cadres to fill the present need. It is necessary to further emphasize this last point. The technicians who come to our countries must be exemplary. They are comrades who will face a strange environment, often one hostile to technology, with a different language and totally different customs. The technicians who take on this difficult task must be, first of all, communists in the most profound and noble sense of the word. With this single quality, plus a modicum of flexibility and organization, wonders can be achieved.

We know this can be done. Fraternal countries have sent us a certain number of technicians who have done more for the development of our country than 10 institutes, and have contributed more to our friendship than 10 ambassadors or 100 diplomatic receptions.

If we could achieve the above-listed points — and if all the technology of the advanced countries could be placed within reach of the underdeveloped countries, unhampered by the present system of patents, which prevents the spread of inventions of different countries — we would progress a great deal in our common task.

Imperialism has been defeated in many partial battles. But it remains a considerable force in the world. We cannot expect its final defeat save through effort and sacrifice on the part of us all.

The proposed set of measures, however, cannot be implemented unilaterally. The socialist countries should help pay for the development of the underdeveloped countries, we agree. But the underdeveloped countries must also steel their forces to embark resolutely on the road of building a new society — whatever name one gives it — where the machine, an instrument of labor, is no longer an instrument for the exploitation of one human being by another. Nor can the confidence of the socialist countries be expected by those who play at balancing between capitalism and socialism, trying to use each force as a counterweight in order to derive certain advantages from such competition. A new policy of absolute seriousness should govern the relations between the two groups of societies. It is worth emphasizing once again that the means of production should preferably be in the hands of the state, so that the marks of exploitation may gradually disappear. Furthermore, development cannot be left to complete improvisation. It is necessary to plan the construction of the new society. Planning is one of the laws of socialism, and without it, socialism would not exist. Without correct planning there can be no adequate guarantee that all the various sectors of a country's economy will combine harmoniously to take the leaps forward that our epoch demands.

Planning cannot be left as an isolated problem of each of our small countries, distorted in their development, possessors of some raw materials or producers of some manufactured or semimanufactured goods, but lacking in most others.[25] From the outset, planning should take on a certain regional dimension in order to intermix the various national economies, and thus bring about integration on a basis that is truly of mutual benefit. We believe the road ahead is full of dangers, not dangers conjured up or foreseen in the distant future by some superior mind but palpable dangers deriving from the realities besetting us. The fight against colonialism has reached its final stages, but in the present era colonial status is only a consequence of imperialist domination. As long as imperialism exists it will, by definition, exert its domination over other countries. Today that domination is called neocolonialism.

Neocolonialism developed first in South America, throughout a whole continent, and today it begins to be felt with increasing intensity in Africa and Asia. Its forms of penetration and development have different characteristics. One is the brutal form we have seen in the Congo. Brute force, without any respect or concealment whatsoever, is its extreme weapon. There is another more subtle form: penetration into countries that win political independence, linking up with the nascent local bourgeoisies, development of a parasitic bourgeois class closely allied to the interests of the former colonizers. This development is based on a certain temporary rise in the people's standard of living, because in a very backward country the simple step from feudal to capitalist relations marks a big advance, regardless of the dire consequences for the workers in the long run.

Neocolonialism has bared its claws in the Congo. That is not a sign of strength but of weakness. It had to resort to force, its extreme weapon, as an economic argument, which has generated very intense opposing reactions. But at the same time a much more subtle form of neocolonialism is being practiced in other countries of Africa and Asia. It is rapidly bringing about what some have called the South Americanization of these continents; that is, the development of a parasitic bourgeoisie that adds nothing to the national wealth of their countries but rather deposits its huge ill-gotten profits in capitalist banks abroad, and makes deals with foreign countries to reap more profits with absolute disregard for the welfare of the people. There are also other dangers, such as competition between fraternal countries, which are politically friendly and sometimes neighbors, as both try to develop the same investments simultaneously to produce for markets that often cannot absorb the increased volume. This competition has the disadvantage of wasting energies that could be used to achieve much greater economic coordination; furthermore, it gives the imperialist monopolies room to maneuver.

When it has been impossible to carry out a given investment project with the aid of the socialist camp, there have been occasions when the project has been accomplished by signing agreements with the capitalists. Such capitalist investments have the disadvantage not only of the terms of the loans but other, much more important disadvantages as well, such as the establishment of joint ventures with a dangerous neighbor. Since these investments in general parallel those made in other states, they tend to cause divisions between friendly countries by creating economic rivalries. Furthermore, they create the dangers of corruption flowing from the constant presence of capitalism, which is very skillful in conjuring up visions of advancement and well-being to fog the minds of many people. Some time later, prices drop in the market saturated by similar products. The affected countries are obliged to seek new loans, or to permit additional investments in order to compete. The final consequences of such a policy are the fall of the economy into the hands of the monopolies, and a slow but sure return to the past. As we see it, the only safe method for investments is direct participation by the state as the sole purchaser of the goods, limiting imperialist activity to contracts for supplies and not letting them set one foot inside our house. And here it is just and proper to take advantage of interimperialist contradictions in order to secure the least burdensome terms.

We have to watch out for “disinterested” economic, cultural and other aid that imperialism grants directly or through puppet states, which gets a better reception in some parts of the world.

If all of these dangers are not seen in time, some countries that began their task of national liberation with faith and enthusiasm may find themselves on the neocolonial road, as monopoly domination is subtly established step by step so that its effects are difficult to discern until they brutally make themselves felt.

There is a big job to be done. Immense problems confront our two worlds — that of the socialist countries and that called the Third World — problems directly concerning human beings and their welfare, and related to the struggle against the main force that bears the responsibility for our backwardness. In the face of these problems, all countries and peoples conscious of their duties, of the dangers involved in the situation, of the sacrifices required by development, must take concrete steps to cement our friendship in the two fields that can never be separated: the economic and the political. We should organize a great solid bloc that, in its turn, helps new countries to free themselves not only from the political power of imperialism but also from its economic power.

The question of liberation by armed struggle from an oppressor political power should be dealt with in accordance with the rules of proletarian internationalism. In a socialist country at war, it would be absurd to conceive of a factory manager demanding guaranteed payment before shipping to the front the tanks produced by his factory. It ought to seem no less absurd to inquire of a people fighting for liberation, or needing arms to defend its freedom, whether or not they can guarantee payment.

Arms cannot be commodities in our world. They must be delivered to the peoples asking for them to use against the common enemy, with no charge and in the quantities needed and available. That is the spirit in which the Soviet Union and the People's Republic of China have offered us their military aid. We are socialists; we constitute a guarantee of the proper utilization of those arms. But we are not the only ones, and all of us should receive the same treatment.

The reply to the ominous attacks by U.S. imperialism against Vietnam or the Congo should be to supply those sister countries with all the defense equipment they need, and to offer them our full solidarity without any conditions whatsoever.

In the economic field we must conquer the road to development with the most advanced technology possible. We cannot set out to follow the long ascending steps from feudalism to the nuclear and automated era. That would be a road of immense and largely useless sacrifice. We have to start from technology at its current level. We have to make the great technological leap forward that will reduce the current gap between the more developed countries and ourselves. Technology must be applied to the large factories and also to a properly developed agriculture. Above all, its foundation must be technological and ideological education, with a sufficient mass base and strength to sustain the research institutes and organizations that have to be created in each country, as well as the men and women who will use the existing technology and be capable of adapting themselves to the newly mastered technology.

These cadres must have a clear awareness of their duty to the society in which they live. There cannot be adequate technological education if it is not complemented by ideological education; without technological education, in most of our countries, there cannot be an adequate foundation for industrial development, which is what determines the development of a modern society, or the most basic consumer goods and adequate schooling. A good part of the national revenues must be spent on so-called unproductive investment in education. And priority must be given to the development of agricultural productivity. The latter has reached truly incredible levels in many capitalist countries, producing the senseless crisis of overproduction and a surplus of grain and other food products or industrial raw materials in the developed countries. While the rest of the world goes hungry, these countries have enough land and labor to produce several times over what is needed to feed the entire world. Agriculture must be considered a fundamental pillar of our development. Therefore, a fundamental aspect of our work should be changes in the agrarian structure, and adaptation to the new technological possibilities and to the new obligations of eliminating the exploitation of human beings.

Before making costly decisions that could cause irreparable damage, a careful survey of the national territory is needed. This is one of the preliminary steps in economic research and a basic prerequisite for correct planning. We warmly support Algeria's proposal for institutionalizing our relations. We would just like to make some supplementary suggestions: First: in order for the union to be an instrument in the struggle against imperialism, the cooperation of Latin American countries and an alliance with the socialist countries is necessary.

Second: we should be vigilant in preserving the revolutionary character of the union, preventing the admission into it of governments or movements not identified with the general aspirations of the people, and creating mechanisms that would permit the separation from it of any government or popular movement diverging from the just road.

Third: we must advocate the establishment of new relations on an equal footing between our countries and the capitalist ones, creating a revolutionary jurisprudence to defend ourselves in case of conflict, and to give new meaning to the relations between ourselves and the rest of the world. We speak a revolutionary language and we fight honestly for the victory of that cause. But frequently we entangle ourselves in the nets of an international law created as the result of confrontations between the imperialist powers, and not by the free peoples, the just peoples, in the course of their struggles.

For example, our peoples suffer the painful pressure of foreign bases established on their territories, or they have to carry the heavy burden of massive foreign debts. The story of these throwbacks is well known to all of us. Puppet governments, governments weakened by long struggles for liberation or the operation of the laws of the capitalist market, have allowed treaties that threaten our internal stability and jeopardize our future. Now is the time to throw off the yoke, to force renegotiation of oppressive foreign debts, and to force the imperialists to abandon their bases of aggression. I would not want to conclude these remarks, this recitation of concepts you all know, without calling the attention of this gathering to the fact that Cuba is not the only Latin American country; it is simply the only one that has the opportunity of speaking before you today. Other peoples are shedding their blood to win the rights we have. When we send our greetings from here, and from all the conferences and the places where they may be held, to the heroic peoples of Vietnam, Laos, so-called Portuguese Guinea, South Africa, or Palestine — to all exploited countries fighting for their emancipation — we must simultaneously extend our voice of friendship, our hand and our encouragement, to our fraternal peoples in Venezuela, Guatemala and Colombia, who today, arms in hand, are resolutely saying “No!” to the imperialist enemy.

Few settings from which to make this declaration are as symbolic as Algiers, one of the most heroic capitals of freedom. May the magnificent Algerian people — schooled as few others in sufferings for independence, under the decisive leadership of its party, headed by our dear compañero Ahmed Ben Bella — serve as an inspiration to us in this fight without quarter against world imperialism.

[19]. Che Guevara delivered this speech at the Second Economic Seminar of Afro- Asian Solidarity, February 24, 1965. He had been touring Africa since December, after addressing the United Nations General Assembly on December 11, 1964. At this crucial time Che was preparing for his involvement in the liberation movement in the Congo, which began in April 1965. This edition of the speech incorporates for the first time corrections made by Che Guevara to the original published version of the Algiers speech. The corrections were made available from the personal archive of Che Guevara held at the Che Guevara Studies Center, Havana.

[20]. Che's participation in the Algiers conference reflects the relationship of Cuba to the Third World. In 1959, following the triumph of the revolution, from June to September, Che embarked on a tour of the countries involved in the Bandung Pact. The Bandung Pact was the precursor to what later became the Movement of Nonaligned Nations. At the First Seminar on Planning in Algeria on July 16, 1963, Che had outlined the experiences of the Cuban Revolution, explaining that he had accepted the invitation to attend “only in order to offer a little history of our economic development, of our mistakes and successes, which might prove useful to you some time in the near future...”

[21]. In this speech Che defined very precisely his revolutionary thesis for the Third World and the integration of the struggle for national liberation with socialist ideas. Che's call in Algeria on the socialist countries to give unconditional and radical support to the Third World provoked much debate. Nevertheless, history would prove him correct.

[22]. This definition of unequal exchange was part of Che's profound appeal made in Geneva on March 25, 1964, at the UN World Conference on Economics and Development in the Third World: “It is our duty to... draw to the attention of those present that while the status quo is maintained and justice is determined by powerful interests... it will be difficult to eliminate the prevailing tensions that endanger humankind.”

[23]. For Che, socialism inherently meant overcoming exploitation as an essential step toward a just and humane society. Che was outspoken on this issue in debates and was often misunderstood, as was his emphasis on the need for international unity in the struggle for socialism. Che's idea was that the international socialist forces would contribute to the economic and social development of the peoples that liberated themselves.

[24]. Che's direct participation from 1959 to 1965 in the construction of a technological and material basis for Cuban society is strongly linked to his idea of creating the new man and woman. This is a question that he constantly returned to, considering it one of the two main pillars on which a new society would be constructed. His strategy was not only to solve immediate problems but to put in place certain structures that would secure Cuba's future scientific and technological development. He was able to advance this strategy during his time as head of the Ministry of Industry. For further reading on this topic, see his speeches: “May the Universities be Filled with Negroes, Mulattos, Workers and Peasants” (1960) and “Youth and Revolution” (1964).

[25]. In his efforts to understand fully the tasks in the transition to a socialist economy, Che came to see the vital role of economic planning, especially in the construction of a socialist economy in an underdeveloped country that retained elements of capitalism. Planning is necessary because it represents the first human attempt to control economic forces and characterizes this transitional period. He warned also of the trend within socialism to reform the economic system by strengthening the market, material interests and the law of value. To counter this trend, Che advocated centralized, antibureaucratic planning that enriched consciousness. His idea was to use conscious and organized action as the fundamental driving force of planning. For further reading see his article “The Significance of Socialist Planning” (1964).
Massacre du 17 octobre 1961 à Paris: ca. 200 morts
Edited: 196110172001
Les événements généralement qualifiés de massacre du 17 octobre 1961 sont le fait de la répression meurtrière, par la police française, d'une manifestation d'Algériens organisée à Paris par la Fédération de France du FLN.

Préparée en secret, la manifestation est un boycott du couvre-feu nouvellement appliqué aux seuls Nord-Africains. Alors que les attentats du Front de libération nationale (FLN) frappent les forces de l'ordre depuis plusieurs mois, l'initiative, non déclarée aux autorités, se veut cependant pacifique. Le FLN, qui y voit un moyen d'affirmer sa représentativité, y appelle tous les Algériens, hommes, femmes et enfants, et leur interdit le port d'armes. Les défilés nocturnes sur les grandes artères de la capitale donnent lieu à des affrontements au cours desquels des policiers font feu. La brutalité de la répression, qui se poursuit au-delà de la nuit du 17 dans l'enceinte des centres d'internement, fait plusieurs centaines de blessés et un nombre de morts qui reste indéterminé, de plusieurs dizaines selon les estimations les moins élevées.

Le 17 octobre 1961 et ses suites ne sont longtemps perçus que comme l'un des nombreux épisodes liés à la guerre d'Algérie. À partir des années 1990, ils font l'objet d'un traitement médiatique, puis politique plus important à la suite de la publication d'études historiques, de romans, d'un recueil photographique et surtout du retentissant procès de Maurice Papon, préfet de police de Paris au moment des faits, pour ses actes sous l'occupation allemande. En 2012, à l'occasion du 51e anniversaire de la manifestation, le président français François Hollande « reconnaît avec lucidité », au nom de la République, la « sanglante répression » au cours de laquelle ont été tués « des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ».

L'importante communauté immigrée venue d'Algérie penche majoritairement en faveur de l'indépendance. Elle est fermement structurée par le FLN, organisation nationaliste insurrectionnelle qui, en 1958, a décidé d'élargir la lutte armée anti-coloniale à la France métropolitaine, jusque dans la capitale.

Pendant l'été 1961, la guerre d'Algérie entre dans une phase critique. Les négociations entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA)), émanation du FLN, en vue de la prochaine indépendance algérienne, provoquent des dissensions dans chaque camp. Les groupes ultra de l'OAS et les partisans de l'Algérie française au sein de l'appareil d'État tentent de contrecarrer le processus, alors que du côté du FLN se joue entre courants internes l'accès au pouvoir du futur État algérien.

Fin août, le FLN reprend plus intensément ses attaques contre les policiers, amplifiant la frustration de ces derniers qui désapprouvent la « lenteur » et l'« indulgence » de la justice à l'égard des commandos appréhendés précédemment

mots clefs: harki, police, GPRA


le massacre analysé par wikipédia
GERVEX Henri
Peintre
Edited: 192906071265
Henri Gervex (Paris 10 December 1852 – 7 June 1929) was a French painter who studied painting under Alexandre Cabanel, Pierre-Nicolas Brisset and Eugène Fromentin.

Rolla

Au printemps 1878, un mois avant l'inauguration du Salon, Rolla est brutalement exclu de la manifestation par l'administration des Beaux-Arts. Henri Gervex, est pourtant un peintre reconnu. Agé de 26 ans seulement, il a déjà été médaillé au Salon, ce qui le rend en théorie "hors concours", dispensé des délibérations du jury chargé de choisir les oeuvres exposées. Cette fois les autorités en décident autrement, en raison du caractère jugé "immoral" de la scène.

Gervex s'inspire d'un long poème d'Afred de Musset (1810-1857), paru en 1833. Le texte retrace le destin d'un jeune bourgeois, Jacques Rolla, sombrant dans une vie d'oisiveté et de débauche. Il rencontre Marie, adolescente qui se prostitue pour fuir la misère. On voit ici Rolla, ruiné, se tenant à coté de la fenêtre, les yeux tournés vers la jeune fille endormie. Il va bientôt mettre fin à ses jour en avalant du poison.
Si la scène est jugée indécente, ce n'est pas en raison de la nudité de Marie, qui ne diffère en rien des autres nus canoniques de l'époque. L'attention des contemporains se porte en réalité sur la nature morte constituée d'un jupon, d'une jarretière, d'un corset dégrafé à la hâte, surmonté par un chapeau haut-de-forme. C'est Degas qui aurait conseillé à Gervex de mettre "un corset par terre" pour que l'on comprenne que cette femme "n'est pas un modèle". En effet, cette disposition, la nature des vêtements, dessinent clairement le consentement de Marie et son statut de prostituée. De plus, la canne jaillissant des sous-vêtements agit comme une métaphore de l'acte sexuel.

Après son exclusion du Salon, Rolla est exposé trois mois chez un marchand de tableaux parisien. Le scandale, dont la presse se fait largement l'écho, attire les foules. Bien des années plus tard, dans des entretiens parus en 1924, Gervex raconte le plaisir qu'il eu à voir le "défilé ininterrompu de visites", sans que l'on sache si il avait anticipé la réaction des autorités et provoqué volontairement la polémique.

Rolla poème complèt

1896: congres socialisten sluit anarchisten definitief uit
Edited: 189607261587
CONGRÈS INTERNATIONAL SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS ET DES CHAMBRES SYNDICALES OUVRIÈRES. LONDRES



26 JUILLET - 2 AOÛT 1896



« Il dura six jours et, pendant ces six jours, on ne fit guère autre chose que discuter, soit dans les diverses délégations, soit dans les assemblées plénières, le problème de l’exclusion, ou plus exactement de l’expulsion, et de l’expulsion par la force, des anarchistes ».(Vandervelde, p. 145)



Le Congrès de Londres marque une étape décisive dans l’histoire de la IIe Internationale : il fut le lieu de l’exclusion définitive des anarchistes ; presque tout l’ordre du jour fut sacrifié au règlement dramatique de la question qui, au yeux de la majorité, empoisonnait les échanges et les travaux au sein des assemblées internationales.



Déjà, lors des préparatifs du congrès, la résolution de Zurich qui visait a l’élimination des anarchistes, fut l’objet d’une campagne offensive menée vivement par l'Anarchist Socialist and Antiparliamentary Committee. Au Congrès même, les anarchistes furent représentés au sein de diverses délégations, française, italienne et espagnole notamment, cependant que les Hollandais s’affirmaient en majorité communistes libertaires. La situation étais d’autant plus confuse que les délégations nationales n’avaient rien d’homogène. La délégation française, en particulier, fut gravement déchirée ; aux guesdistes et aux socialistes parlementaires, bien représentés par Jaurès et Millerand, s’opposaient les syndicalistes, les anarchistes, les allemanistes, qui se trouvaient au total en majorité pour voter contre la résolution de Zurich et l’exclusion des anarchistes. La France et la Hollande furent les seules délégations à se prononcer en ce sens : le 28 juillet, en séance plénière, les autre délégations, au nombre de dix-huit confirmèrent la résolution de Zurich et adoptèrent un règlement définissant clairement la fermeture des congrès de l’Internationale aux anarchistes.

Les anarchistes exclus – au rang desquels Kropotkine, Malatesta, Elisée Reclus – se réunirent dans une autre salle et organisèrent un contre congrès. La délégation hollandaise, quant à elle, se sépara aussi du congrès socialiste, flétrissant le parlementarisme du Congrès et ses « délibérations partiales, sectaires et intolérantes »

Cette victoire des sociaux-démocrates sur les anarchistes mettait un terme à un interminable débat ; le Congrès de Londres en profita pour justifier, par la voix de Jaurès, l’« action politique » comme « l’arme la plus puissante de la classe ouvrière ». Les partisans de la grève générale et de l’action directe reçurent encore une leçon de la part de Bebel qui, tout en le précisant l’impossibilité de s’allier aux paris bourgeois, démontra comment en Allemagne le socialisme était devenu puissant « par l’action parlementaire de la social-démocratie et par sa force politique ».



http://www.minkoff-editions.com/histoire/pages/histoire_de_la_iie__internationale.htm (20060924)